‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 47 sur 173 · Inédite, datée de la main de F. Buloz : 20 juin · texte numérisé non relu

Inédite, datée de la main de F. Buloz : 20 juin

Pendant que G. Sand, de la Châtre, écrivait ainsi à ses amis, à Paris un nouveau régicide avait été tenté : le 2d juin, Louis Alibaud avait tiré deux balles contre le roi.

La Revue ^ condamna cet attentat dans sa chronique du 1" juillet, et aussi dans un article sur V Assassinat politique, signé Lerminier. Mais quelle mouche a piqué George? L'opinion de la Revue la révolte et l'indigne, elle est hors d'elle, et Alibaud devient à ses yeux « un héros » ! On retrouve, dans cette exaltation, un peu de celle de Louis Blanc, qui fît de l'assassin une manière de martvr ; il lui découvrit même une extrême aménité de mœurs et de caractère, une sensibilité profonde, etc. ; enfin c'est déjà la rhétorique de 48.

Mais voici la lettre de George ^

...Il s'agit d'un fait vu au point de vue moral, philosophique, psychologique, si vous voulez. Alibaud est un héros, son nom sera mis dans Ihistoire à côté de celui de Frédéric Stab. Vous professez la haine de l'assassinat politique. Vous déclarez que Brutus et Cassius n'y voyaient pas plus loin que leur nez. Vous les traitez comme des bousingots. Je ne dis rien à cela. Chacun ses convictions à cet égard. Beaucoup de mes amis me font la guerre, et me proscrivent comme fanatique, quoique je ne m'occupe pas plus de politique que mon vacher. Je ne me dispute pas avec eux, tout est sujet à contro-

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