‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 165 sur 173 · Nouveaux Samedis, t. XV. p · texte numérisé non relu

Nouveaux Samedis, t. XV. p

la Revue commencera sa marche ascendante. Discutée et combattue encore, elle a franchi la passe dangereuse des premières années. Sous l'Empire, elle subira certes, de rudes menaces, mais sa fortune grandira dans l'opposition même, et loin d'arrêter ou d'entraver son essor, les luttes qu'elle soutiendra la porteront plus haut.

Les modestes locaux de la rue des Beaux- Arts l'ont vue naître; la maison de la rue Saint- Benoit la verra prospérer.

Cependant, F. Buloz ne se contentera pas de ces premiers succès; inquiet, il ne se reposera pas après l'effort du début, et dans la suite, son labeur sera le même, ses inquiétudes semblables : il restera d'ailleurs ainsi jusqu'à la fin.

Un des sujets de préoccupation du directeur de la Revue sous l'Empire, c'est la pénurie de bons auteurs, du moins trouve-t-il que ceux de 1850, ne valent pas leurs aînés. Du Camp a rapporté une boutade de F. Buloz à ce sujet : c( Quand j'avais des auteurs, je n'avais pas d'abonnés; maintenant que j'ai des abonnés, je n'ai plus d'auteurs! »

Cependant petit à petit, comme naguère, les talents nouveaux se groupaient autour de lui; et c'est Ernest Renan, Hyp, Taine, Emile Montégut, Forcade, Scudo, puis Victor Cherbuliez, Ed. About, Octave Feuillet, Saint-René-Tail landier, d'autres encore... la liste est magnifique.

Notez que George Sand continue, dès 1851, sa collaboration féconde, que L. Vitet, Ed. Quinet, lui restent, que Mérimée est fidèle jusqu'à sa mort.

Le navire est donc paré; le nouvel équipage digne de l'ancien. Guidé par son pilote, il verra l'aurore et la chute de l'Empire, la guerre et le siège de 70, il traversera les écueils de la Commune, et se retrouvera, après tant d'orages, avec son pavillon intact, libre, et prêt pour l'avenir de ses destinées futures.

APPEiNDICE

MINISTÈRE DE l'iNTÉRIEUR ♦

Paris, le 29 octobre 1838.

Monsieur Buloz, Commissaire Boyal, près du, Théâtre-Français.

Monsieur,

J'ai Thonneur de vous annoncer que j'ai chargé M. Vedel, Directeur gérant de la Comédie-Française, de procéder à votre installation en qualité de Commissaire royal près de cet établissement. 11 doit réunir à cet effet les artistes sociétaires, et je vous engage à vous entendre avec lui pour fixer le jour de celle réunion. '

Agréez M..., etc.

G bis A Monsieur Vedel.

Monsieur le Directeur,

Par ordonnance royale en date du 17 octobre courant, M. Buloz est nommé Commissaire royal

près du Théâtre-Français en remplacement de M. le Baron Taylor, appelé à d'autres fonctions. Je désire que l'installation de M. Buloz ait lieu dans le plus bref délai, et par votre intermédiaire, je vous invite en conséquence à réunira ceteftet les artistes sociétaires de la Comédie-Française, après vous être concerté avec M. Buloz, etc.

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