‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 18 sur 173 · A. de Vigny, Journal d'un poète, p · texte numérisé non relu

A. de Vigny, Journal d'un poète, p

Castil-Blaze prenait des leçons de peinture avec. Dacreux, mais il demandait aussi à Sophie Arnould de lui donner « la tradition de l'ancien chant français », car il aimait la musique, et c'était, sans qu'il le sût encore, sa vraie vocation.

A l'hôtel d'Angivilliers, il connut La Harpe, Fontanes, Méhul; madame Récamier y venait souvent aussi, rendre visite à la belle Clémence Ducreux (la fille du peintre) « qui pouvait lui disputer le prix de la beauté ».

Méhul devina en Castil-Blaze l'instinct de la musique... Ils avaient ensemble de longs entretiens, le maître emmenait le jeune garçon aux répétitions de VIrato qu'il montait à cette époque. « J'étais son page de musique et pouvais me dire son élève. » Il continuait cependant à peindre. Mais Méhul était amoureux, amoureux de Clémence, et jaloux ! Il avait son idée : il fît de Castil- Blaze un musicien! « Je voulais être peintre, et Méhul me fît musicien. Il était amoureux et, en me poussant au Conservatoire afin de me tirer de l'atelier, il crut se débarrasser d'un rival. » Castil-Blaze ajoute gaiement : « C'est une chose infiniment bouffonne que la vie ! voilà déjà septante ans que je m'en amuse, et ne suis pas disposé du tout à cesser d'en rire ^ »

Avant de quitter l'atelier de Ducreux « la plus belle main de Paris » fit son portrait^, et Castil

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