‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 120 sur 173 · A. Dumas, Souvenirs dramatiqnes · texte numérisé non relu

A. Dumas, Souvenirs dramatiqnes

l'engageât à écrire pour le théâtre'. Or, à Mademoiselle de Belle-Isle avaient succédé le « Mariage sous Louis XW demi-chute, Lorenzino, chute: les Demoiselles deSaint-Cyr: chute » ; le Comité a fatigué de faire des largesses >> pria son commissaire de ne plus s'engager désormais avec M. Dumas, € pour les primes dont il ne voulait plus payer les frais ». Que devait faire le Commissaire? il céda au Comité. Dumas lui en voulut. Voici l'extrait du registre des procès-verbaux des séances, ayant traita cette question... « Sans se considérer comme engagé par les communications non officielles (les communications de M. Buloz) qui ont pu faire pensera M. Dumas qu'à la réception de chacun de ses ouvrages était attachée la condition nécessaire d'une prime quelconque, arrête que pour cette fois seulement, il lui sera compté 2o 000 francs le jour de la première représentation de cette dernière pièce, et pareille somme après la 23' représentation dans le cas où les 23 premières représentations auraient produit une somme brute de 50 000 francs au moins, et qu'il sera formellement déclaré à M. Dumas, ce dont M. le Commissaire royal veut bien se charger, que ses relations avec l'Administration du Théâtre rentreront dans le droit commun. »

D'autre part les primes ministérielles furent supprimées en même temps ou presque... Le

i. Ed. Bergougnoux.

ministère, après avoir donné de 1840 à 1844 27000 francs à l'auteur, « signifia au Commissaire du roi, que désormais M. Dumas n'obtiendrait plus d'encouragement : M. Hugo et M. Scribe n'en avaient jamais demandé, etc. », et c'est encore F. Buloz qui fut chargé d'apprendre la décision du ministre à Dumas : leurs rapports s'en ressentirent. Un journaliste avisé fit éclater l'orage.

Dans une interview qu'il obtint de Dumas au nom diQldi Démocratie pacifique, ce journaliste posa à Dumas une de ces questions destinées à fournir au journal une copie abondante et tapageuse. La voici : « Quelles sont les causes qui étouffent le génie dramatique des hommes qui naguère faisaient la gloire de notre théâtre? «Dumas répondit à cette question par cinq articles sous forme de lettre. Ces articles furent insérés dans la Démocratie pacifique des 27 novembre, 4, 3, 6 et 20 décembre 1844. Ce fut un « véritable réquisitoire » contre F. Buloz, qui fournit la^ matière d'un volume de cent trente pages imprimé à Bruxelles sous ce titre : Simples lettres sur l'art dramatique.

Que reprochait donc Dumas à F. Buloz? Simplement ceci : « d'éloigner du Théâtre-Français les auteurs modernes », il l'accuse — et c'est tout un complot, — « d'avoir reçu mission d'arrêter l'essor de la littérature moderne, inquiétante pour le pouvoir ». D'après ceci, Buloz est d'accord avec le pouvoir, qui le soutient dans ces ténébreux desseins? Mais plus loin, Dumas oublie sans doute

cette première accusation, car il affirme que : « M. Buloz ne reste Commissaire royal que par la toute-puissance des deux Revues qu'il dirige, et qui épouvantent les deux ministères !» Il y a contradiction? Dumas, emporté par sa verve, ne s'y arrête pas.

Dans ces articles quelques gentillesses de ce genre se rencontrent : « M. Buloz a été non pas élu, mais choisi entre tous pour accomplir l'œuvre qu'il accomplit; c'est une de ces anomalies comme notreépoqueseuleen présente, etunjouron se dira, comme l'une des choses les plus curieuses qu'ait enfantées le chaos dans lequel nous vivons, qu'il y a eu un petit-fils de Louis XIV et un successeur de Colbert qui ont mis à la tète de l'art dramatique en France, un homme qui ne savait pas que Cinna fut de Corneille. Il est vrai qu'on ajoutera que cet homme était Savoyard, et qu'on a été obligé de le naturaliser pour en faire un Commissaire royal, d

F. Buloz répondit à ces attaques en provoquant une délibération du Comité, il demanda en outre que le résultat de cette délibération, après lecture des pièces, fût inscrit au procès-verbal de la séance ^

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