‹ Fran©ois Buloz et ses amisChapitre 93 sur 173 · IMITÉ DE SAINTE THÉRÈSE · texte numérisé non relu

IMITÉ DE SAINTE THÉRÈSE

Ah ! ce n'est pas, Jésus, ta présence Divine

Qui fait que je t'adore, ô Christ, c'est ta poitrine,

Ce sont tes pauvres pieds tout traversés de clous,

C'est ton front ruisselant et tout meurtri de coups.

Et sans ton Paradis, sans l'Espérance même

Je t'aimerais, Seigneur, tout autant que je t'aime.

Alexandre Dumas père a transcrit sur l'album une pièce de vers qui figure dans l'intermède de son Don Juan :

l'ange

Vierge, à qui le calice à la liqueur amère

Fut si souvent oITert, Mère que Ton nomme la douloureuse mère

Tant vous avez souffert,

Vous dont les yeux divins sur la terre et les hommes

Ont versé plus de pleurs Que vos pieds n'ont depuis, dans les cieux où nous sommes.

Fait éclore de fleurs

Vase d'élection, étoile matinale,

Miroir de pureté, Vous qui priez pour nous d'une voix virginale

La suprême bonté,

A mon tour aujourd'hui, bienheureuse Marie,

Je tombe à vos genoux, Daignez donc m'écouter, car c'est moi qui vous prie,

Vous qui priez pour nous. (Alexandre Dumas, Don Jaan), intermède du II* au III* acte.

On voit que l'invocation religieuse domine : ressource excellente pour un poète qui ne parle pas d'amour, et à cette époque, on ne parle pas d'amour à une femme honnête, du moins je n'ai

Page 1