Lemasle
2. René Gabriel, né à Vannes le 18 avril 1*41. recteur de Questeml)ert en 1773, élu aux États «,^énéraux le 20 avril 1789. prêta le serment le 3 janvier 1791. Après lavoir rétracté publiquement, il se réfugia en Espagne: il revint de là dans son ancienne paroisse où il mourut enlS21.
if) FKATRRMTÉ RKN OLLTIONN AIRE
tous les bons citoyens el de tous les amis de la Conslitulion ' ».
Cn tel civisme méritait une récompense : il l'obtint.
« Un membre, continue le procès-verbal, pour se rendre au désir de M. Morg-an, proposa de l'admettre sans retard) à la Société... en exception à la règle adoptée par l'assemblée de ne recevoir au nombre de ses membres aucun associé qui n'eût subi l'épreuve de trois proclamations. I/assemblée consultée y consentit unanimement. . . En conséquence, elle arrêta, par l'organe de son président, que M. Morgan serait admis de suite au nombre des Ai/ns de la Constitution de Vannes'- », et aussitôt il prêta le serment d'usage.
Un autre apostat reçut semblable faveur : il se nommait Piclion, ex-bénédictin et frère du recteur de Drefféac dont les élucubrations schismatiques passaient, nous le verrons tout à l'heure, les frontières du Morbihan et venaient de la Uoire-Inférieure réjouir les clubistes de \'annes. Pour lui, pareillement, on oublia les règlements de la Société ; il en était digne ^.
Va\ plus digne encore, c'était M. .ïollivet ', de l'entourage immédiat de l'intrus Lemasle''. Son admission ne fut pas banale et témoigna hautement de l'exquise (h'iicatesse de nos scL'urs clubistes. « Un membre, note
1. cr. séance du mercredi It; février 1191. dix heures du matin sctnce «'xtranrdiiiaire).
■1. Ihi<l.
;i. cf. ^cime du :2<) mars l"*.»!.
'». haiis une Ictire adressée à Prieur de la Marne. (Ui allirmait <|iir. de II, us les prêtres c(tnstitutii»nnels. il était le seul « à avoir dr> |iniiri|it s au nive lu de la l{év(duti(»n et de la république >>. Airliivc» nationales. \V\\, \'li\, pluiuettc 9(10. pièce 17.
.). N>>ii> luiuiis liientrd l'occasion de faire plus ample connaissiiiic avec . .■ p.mvic prrlal.
le premier procès-verbal du 31 mai 1791, exposait à ses frères les inconvénients résultant des grands retards qu'éprouvait depuis quelque temps Farrivée des courriers. « Tout à coup, des applaudissements dont les dames ont fait retentir la tribune l'ont interrompu ; tous les regards se sont portés vers Tentrée, et bientôt les applaudissements de la salle se sont confondus avec ceux de la tribune. M. Jollivet, vicairesecrétaire de notre auguste prélat, a paru ; il a demandé à être admis à la Société et a prononcé un discours d'un vrai patriote, d'un citoyen attaché à la Constitution, à la vertu et à la religion.
« M. le président a, en peu de mots, exprimé et rempli les vœux de la Société : il a peint à M. Jollivet la joie de l'assemblée de le posséder dans son sein '. »
La joie fut plus grande encore quand u l'auguste prélat » lui-même daigna se rendre au club. Il y fut accueilli « aux applaudissements de toute l'assemblée», et M. le président lui adressa une harangue dans laquelle il lui exposait rapidement la vive satisfaction de tous de le voir au milieu d'eux. « Dans la réponse du digne prélat à ce discours, il donna à connaître, d une manière non équivoque, qu'il était ami de la Constitution -. »
Quel spectacle étrange ! Un évêque venant consacrer par sa présence la profanation d'une église arrachée au culte par une municipalité impie et aveugle, sans qu'elle ait même pris la peine de prévenir l'autorité ecclésiastique !