‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 167 sur 173 · Pièce produite au procès · texte numérisé non relu

Pièce produite au procès

Français, il me paraît urgent de vous proposer de nouvelles stipulations avec une artiste éminente qu'il importe de conserver à la scène française et qu'il importe d'y retenir dans de meilleures conditions. Déjà, j'ai eu l'honneur d'appeler votre attention sur ce point. Mademoiselle Bachel vient ellemême au-devant d'un arrangement nouveau, et il est à désirer que cet arrangement concilie les intérêts des deux parties, ceux du théâb-e et de la tragédienne.

Le 20 octobre 1846 S mademoiselle Rachel a donné sa démission de Sociétaire, quoiqu'elle ne puisse alléguer aucun texte, aucun motif sérieux en faveur de sa prétention ; elle a renouvelé cette démission le 20 mars, et elle annonce hautement rintention de ne pas revenir au Théâtre-Français après son congé de cette année, si on ne prend une résolution à son égard. Mlle Rachel se plaint du régime social, quelle a accepté par acte authentique en 1842, et se croit en droit de se dégager du contrat qui la lie pour vingt ans à la Comédie- Française. Ce qu'il y a de plus probable en tout ceci, c'est que la tragédienne veut une situation meilleure, que l'étranger nous la dispute par des offres considérables.

On pourrait opposer à Mlle Rachel la fidélité qu'elle doit aux engagements souscrits, la peine qu'elle encourt en les violant; on peut se plaindre qu'elle ne crée ainsi de nouvelles difficultés au Théâtre-Français dans des jours déjà bien difficiles. Le Théâtre-Français même serait peut-être en droit de demander à l'artiste de compenser par sa présence

Page 1