‹ Frans HalsChapitre 3 sur 15 · ENFANTS CHANTANT · texte numérisé non relu

ENFANTS CHANTANT

(Musée de Cassel.)

de cette pesante injustice. Vers le milieu du xixc siècle commença l'ère des travaux d'érudits patients; la Hollande fut découverte; des critiques enthousiastes et diligents, comme, en France. Thoré (W. Bûrger), qu'il faut toujours signaler avec respect au premier rang de ceux qui ont rendu au monde la conscience et l'intelligence de ses plus nobles « trésors d'art », explorèrent, dans la fièvre et le ravissement de révélations incessantes, les galeries des musées et les collections particulières. Frans Hais sortit de l'ombre; son œuvre fut retrouvée, étudiée et reconnue; le petit jeu des attributions, tantôt hasardeuses, tantôt motivées et établies, commença à s'exercer en faveur de ses tableaux incertains ou perdus ; sa gloire fut reconstituée ; il rentra dans la vie de l'Art.

De sa vie terrestre le mystère demeurait impénétrable. Les investigations récentes de quelques chercheurs du plus grand mérite, du docteur Vander Willigen et de M. Bredius, en Hollande, de M. W. Bode, en Allemagne, ont dissipé sur quelques points les ténèbres de sa biographie.

Hais appartient à une vieille famille bourgeoise de Harlem. Plusieurs de ses ancêtres ont, au xve siècle, occupé des postes dans la magistrature de la cité. Son père, après avoir rempli les fonctions d'échevin de la ville, de régent de l'orphelinat, de curateur des biens des orphelins, avait dû, à la suite d'une sédition, s'exiler vers les Pays-Bas méridionaux, en 1579. Se fîxa-t-il à Malines ou à Anvers? Les deux villes se sont disputé l'honneur d'avoir été le berceau de Frans Hais, qui naquit peu de temps après, en 1580,

1581, ou, suivant d'autres biographes, en 1584 seulement. Dans la suite, chaque fois que les archives de Harlem ont fait mention de son nom, ce fut en le disant Frans Hais, d'Anvers. Ainsi est-il désigné dans son acte de mariage, dans les actes de baptême de ses enfants, à une seule exception près : dans l'acte de baptême d'une fille, en 1623, il est appelé, par suite d'une erreur aisément explicable, Frans Hais, de Harlem; car, du jour où, tout jeune, il est venu habiter cette ville, il ne Fa plus quittée.

Aucun document ne permet d'affirmer qu'il soit né en 1580 ou 1581 plutôt qu'en 1584. Cependant, lorsque, en 1602, Karl van Mander, qui fut son maître, passa de Harlem à Amsterdam, Hais devait avoir terminé ses années d'apprentissage, puisque, sans que rien ne nous autorise a supposer qu'il l'ait suivi, il n'entra pas du moins dans un autre atelier. D'autre part, le graveur et peintre hambourgeois Mathias Sclieilz, qui avait connu Hais, écrivait, lorsqu'il apprit sa mort, en 1666, qu'il devait bien « avoir quatre-vingtdix ans, ou à peu près ».

On ignore aussi à quelle date les parents de Frans Hais revinrent dans leur ville d'origine; on sait seulement que leur exil ne fut pas de longue durée. En 1591, ils faisaient baptiser leur fils Dirk à Harlem. Quant à Frans lui-même, après avoir été l'élève de 'Van Mander, il s'y maria, s'y fixa pour le reste de ses jours; dès 1611 y naissait son premier fils, qui reçut le prénom de Herman. Aucune pièce officielle ne se rapporte à lui durant les quatreannées suivantes. Mais, le 20 février 1616, « Frans

CliHié Drurt.

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