‹ Franges d'autel [microforme]Chapitre 19 sur 20 · LA · texte numérisé non relu

LA

Lorsque le pélican, lassé d’un long voyage,

Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage

En le voyant au loin s'abattré sur les eaux.

Déjà, croyant saisir et 1 - ‘ayer leur proie,

Ils courent à leur père avec des cris de joie

En secouant leurs becs sur leurs goîtres hideux. Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,

De son aile pendante abritant sa couvée,

Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.

Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte : En vain il a des mers sondé Ja profondeur ; L'Océan était vide et la plage déserte ;

Pour toute nourriture ; a9porte son cœur,

. Sombre et silencieux, étenuu sur ja pierre, Partageant à ses fils ses entrailles de père, Dans son amour sublime il berce sa douleur, Et, regardant couler sa sanglante mamelle,

Sur son festin de mort il s’affaisse et chancelle, Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.

Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,

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