COR TEA
Il se penche, il allume Au choc de son briquet Une torche qui fume, Ensanglantant la brume De son rouge reflet.
Son œil alors s’éclaire :
Une flamme y reluit D'espoir et de co!ère, Puis, monte sa voix claire, Stridente, dans la nuit :
‘“ Satan ! Maître ! c’est l'heure !
‘“ Archange éblouissant,
“ Viens ! que ton vol effleure
‘“ Ma prière qui pleure ‘“ De son souffle puissant !
‘“ Arrière tes alarmes,
‘O Dieu que j'ai bravé !
‘ Pour émousser tes armes “ J'ai le secret des charmes ‘ Qui te tient captivé.
‘{ J'ai ce cercle mystique ‘“ Que tu ne peux franchir,
‘“ Et maint philtre hermétique
‘ Qui mieux qu’une relique ‘ Sait l'art de te fléchir.
“Mais toi, Prince sublime, “ Par ma voix conjuré,
“À moi ! viens À l'abime “Arracher sa victime
‘Et mon cœur torturé !
“ J'ai, pour les sombres rites ‘Qui parent ton autel ‘Tes plantes favorites,
‘ Euphorbes, Marguerites, “Pavots au suc mortel.
“ Par la lune sereine
‘ Au tiers de son Parcours “€ J'ai cueilli la verveine,
“ Et la fleur du troène
“ À la chûte des jours.
‘* J'ai la cendre sacrée
“ Qu'au fond des alambics ‘ Laisse la germandrée
“ Et la menthe Pourprée
“ Et le fiel des aspics.
“ Mais surtout, don plus digne ‘“ De ton regard ami,
“ J'ai ce Mystère insigne 4 ‘ Qui porte sous un Signe “ Jésus, ton ennemi.
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sublime, juré, l’ibiîme me
turé !
bres rites utel
ites, uerites,
“ Ce Christ, je te le livre, ‘ Pour qu'enfin apaisé,
‘ Ton désespoir s'enivre ‘“ Du triomphe de vivre
‘* Après l'avoir brisé !..."”
Et Guido, noir fantôme, Aux sons échevelés D'un bizarre idiome, Faisait monter l’arome Des sucs ensorcelés...
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EE, Ci
Le Kenuphar
Le marais s'étend là, Monotone et vaseux, Plaine d'ajoncs rompus et de mousses gluantes, Immonde rendez-vous de mille & res visqueux Qui croisent en tous sens leurs légions mouvantes
Or, parmi ces débris des Corruptions lentes,
On voit, immac ulé, splendide glorieux,
Le nénuphar dresser ses pétales brillantes
Des blancheurs de la neige et de l'éclat des « ieux,
Il surgit, noble et pur, en ce désert étrange, Ecrasant ces laideurs qui le montrent plus beau, Et, pour lui faire un lit sans lache en cette fange,
Ses feuilles arrondies étendent leur rideau, Et leur grand orbe Vert semble être, au til de l'eau, Un disque d'émeraude où luit une aile d'ange...