‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 43 sur 173 · Inédite · texte numérisé non relu

Inédite

3. En échange de cette lettre (qui devait la servir dans l'esprit de ses juges) George exige l'insertion dans la Revue de Paris d'une nouvelle de madame Jal, nouvelle dont le directeur ne voulait pas, et son paiement à madame Jal. (Collection S. de Lovenjoul, inédite.)

Revue Britaiinique, qui l'attcique : — « Ne m'envoyez pas l'article, mais usez de votre influence pour qu'on ne me dise pas d'injures en ce moment-ci. » — Et Loève-Weimars, dans la Revice^ ne peut-il la défendre? Cinq ou six lignes qu'il écrirait de « main de maître » feraient fuir les beaux esprits, qui ne se frotteraient plus à cette plume; que Buloz lui demande ce service! « On dit qu'il me hait, je ne sais pourquoi, je ne lui en ai jamais donné sujet. » Et encore : « Je vous prie de parler de moi à Chaix d'Est-Ange, et de l'empôcher de plaider contre moi, si M. Dude- A^ant a recours à lui. Car on dit que M. Bethmont l'abandonne, et j'ai envo3^é signer ma consultation à plusieurs avocats des plus célèbres, pour les empêcher d'être contre moi; ma consultation sera présentée à M. Chaix d'Est-Ange. Recommandez moi à lui, puisque vous êtes en relation avec lui... Parlez de madame Jal à Sosthènes, si vous le voyez, dites-en beaucoup de bien, c'est une femme intéressante... »

Sosthènes, dont George parle ici, est Sosthènes de la Rochefoucauld; elle le désigne souvent ainsi : S. R. — Elle aurait voulu que S. R. confiât la rédaction de ses mémoires à madame Jal, protégée de George. F. Buloz fera la recommandation, mais il est clair qu'il ne compte pas sur le talent de madame Jal, pour orner la Revue des Deux Mondes.

a Je mettrai la note en question dans la Revue,

et réponc^rai à la Revue Britannique^. Malheureusement Loève n'est pas à Paris, mais nous arrangerons tout cela de façon à ce que tout se passe bien. Ne vous inquiétez plus de Ghaix d'Est-Ange, je lui ai fait signer moi-même votre consultation, et nous allons voir à la faire signer à Mangin et à Pasquier.

» Je parlerai à Sosthènes pour madame Jal, et vous promets de la faire travailler; seulement qu'elle renonce à la Revue des Deux Mondes, dites-lui de se contenter de la Revue de Paris'^. »

A ce moment, George Sand posait devant Galamatta. Gelui-ci gravait le portrait de George que Delacroix avait peint jadis. Ce portrait, très connu, la représente nu-tête avec un vêtement d'homme et une grosse cravate dénouée. La gravure devait figurer au frontispice, en tête des œuvres complètes, édition Bonnaire, et accompagner aussi, dans la Revue, la publication du fragment de Lélia...

Et F. Buloz écrit à George en juin :

A ce propos je vous dirai que Delacroix est bien mécontent de Galamatta pour cette gravure; il se plaint de n'avoir pas vu du tout Galamatta, qui, ditil, a voulu refaire son portrait; je suis bien fâché de cela : Delacroix est un aimable homme, et je trouve

1. C'est Sainte-Beuve qui écrivit cette réponse dans \a. Revue du 15 juin 1836.

Page 1