Inédite
« CO SIM A ». ITjD
Après cela mademoiselle Mars est abandonnée et c'est madame Dorval que George désire : pourtant, mademoiselle Mars se serait volontiers chargée du rôle, aucun ne lui paraissant trop jeune. On se souvient que lorsque Scribe lui apporta La Grand' mèrey qu'imprudemment il avait écrite pour • elle, l'actrice dit ingénument : « Le rôle de Cécile me va, mais qui jouera la grand'mère? »
Enfin, après une démarche de George auprès du ministre Duchâtel, Dorval est engagée, et George écrit à Hippolyte Chatiron : « J'ai renversé toutes les barrières et j'ai fait entrer madame Dorval, qui n'en est pas plus contente pour cela. »
La pièce est distribuée, laborieusement, mais les répétitions ne sont pas encore commencées le 15 janvier. L'auteur se plaint amèrement de ces retards, dont il accuse F. Buloz, — naturellement :
« Quant à ma pièce aux Français, je vous prie de suspendre tout préparatif et de m'en faire rendre le manuscrit. M. Lockroy... quitte le théâtre prétextant une maladie; je vois qu'il y a là contre moi des intrigues avec lesquelles je ne veux pas me commettre. Ma tentative aux Français était impossible ^ » Elle veut aussi aller trouver M. Duchâtel de nouveau, mais cette fois « pour lui dire que j'aime mieux retirer ma pièce, et lui dire de rompre l'engagement de
i. 15 janvier 1840. Inédite.
madame Dorval. Ni elle ni moi ne pouvons attendre indéfiniment et moi, je ne peux rester à Paris après le mois de mai. D'ailleurs on sait ce que devient une pièce dans les cartons du Théâtre- Français. On la donne à un auteur aimé de ces messieurs et de ces dames, on change les noms et les costumes, et on la joue au nez de Tauteur. Nous connaissons bien tous l'auteur véritable de Mademoiselle deBelle-Isle, et quand vous voudrez, je vous montrerai le manuscrit. Ainsi finissons-en donc. Mettons Cosima dans la Revue des Deux Mondes K y> L'auteur aussi est pressé par ses perpétuels besoins d'argent : « Si vous comptez sur M. Vedel. nous n'en finirons jamais... et surtout envoyez-moi de quoi dîner, ou je serai obligée de dévorer mes enfants comme Ugolin! ^ »
A la Comédie-Française aussi, on paraît être en pleine effervescence ! « Ils sont tous en révolution à la Cour du roi Pétaud. Le Comité se prend aux cheveux avec le ministère. Le ministre veut donner sa démission, prétendant qu'il aimerait mieux gouverner une bande d'anthropophages que les comédiens du Théâtre-Français ^ »
Enfin Cosima est jouée le 29 avril. L'auteur redoutait une « sifflade de première classe ». Ce fut cela en effet : ce J'ai été huée et sifflée comme je m'y attendais, écrit-elle à Calamatta : chaque