ventôse an V; ibid., pièce
5. « Comment se fait-il, écrivit-il à lieims, que ratîaire Loriquet n'aille pas plus vite. Finissez-en tout de suite. » Cité par Henrion, Vie du H. P. Loriquet, 3ô.
se prolongeait. Celui-ci, inlormé de la perte des pièces fournies pour sa défense, y vit la cause probable de ces longs délais. 11 se crut donc autorisé à solliciter hardiment son élargissement provisoire. Sa demande resta sans réponse.
Force lui fut de se faire justice à lui-même. Depuis quelque temps déjà on le pressait de briser ses chaînes ; des amis sûrs se mettaient à son service, ses geôliers étaient disposés à fermer les yeux ou à les détourner ; il linit par se rendre à de telles instances : le 15 août 1 797, il franchissait les murs qui l'avaient trop longtemps enserré.
Loriquet était libre, mais il restait dans une situation fausse et dangereuse. Heureusement, les années, en s'écoulant, allaient tout régulariser. Le (> floréal an X (^6 avril 1802), une loi avait été votée qui rendait la patrie à certains émigrés. Loriquet se trouvait dans Tune des catégories favorisées : il résolut d'en profiter.
En conséquence, à la fin de ce même mois, il faisait une démarche décisive dont voici le procès-verbal :
« L'an X de la République française, le 2Î) floréal, est comparu par-devant nous, préfet du département de la Marne, séant au conseil de préfecture, le citoyen Jean Nicolas Loriquet, prêtre, natif d'Epernay, âgé de trente-cinq ans, demeurant à Chàlons (sans surveillance), prévenu d'émigration, lequel, pour satisfaire à larlicle 7, titre L' de la loi du 6 tloréal courant inscrite au registre de la préfecture du 16 dudit mois, a fait les déclarations, serment et renonciation prescrits
par les articles 3, -4 et 5 de ladite loi dans les termes suivants :
« Je déclare être dans l'intention de profiter du bénéfice de l'amnistie.
« Je jure d"ètre fidèle au gouvernement établi par la Constitution et de n'entretenir ni directement, ni indirectement, aucune liaison ni correspondance avec les ennemis de l'État.
« Je déclare aussi n'avoir obtenu des puissances étrangères aucuns titres, places, décorations, traitement ou pension.
u De tout quoi il a été dressé le présent acte que ledit Loriquet a signé avec nous les jour, mois et an que dessus '. »
Six mois plus tard, ±1 brumaire an XI (13 novembre 180:2;, cette soumission recevait sa sanction officielle. Le grand-juge et ministre de la Justice, après en avoir rappelé les trois éléments, prenait l'arrêté suivant :
(( Article premier. — Amnistie est accordée pour fait d'émigration à Loriquet (Jean Nicolas).
u Art. :2. — Il rentrera en conséquence dans la jouissance de ceux de ses biens qui n'ont été ni vendus ni exceptés par l'article 18 du sénatus-consulte -. »
II avait fallu presque sept ans pour qu'en ces jours de singulière fraternité une injustice fût partiellement réparée.