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Un matin, il s'assit sur une roche grise,
L'air lassé, les cheveux fouettés par la bise
Et la tête pensive entre ses doigts chenus….
Et soudain, il sentit des larmes, à surprise ! Sourdre jusqu'à son cœur en ruisseaux inconnus.
C'était comme une pluie rafraïchissante et douce Dont son cœur s'imbibait ainsi qu'un lit de mousse j Jusqu'aux yeux, lentement, elle épanchait ses flots. Puis enfin, le pécheur à l'intime secousse
Livra toute son âme, et fondit en sanglots.
Il revit les bonheurs anciens, l'épouse aimée,
La gloire jusqu'au loin Portant sa renommée
Et la paix du foyer Pur que l'honneur défend : Tant de biens disparus ainsi qu’une fumée, Hélas ! foulés aux pieds de l'enfer triomphant !..
Il revit son malheur et son crime funeste, Cette nuit où, livrant le Symbole céleste,
Il vouait au Maudit un horrible serment.
Et devant le forfait que son âme déteste
Ses pleurs, torrent béni, coulaient amèrement.
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Chaque larme, le long de sa joue amaigrie,
Se traçait un sillon de douleur attendrie ; Chaque larme perlait, fraîche goutte d'espoir ; Chaque larme tombait... Mais, étrange féerie ! Aucune ne touchait en tombant le so] noir...
Toutes, comme animées au seuil de sa paupière, Prenaient subitement des ailes de lumière, Scarabées éclatants dans le matin obscur, D'abord elles semblaient flotter sur la bruyère, Puis, toutes s’envolaient, vivantes, dans l’azur.
Guido voyait, l'œil ébloui, comme en un songe, Se disperser au loin l'essaim qui se prolonge, Et son esprit creusait le sens mystérieux...
Mais la douce vision n'était pas un mensonge,
Et les pleurs s'envolaient aux quatre coins des cieux.
Leurs formes, aux détours de la forêt muette, Paraissaient explorer une trace secrète ;
Elles allaient, venaient dans l'ombre des taillis : Puis, après un instant, leur blanche silhouette Plus vite s’enfonçait sous le mouvant treillis.
Guido songeait, saisi par l'étrange spectacle, Mais l'énigme toujours opposait son obstacle. Lorsque soudain, dans un léger frémissement, Une larme, agitant ses ailes de miracle, Revint, étincelante ainsi qu’un diamant.
En face du pécheur que Dieu même amnistie Joyeuse, elle Porta sa course ralentie
Et fixa dans les airs son immobile essor...
Et Guido, fou d’extase, aperçut de l'Hostie Une parcelle au bout de ses élytres d’or !.…
Et tout-à-coup, de la forêt, de la vallée, De la plaine, des monts, de ia voûte étoilée, Les larmes revenaient, essaim tourbillonnant, Et chacune portait, intacte, immaculée, Une parcelle sainte à son front rayonnant !...
Aux pleurs du repentir que l'amour illumine La terre avait rendu la poussière divine ; Et maintenant, l'Hostie entière, astre sacré, Projetait, renaissant de sa longue ruine,
Un nimbe de pardon sur le pauvre égaré.
Alors Guido tomba, comme tombe en la plaine L'arbre que l'ouragan toucha de son haleine ) Et comme d’un ruisseau qu’une mer envahit Le torrent déborda de son âme trop pleine ; Et la vie, épuisant sa flamme, le trahit.
Mais quand il s’affaissa sur la terre glacée,
Un grand désir émut sa poitrine oppressée
Et rouvrit, suppliants, ses yeux fermés au jour. ; Et soudain, il sentit sa lèvre caressée
Au suprême baiser du Mystère d'amour.
AU \ n 4
Les Deicives