Fran©ois Buloz et ses amis
SES LETTRES A F. BULOZ. — MIMOUCHE. — MUSSET BIBLIOTHÉCAIRE.— DÉSACCORDS ENTRE LE DIREC- TEUR DE LA « REVUE » ET PAUL DE MUSSET.
Très peu de temps après la rupture avec G. Sand, Musset s'était remis à écrire : Lucie est de juin 1835, et la Nuit de Mai parut q[uelques jours après Lucie. De toutes les Nuits, celle-ci est peut-être la plus désolée :
0 Muse, spectre insatiable, Ne m'en demande pas si long, L'homme n'écrit rien sur le sable A l'heure où passe l'aquilon...
Son frère, qui le défend beaucoup d'être resté fidèle à son terrible amour, prétend, qu'à cette
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heure, sa blessure se cicatrisait. Comment alors expliquer la Xuit d'Octobre? Paul de Musset s'en tire en disant que « la Xuit d'Octobre est la suite nécessaire de la Nuit de Mai, le dernier mot d'une grande douleur, et la plus légitime, comme la plus accablante des vengeances : le pardon! » Il est vrai que P. de Musset prétend aussi que la Confession n'est pas « un document biographique », et que « l'auteur n'a pas eu l'intention d'écrire l'histoire de sa jeunesse », etc. Mais à Liszt, Musset avoue : « Le livre dont vous me parlez n'est qu'à moitié une fiction : il pourrait et devrait être plus long... » Cependant à ce livre, il avait fait des coupures, on le verra dans la lettre suivante, écrite au directeur de la Revue *.
Mon clier Buloz, ce que vous m'avez dit pour la deuxième partie de la Confession me tourmente. Vous avez raison, je le crois du moins. Mais je ne sais trop comment faire pour y remédier; si je veux revoir cela moi-même, je n'y ferai rien qui vaille. Il faudrait que vous me trouvassiez quelqu'un qui eût à la foisasséz de complaisance, et assez de jugement pour s'en charger, mais qui? Je n'en sais rien, et il faut pourtant que ce qui est de trop soit corrigé. Si je pouvais prier Sainte-Beuve de lire simplement le premier volume, je pourrais ensuite de moi-même faire les corrections sur ses avis. Mais j'ai peur qu'il ne soit un peu froid pour moi, à cause de toutes ces dernières circonstances -, que le diable m'emporte
1. On sait que la Confession parut en fragment dans la Revue en 183.5, et l'année suivante en volume.