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SAN * UAND sur le froid cercueil ent retombé la terre, D On vit, par les sentiers voilés d'une ombre austère, VS Tout le jour, sans repos et sans lever les yeux, 2% Le chevalier errer, sinistre, solitaire Et portant sur son front l’anathème des cieux.
Le soir ne finit point sa course haletante,
Et, sous les bleus rayons de la lune montante, Il allait, comme va l’âme d’un trépassé, Tenant, dans le souci d’une fiévreuse attente, Son regard sur le sol obstinément fixé.
Et allait, remuant toutes les touffes d’herbe, Scrutant chaque buisson, soulevant chaque gerbe, Glaçant ses doigts las: 4s aux givres de la nuit, Obsédé d'un désir que l'espoir exacerbe
Et que trompe toujours un objet qui s'enfuit.
Puis, avec des roseaux tressés de branches mortes Sans ciment et sans clous, sans tuiles et sans portes, Il fit une cabane au fond de la forêt ;
Et dans ce nid, pareil au gîte des cloportes,
Entra le fier baron que la gloire entourait.
Craintifs, comme on hésite au seuil d’une tanière,
Les serviteurs pleurant, les moines en prière
Vinrent, et de calmer sa peine sans repos
Leurs voix le suppliaient : mais, froid comme la Pierre, Il les chassa d’un geste et leur tourna le dos.
Lors on n’espéra plus, et l'on se dit : “ La dame ‘ A, jalouse, emporté dans la terre son âme.
“ Nul ne peut de la mort desceller le verrou... ” Puis, la pitié périt sous le mépris infâme,
Et les troupes d'enfants huaient le pauvre fou.
Enfin, l'on oublia jusqu’à son infortune.… Cependant, chaque jour, de l'aube à la nuit brune, Guido recommençait l’inutile chemin,
Et, pour trouver l'hostie, effeuillait une à une
Les pétales des fleurs que rencontrait sa main.
Car dans les blancs replis des corolles ouvertes
Il croyait distinguer des parcelles offertes,
Et quand, sous un rayon de soleil, il voyait
Briller les cailloux blancs entre les mousses vertes, Tout anxieux d’espoir avide, il se penchait.
L’aile d'un papillon qui de reflets s’irise
Lui semblait un fragment envolé sous Ja brise,
Et la nuit, quand sur l'herbe, à travers les rameaux En cercles argentés la lune se tamise,
Il voyait une hostie à tous les blancs anneaux.
Mais ni l'air, ni le sol, ni le rocher, ni l'onde,
Ni l'arbre, ni l'épi, ni la corolle blonde
Ne livrent le secret de leur divin trésor $
Et, le cœur atterré sans que rien lui réponde,
Il appelle, il écoute, et cherche, et cherche encor...
Or, il chercha vingt ans entiers, sans nulle trève ; Et son œil avait pris la fixité du rêve
Et son corps se courbait comme un tronc foudroyé.… Et pourtant, dans le cours que ce long cercle achève, Le malheureux Guido n'avait jamais pleuré.
Il marchait, sous le poids des suprêmes justices, Savourant jusqu’au fond tous les amers calices, Brisé, désespéré ; mais il ne pleurait pas :
Car seule, au lieu d'amour, la crainte des supplices Aïguillonnait son âme et poursuivait ses pas.