Maurice définitivement appartenait à sa mère. M.Dudevant
On sait que George Sand connut Chopin par le ménage d'Agoult-Liszt; et même l'acquisition de Chopin désunit la compagnie des Piffoèls et des Felloios (George Sand avait baptisé sa famille : les Piffoëls; madame d'Agoult et Liszt : les Fello\vs). Débarrassée de Michel de Bourges, peu embarrassée de MallefiUe, qui à cette heure, pour elle, ne pesait plus guère, George fut attirée, — et elle devait l'être — par le mélancolique, le Igénial, le phtisique Chopin. Au mois de mai, avant de se lancer dans cette nouvelle aventure, elle écrivit au Polonais Gryzmala une longue ettre, que madame Komarofî* a publiée jadis, et qui est bien la chose la plus étrange qu'on puisse voir. Elle s'y confesse, elle pèse les chances de bonheur que lui donnerait cette liaison, car cette liaison la tente... Mais visiblement Mallefîlle l'obsède, pourtant elle écrit en terminant : « Quant au petit (c'est Chopin) il viendra s'il veut (à Nohant), mais dans ce cas-là, je voudrais être avertie d'avance parce que j'enverrai M. soit 4 Paris, soit à Genève. Les prétextes ne manqueront pas, et les soupçons ne lui viendront
pensant que les crises de cœur de l'enfant étaient dues à l'imagination maternelle, avait épié, surveillé, mais en vain, Maurice était véritablement malade, et plus encore quand sa mère était loin de lui; force fut à ce vilain mari de se rendre à l'évidence. Maurice tomba malade chez lui, Casimir alla alors chercher la mère. D'ailleurs le D' Gaubert dit à G. Sand : « Cet enfant ne respire que par vous, vous êtes le médecin qu'il lui faut. Vous êtes son arbre de vie. »