‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 125 sur 173 · Le Mousquetaire était antidaté · texte numérisé non relu

Le Mousquetaire était antidaté

2. Note de F. Buloz : « Article de H. Romand sur M. Dumas, article dont je rougis encore tant il était ridicule d'enthousiasme. Voilà ce qu'il fallait à M. Dumas. Mais après les jours d'inexpérience et de tâtonnement, vient la saine appréciation des hommes. M. Romand ne fut plus admis à écrire à la Revue, et M. Dumas fut jugé plus sainement par d'autres critiques. C'est de là qu'est venue la haine de M. Dumas. » L'article auquel F. Buloz fait allusion ici parut dans la Revue des Deux Mondes le 15 janvier 1834.

Tout ceci fournit un nouvel argument à M. Notent : r admiration imposée par la terreur : « louez- moi ou je vous fusille ».

Note de rappel. — 1 ' Trois ou quatre éditions des injures et des dilTamations de Dumas contre nous en journal d'abord, en livres in-8°, et en livraisons illustrées à Paris ensuite, puis à Bruxelles en édition in-18, portant le titre d'édition seule complète et autorisée par Fauteur, c'est-à-dire enrichie de toutes les diatribes que Dumas n'ose, ou ne peut se permettre en France. Toutes ces éditions sont tirées à 20 ou 40 000 exemplaires.

2° Nous n'avons pas voulu porter ce misérable débat dans la Revue des Deux Mondes, un recueil qui se respecte n'est pas établi pour louer ou défendre son rédacteur en chef, ni pour attaquer ses adversaires, bien que M. Dumas eût cherché à insinuer que la Bévue attaquait toutes les gloires de la France 1 Nous avons voulu laisser ce triste débat là où il avait pris naissance, dans le journal de M. Dumas, et en demander aux Tribunaux la juste répression.

Gerdès sera muni pour aller au Tribunal des numéros de la Revue oi\ M. Dumas est beaucoup trop loué, des lettres de G. Sand et Mirecourt, etc. C'est la Revue des Deux Mondes qui a mis au pinacle madame Sand, et on l'accuse d'avoir attaqué cette gloire de la Francel

La critique est payée presque partout; à la Revue elle peut marcher le front haut. Voilà aussi notre crime.

Est-ce l'ennemi des écrivains honorables et éminents de notre époque, celui à qui Charles Nodier a dédié son roman d'Inès de la Sierral

Celui à qui Alfred de Musset a adressé ces beaux vers qui sont son honneur :

Ami, vous qui voyez vivre et qui savez comme, Vous dont l'habileté fut d'être un honnête homme. A vous s'en vont ces vers au hasard ébauchés Qui vaudraient encor moins s'ils étaient plus cherchés... • * (Alfred de Musset, Sur la paresse, à M. Buloz.)

A qui un jeune écrivain, M. Henri Murger, vient encore ces jours derniers de dédier publiquement son roman d'Adeline Protat^ Scènes de la Vie de Campagnel

La Revue a été irrévérencieuse envers M. Ancelot, dit M. Dumas. Citer en réponse à cette sottise, la lettre de M. Dumas (entre les mains de M. Nogent) où M. Dumas dit textuellement : « Demandez-vous dans les Revues comment il se fait que je ne sois pas sur les rangs quand Ancelot se présente"!... »

M. Dumas ne cherche pas seulement à porter atteinte à l'honneur et à la considération d'un homme sur lequel il appelle le mépris et l'animadversion publique; il cherche à nuire par tous les moyens à un établissement littéraire d'une valeur considérable.

Avec un homme qui ne respecte rien, qui échappe à toutes les poursuites, il n'y a que des dommagesintérêts et la contrainte par corps qui puissent nous débarrasser de ces calomnies et de ces diatribes. Sans cela Dumas recommencera demain. Dans son journal d'aujourd'hui encore, ne se vante-t-il pas d'avoir fait plus de mal à la Revue des Deux Mondes en vingt jours que les autres en vingt ans?

Enfin le tribunal condamna Dumas et Kusconi à une amende pour difîamation, à l'insertion

dans les journaux, et « fixait au besoin à dix mois la durée de la coVitrainte par corps ». Mais Dumas dut se soucier fort peu de ce verdict; il n'attachait guère d'importance à ces escarmouches, le principal était d'alimenter son nouveau journal, et ce scandale de presse l'alimentait excellemment. Quant à F. Buloz, satisfait par la condamnation de ses persécuteurs, il ne demanda jamais qu'aucun changement fut apporté à la rédaction des Mémoires de Dumas, qui paraissent toujours contenant les mêmes attaques contre la personne de F. Buloz, et les mêmes erreurs concernant la fondation de la Revue des Deux Mondes.

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