Inédite
2, Réimprimé par Bonnaire, pour la première fois en 1839 seulement.
» Condamne la dame Dudevant, par toutes les voies de droit seulement, à payer à Buloz et Bonnaire la somme de 9 200 fr., avec les intérêts du jour de la demande »... etc. .
Enfin, les dépens étaient partagés entre les deux adversaires.
George Sand, entraînée par ses conseils, poussée par eux, ne remportait pas la victoire qu'ils lui ayaient promise.
Malgré le refroidissement que le procès aurait pu amener dans les relations de F. Buloz et de son collaborateur, ce ne fut pas le procès qui les / sépara. Ce fut Horace et le refus à' Horace. Mais
Ch. de Mazade l'a écrit plus tard : « Comment Horace et le Corri'pagnon du Tour de France eussent-ils pu être insérés dans la Revue? Entre les emportements démocratiques de madame Sand et l'esprit de ce recueil, l'incompatibilité était trop flagrante, et la force des choses amena la séparation. » Donc Horace déplut à F. Buloz, et cela ne me semble pas scandaleux. Mais cela sembla scandaleux à George, qui reprocha à son directeur, et amèrement, d'être juste milieu, ministériel, que sais-je? Elle dit : « Que me reprochezvous? je n'ai jamais changé. J'ai toujours aimé le peuple, haï et méprisé les bourgeois. Voyez mes romans. Benedict n'est-il pas un paysan, Geneviève une grisette? » Sans doute, mais ne voit-elle pas, à son tour, que ses précédents romans étaient tout simplement romanesques, et
que les derniers sont remplis de thèses sociales : Horace est parfaitement ennuyeux.
Le contrat concernant Horace fut signé le 9 juin 18il *, le manuscrit remis à l'imprimerie, — l'épreuve de la première partie renvoyée par l'auteur. George Sand s'attend à voir cette première partie dans la Revue du 1" septembre ; — elle n'y est pas.
« Mon cher Buloz ^^ je m'attendais à voir la première partie à' Horace dans le numéro du 1". Vous avez dû recevoir les épreuves le 25 ou le 26. . . Ce retard m'inquiète, parce que je crains que la poste n'ait arrêté mes épreuves à cause des corrections. »
F. Buloz alors s'éleva résolument contre Horace, et voici, le 15 septembre, la défense, par son auteur, de ce livre et des idées humanitaires qu'il contient. Cette défense est éloquente certes, et véhémente, mais il me semble que George y perd de vue un point essentiel, c'est qu'un écrivain, par ses opinions, peut compromettre le journal dans lequel il écrit? — « Ne vous mêlez pas de mes affaires », dit George à F. Buloz. a Je ne me mêle pas des vôtres, laissez-moi dire ce qui me plaît. » La proposition paraît ingénue.
Mon cher Buloz, distinguons et tâchons de nous entendre. La Revue est-elle libre, ou ne Test-elle pas?
1. L'Étudiant, premier titre d'Horace, est payé 9 000 francs dont 5 000 francs à la remise du manuscrit.