NID
€ s rOSeaux,
Ce
Juverte :
Fatigué de mourir dans un trop long supplice, Il craint que ses enfants ne le laissent vivant ; Alors, il se soulève, ouvre son aile au vent, Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu, Que les oiseaux des mers désertent le rivage, Et que le Voyageur attardé sur la plage Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
O Ch ist ! ainsi, pressé par l'amour sans limite Dont ton cœur Poursuivait cette terre maudite, Au soir fatal du crime et de la trahison,
Au gibet d'infamie Entraîné tout-à-l’heure,
Sur le point de quitter ta famille qui pleure, Quand tu vis tes enfants sans pain dans ta maison, Ton âme déborda d’une douleur immense.
Alors, pris d'un excès de sublime démence, Déchirant ta poitrine en un geste puissant :
“Mangez, buvez, dis-tu, c’est ma chair et mon sang !” Et pendant que tes fils, avides de lâture, S'abreuvent à longs traits dans ton sein grand ouvert, Et savourent sans fin l'étrange nourriture,
Tu tombes épuisé, Christ, ayant trop souffert ! Tu gémis sous les coups d'une longue agonie, Tu te plains en accents d'amertume infinie,
Et, vaincu par l'amour autant que par la mort, Quand la croix t'a reçu Sur Sa couche cruelle, Tu jettes un grand cri vers la voûte éternelle Et rends l'âme à ton Père en un Suprême effort !
* Toute la premiè'e partie de cette pièce est d'Alfred de Musset, On a cru ne Pas faire trop injure à la poésie du Maître en lui donnant un sens symbolig ie diflérent de celui q vil avait voulu exprimer, — S, 4,
HANENS
Paysage
Quand sur le soir, à l'heure où toute chose Déjà repose
Je vais, le long du rustique chemin, Rosaire en main,
Le jour mourant, les bois, le sol superbe,
Le mousse, l'herbe,
Tout me parait un symbole, un écho
D'un jour plus haut.
L'astre qui fuit 4 l'horizc: rougritre, Jetant, fo'ûtre,
Mille traits d'or hérissés de rul is Dans les taillis
Me dit Jésus, lumière de non âme, Vivante flamme
Qui m'éblouit, rayonnant chaque soir Dans l’ostensoir,
Les blés sont murs et leurs tiges pressé : Roulent, bercées,
Vague féconde apportant à demain L'espoir du pain ;
Mais la moisson que pour mon cœu De Dieu mon Père,
C'est le très pur et céleste froment Du Sacrement.
es
j'espère
La vigne au loin tend ses ramures vertes Toutes couvertes
Du beau raisin que l’on foule le sotr Dans le pressoir :
Mais le vrai Cep cü mon âme sans tiève Fuise la sève,
Et qui m’enivre au vin fort des vertus,
C'est toi, Jésus !
oir
essÉes
r j'espère
ertes
La source bruit, et son onde limpide S'en va, rapide,
Versant aux prés, à Ja source, à la fleur, Douce fraicheur ;
Mais en la source où mon âme brûlante Boit et s'encharte
Coule à grand flots ta divine liqueur,
Sang rédempteur !
Les longs troupeaux gagnent par la prairie La bergerie,
Et le pasteur d’un regard indo!ent Suit leur pas lent ;
Mais le Berger qu nourrit de lui-même L’agneau qu’il aime
Et le conduit au bercait immortel Est à l’autel,
A l'horizon que'que léger nuage Dans son sillage Truine ta neige et la Pourpre et l'argent, Décor changeant :
Mais ja nuée aux doux reflets d'aurore Et que j'adore, C'est le Mystère, Seigneur, cù ma foi Jouit de Toi, Ainsi, le soir, À l’heure où toute chose Déjà repose, Quand je parcours le rustique chemin Rosaire en main, Le jour mourant, les bois, le sol snperbe, La mousse, l'herbe, Tout me paraît un symbole, un écho D'un jour plus haut.
Serge Usène.
> Petit Vitrail +
Fésus à barbe blonde, aux yeux de saphir tendre, Sourit dans un vitrail ancien du défunt chœur Parmi le vol sacré des chérubins en chœur
Qui se penchent vers Lui pour l'aimer et l'entendre. Des oiseaux de Sion aux claires ailes catmes
Sont (à dans le soleil qui poudroic en délire,
Et c'est doux comme un vers de maître sur la dyre,
De voir ainsi, parmi l'arabesque des palmes, Dans ce petit vitrail où le soir va descendre, Sourire, en sa bonté mystique, au Jond du chœur, Le Christ à barbe d'or, aux yeux de saphir tendie.
ÉMILE NELLIGAN
DE
dre, ur
ttendre,.
a lyre,
œur, nie.
Table des Matières
Cable des Matières
L'HOSTIE DU MALEFICE Serge Usène Messe basse Lucien Renier Ima Summis, Serge Usène Désolation, 41. de Bussière Deus absconditus, Serge Usène
La première nuit d'Exposition dans la Nouvelle-France, Louis Frécheitte
Le Voile, Serge Usène Mysterium Fier, Serge Usdn:
Soleil d’hiver, Serge Usène
À ma sœur, le jour de sa
Communion, Albert Ferland
Le Nénuphar,
Les Communiantes,
Lette
Les Etoiles,
La réponse du Crucifix,
Processions,
Communion pascale,
Malédiction,
Sainteté,
Chant de Noel,
Bene scripsisti de Me.
Vendredi-Saint,
Noel,
Les Déicides,
Le Pélican,
Paisage,
Petit vitr:
Serge Usène
Emile Nelligan ”
Serge Usène Emile Nelligan Louis Dantin Emile Nellivan
A, de Bussière
Lucien Renier
A. de Bussière lmédée Gélinas
Lucien Renier
F-B. Lagacé
Emile Nelligan 7 Serge Usène Serge Usène
Emile Nelligan