‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 147 sur 206 · En Heigiquo · texte numérisé non relu

En Heigiquo

L^E FAMILLE D OL'VKIERS 239

A mon retour, je me porte heureusement aussi bien qu'en partant. Il me reste encore de quoi faire plusieurs promenades même plus longues... Si dans la suite mes propres parents éprouvaient quelque maladie, vous me feriez plaisir de ne m'en parler qu'après le danger passé, afin de m'épargner la vive inquiétude que j'éprouve jusque dans le sommeil.

(( Il n'a tenu qu'à moi de demeurer dans la même pension où j'étais ci-devant, chez le même chanoine qui m'a généreusement offert sa maison. Nous nous écrivons souvent. Notre seigneur évêque demeure à Bruxelles.. , .l'ai obtenu de lui un certificat... qui ne peut que m'être très utile, ignorant absolument la suite des événements que Dieu seul peut connaître.

« Quoi qu'il arrive, je continuerai avec le secours de la grâce de demeurer fermement attaché aux principes sacrés de la foi et à la sainte doctrine de l'Eglise catholique, hors laquelle il n'y a point de salut. Le monde ni le démon ne réussiront jamais à altérer en moi la pureté de ces sentiments. Si comme tant d'autres je n'ai pas l'honneur de mourir martyr, au moins j'aurai l'avantage, comme l'obligation, d'être confesseur de la foi, pour la cause de laquelle jai été, ainsi que beaucoup d'autres, condamné à l'exil qui est aussi doux et consolant qu'on l'avait cru devoir être amer et affligeant.

u Donnez-moi quelques nouvelles détaillées par rapport à notre frère, et surtout par rapporta mes pauvres père et mère auxquels je suis le plus sensiblement fâché de ne pouvoir procurer secours, eu égard à la cherté des vivres en France. Je pense très fréquemment à eux ainsi qu'à vous et à ceux auxquels je suis

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attaché, et toujours avec de nouveaux sentiments de peine sur leur sort.

« Quant à notre frère, je vous prie, au nom de Dieu, de ne pas réaliser une fatalité aussi déplorable que fréquente, qui est que deux frères semblent no pouvoir être voisins et bons amis.

(( Assurez de mes plus affectueux sentiments ma famille et mes amis, et agréez ceux avec lesquels je suis très sincèrement, mon très cher frère,

« Votre très affectionné frère, « Pasquier, j5r6?//'e '. »

A ces quatre lettres dexilés, j'en ajoute une cinquième, venue de France, mais écrite par un ecclésiastique détenu, lettre qu'on s'était empressé de verser au dossier Crouillière, comme preuve des sentiments antirévolutionnaires de cette famille.

« 19 juin 1193.

Mon su: un ei c:heu ami,

« Je ne puis différer plus longtemps à vous écrire : je suis on ne peut plus en peine de ce qui se passe dans votre ville, surtout dans votre famille... 11 n'y a pas de jours que je ne pense à vous.

« Depuis environ huit mois que je vous ai écrit, j'ai

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