Dans la Revue de Paris
pas scandaliser le monde avec son malheur, en faisant d'un cas privé, une question sociale. »
Cette apostrophe déplaît à George, elle la reproche au directeur de la Revue. Elle y répondra : « 11 ne s'agit pas ici d'amour-propre, M. Nisard m'accable de compliments, qui satisferaient amplement mon appétit, si j'étais afTamé. Il s'agit de ne pas me démolir dans l'esprit de mes juges, sous un rapport plus sérieux... » Elle lui envoie donc une réponse « sous forme de lettre » à insérer au plus tôt dans la Revue de Paris. Ce souci de ses juges, qu'elle-même juge si sévèrement, est assez logique à l'heure qu'elle traverse; elle ne veut pas avoir une étiquette d'immoralité, elle y veille, et c'est, je pense, la première fois
Autre chose la préoccupe :
Je vous conjure de ne pas soumettre mes manuscrits à la censure de Sainte-Beuve, et des 47 autres directeurs en chef de vos revues. Vous avez sur eux tous, entre autres avantages, celui de connaître votre langue. Corrigez-moi donc en personne, et ne me soumettez pas à la férule de tous vos pédants. Je suis en train de faire d'importantes corrections à Lélia. Je bouleverse tout le personnage de Trenmor, et je transporte la réhabilitation, non pas morale, mais poétique du joueur, dans la bouche de Leone Leoni: ce passage était assez purement écrit, j'eusse été fâché de le perdre, et je crois qu'il est maintenant tout à fait en sa place, et sans inconvénient, puisqu'il est dans la bouche d'un personnage éprouvé.
Lconi est doiK*, prot '. Je l*ai relu avec atlenlion et conscience. Je n"v ai rien trouvé (ïimmoral. Le Cfrand drlaul c'est Tinvraisemblance des événenients. Mais pourvu que les caractères soient vrais, la t'olie des incidents est un droit du romancier, et de plus forts que moi ne s'en sont pas fait faute'-...
La réponse à M. Nisard parut dans la Revue de Paris; à la veille de l'afTaire Dudevant, elle ne pouvait qu'être favorable à George; F. Buloz le voit nettement, car c'est sa propre cause que l'écrivain plaide devant M. Nisard, avec l'éloquence que l'on sait.
F. Buloz écrivait le 29 mai :
Mon cher George,
Jai lu attentivement votre lettre, j'y ai trouvé des longueurs, mais je n'y ai rien vu qui ne puisse se publier, je crois que cette lettre peut exercer une heureuse influence sur les juges, je vous en enverrai un certain nombre d'exemplaires, que vous leur ferez remettre; vous verrez dans ce même numéro... le morceau de madame Jal ^.
Quelques jours après, George se plaint de la