‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 75 sur 173 · Collection S. de Lovenjoul. Inédite · texte numérisé non relu

Collection S. de Lovenjoul. Inédite

Si VOUS pouvez avoir madame Dorval, ou risquer les forces de mademoiselle Mars, je ne demande pas mieux que devons laisser agir, mais ne dites pas du tout à mademoiselle Plessy que je lui donne le rôle, rien n'est moins sûr... Par exemple, je ne veux pas de Menjaud pour Ordonio, mais seulement pour le Duc. Je veux Bocage ou Lockroy pour Ordonio, pas d'autre. Je ne veux de Ligier en aucune façon... En somme, votre théâtre est très mal monté pour le drame, à ce que je vois, et je regrette amèrement la Renaissance et madame Dorval. Quand vous me ferez croire que celle-là n'est pas de force à jouer un rôle que peut jouer mademoiselle Plessy, qui a la réputation de la première grimacière du monde, vous serez bien habile. Cette lettre est entre nous deux, mais ma décision est prise, je veux voir. Je viens d'être horriblement malade d'un empoisonnement de tomates. Dieu vous préserve des tomates! Je suis encore sur les dents, je n'ai pas la force d'écrire des lettres, et je ne vois pas en beau l'avenir de ma pièce. Faites ce que vous jugerez convenable avec Charles Maurice. Quant à moi, je ne me mêle pas des cabales et des cabaleurs, c'est à vous de les expulser de la salle, et de m'en préserver par tous les moyens, mais je n'en veux rien savoir.

Vous ne me dites pas si vous avez fait un bon voyage. Si ma petite Christine et son cher Paul sont arrivés en bonne santé! Embrassez-les bien pour moi.

Tout à vous de cœur.

GEORGE

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