Né ù Coulomuiicrs en 176u
Ui\ PHÈTRE JOUEUR 3il
Ce n'est pas toutefois qu'ils approuvassent son attitude, surtout dans l'affaire du serment ; mais par délicatesse naturelle sans doute, par respect pour sa bonne foi peut-être, ils ne le blâmaient qu'indirectement, par contraste.
On trouve, il est vrai, dans son dossier, une lettre vigoureuse, très vigoureuse même, mais elle est adressée à un inconnu. Si donc, comme on peut le supposer, elle était destinée à le faire rentrer en lui-même et à l'éclairer, la leçon ne lui arrivait que par ricochet pour ainsi dire. Elle était dure assurément; mais la sévérité en était adoucie pour lui et, tout en mettant à profit ces pages énergiques, il pouvait presque s'imaginer qu'elles ne l'atteignaient pas. J'en cite quelques lignes : Je ne suis, disait Paul Poignier ^ propriétaire et cultivateur, je ne suis « ni religieux, ni ecclésiastique, encore bien moins noble, et certainement très roturier... Je ne perds à la Révolution aucune charge, aucun emploi... il n'y a que la vérité, la justice et le zèle de la vraie religion qui m'animent ». Après ce préambule, il nomme plusieurs religieux fidèles à leurs vœux en dépit des persécutions et affirme qu'ils se lèveront au jour du jugement contre les prévaricateurs. « Moi-même, terminet-il, oui, je vous le dis, moi-même avec cette lettre je m'élèverai {sic} aussi contre vous et dirai que je vous ai averti, que je vous ai écrit, que je vous ai sollicité, que je vous ai conjuré au nom de Jésus-Christ et de son I^glise, au nom de votre véritable honneur et de votre salut, de rentrer en vous-même, de faire pénitence de vos égarements et de réparer autant qu'il est en vous