Ibid
6. Appel au Directoire executif d'un arrêté pris par lui le 30 ventôse au sujet de Jean Nicolas Loriquet. Archives nationales. F', dossier 5297, pièce 4. — « Celui-là n'était pas d'une famille noble qui n'est sorti du territoire français que dans un temps où il était permis de le faire et avec un passeport exprès: qui prouve que dans le pays étranger il ne s'est occupé que de l'éducation
Aux côtés de ce vaillant se rangea, pour la défense de l'accusé, un représentant du peuple, Jean Johannot^. Le 4() germinal, il écrivait au citoyen Cochon-, depuis deux jours ministre de la Police générale à la place de Merlin : « Je vous adresse, ancien collègue, le frère du citoyen Loriquet, prévenu d'émigration... les pièces justificatives qu'il remet sont arrivées après l'arrêté qui le maintenait sur la liste des émigrés.
« Il serait affreux qu'il fût condamné et qu'après sa mort on produisît les pièces de son innocence ; dans cette situation, il serait juste d'ordonner un sursis à la mise en jugement, afin de faire la vérification de cette affaire et de s'assurer qu'il ne périra que s'il est vraiment criminel. » Johannot, après un éloge discret de son client -^ terminait: « Demandez le sursis, je vous
de quelques élèves et de la culture de la science et des arts... Citoyens, je vous demande justice, justice entière. »
\. Jean Joliannot, né à Genève le 30 juin 1748: député du Ilaut-Rhin à la Convention nationale, vota, dans le procès de Louis XVI, la mort et le sursis. Membre du Conseil des Anciens, il s'expatria en 1816 et mourut à Echicliens, dans le canton de Vaud. le 15 janvier 1829. — Je nai pu découvrir pourquoi il s'intéressait au futur jésuite.
2. Charles Cochon, né à Champdeniers (Deux-Sèvresj, le24 janvier 1750, conseiller au présidial de Fontenay-le-Comte. député suppléant de la noblesse de la sénéchaussée du Poitou, siégea à la Constituante ; député des Deux-Sèvres à la Convention, membre du Comité de Salut public après le 9 thermidor, membre du (Conseil des Anciens, ministre de la Police générale (14 germinal an IV. 3 avril 1796), arrêté après le 18 fructidor, préfet de la Vienne en Tan VIII, des Deux-Nèthes en 1805, préfet de la Seine-Inférieure pendant les Cent-Jours, proscrit en 1816, rappelé en France en 1817: il mourut à Poitiers le 19 juin 1823.
.J. « Les relations d'Anvers, où il a demeuré cinq ans. portent que cost un jeune homme de lettres, de mérite connu pour de bons ouvra«,^es. par une bonne conduite et par son patriotisme. » — On se souviendra que c'est un régicide qui loue ainsi Lori-
en conjure, vous êtes juste et vous ne voulez que la punition du vrai coupable ; il est prudent, dans tous les cas, de différer pour ne pas frapper dans l'incertitude «. »
Le même jour, rofficieux conventionnel écrivait pareillement à son collègue Richard : « Tu est [sic] juste et sensible, mon cher collègue, et je t'adresse le frère d'un malheureux qui va périr ^, tandis qu'il est peutêtre innocent. Lis le mémoire... qui te sera présenté par son frère porteur de cette lettre, lis la lettre que j'écris à Cochon et contribue à obtenir un sursis pour ne frapper qu'un coupable.
« Tu dois connaître le citoyen Loriquet, son passeport est signé de toi à La Haye •^ «
Le citoyen Reubell, membre du Directoire exécutif, était à son tour prié par Johannot d'intercéder et d'agir par lui-même pour son protégé '.
Ces appels, qui paraissent désintéressés, furent entendus, et dans une brève apostille de leur main, Richard et Reubell demandaient à Cochon de s'employer promptement à une équitable solution "'.
Ce dernier ne s'y refusa pas. Ce ne fut point cependant pour entrer tout à fait dans les vues de Loriquet et de ses défenseurs, comme l'équité la plus élémen-
quet et que la signature de ce défenseur inattendu est accompagnée des points maçonniques.