Cf. séance du vendredi b"" avril
18 FRATKRMTÉ RÉVOLUTIONNAIRE
Malgré ces exemples venus de haut, malgré cet accueil exceptionnellement bienveillant, le nombre des prêtres au club de Vannes ne s'éleva guère ; mais, en revanche, la place qu'ils y tinrent l'ut considérable. Audrein, le futur conventionnel \ et Broust, entre autres, y parlèrent fréquemment-, et fréquemment aussi reçurent de leurs collègues des missions importantes.
A côté de la soutane du prêtre jureur, les clubistes aimaient particulièrement à voir la tunique du soldat. Dans ce but, les avances succèdent aux avances, les invitations aux invitations. On voulait à tout prix attirer les militaires au siège de l'association : les procès-verbaux le disent éloquemment. Dès la première réunion des Amis de la Constitution, un honorable membre fit la motion de presser « Messieurs nos frères de\Valsh,de l'artillerie, de la maréchaussée, des colonies et autres troupes de ligne de concourir aux
1. On s.iit ([iraitrès une vacance de trois ans il succéda à llxpilly sur le siège «''piscopal du Finistère, et que, deux ans plus tird. il toMjba. non sous les coups des rèvohitionnaires. comme son prédécesseur, mais sous ceux de faux cliouans. Cf. Peyron, l''iii (if l'i'l<iUse constilulioiinellc dans le Finisière.
2. < I>inipressi(»n du discours prononcé par M. Audrein, dans la srancc du 14 de ce uutis. a été tlemandèe: rasseml)lèe a unaniinnneiil arrête quil serait impriuié à ses frais et qu'on voterait à raiitciir (les reuicrciements. » (Séance du 18 juin.) Audrein avait parle de riiiqmrlance qu'on doit attaclier au choix des électeurs et des députés.— Cf. séance des 2o et 26 juin 1791 : de nouveaux reuien iernenfs y furent décernés à Audrein.
L ORGANISATIOiN DU CLUB 19
séances de la Société : elle fut agréée avec transport » ; et à l'instant une commission est nommée pour exposer aux différents corps « les désirs du club ' ».
Le temps n'éteignit point cette ardeur militariste, loin de là. Un membre, lit-on dans le compte rendu du 3 mars 1791, proposa « de députer vers MM. les commandants, ofliciers, sous-otîiciers et soldats du régiment de Royal-Picardie cavalerie, arrivés (récemment' en cette ville, pour les prier d'assister à la séance ». Cette idée fortement applaudie et appuyée, une délégation nombreuse fut chargée de porter à ces braves militaires le vœu de la Société. L'accueil que ces commissaires trouvèrent ne laissa rien à désirer. A leur retour, l'un d'eux raconta, en effet, que MM. les officiers et soldats les avaient reçus « de la manière la plus amicale et la plus fraternelle, et avaient accepté avec reconnaissance l'offre et la prière qui leur furent faites » . Le narrateur ajouta qu'en les congédiant, lui et ses collègues, les militaires « avaient crié d'une voix unanime : Vivent la nation et la liberté - 1 »
Quelques jours plus tard, 27 mars, afin de couronner Toeuvre, on envoya des délégués vers M. LofTicier général '^ pour lui demander d'autoriser « nos frères du régiment de Picardie » à se rendre aux réunions comme il convenait à des citoyens libres ^
Tout cela parut encore insuffisant pour gagner les soldats : des séances exceptionnelles étaient organisées