Je n"ose assurer que j"ai bien lu ce nom
le scandale de votre désertion '. » Ce langage était virulent, on en conviendra.
Beaucoup moins dures étaient les lettres qu'on lui adressait à lui-même. On y visait pareillement à l'éclairer, aie ramener dans le droit chemin, mais avec quelle discrétion ! Pas un reproche direct, pas un mot de hlàme pour des serments prêtés peut-être avec une certaine inconscience. On se contentait, par une condescendance vraiment évangélique, de raconter simplement ce que d'autres faisaient; la comparaison avec sa propre conduite devant suffire, on Tespéiait, à lui ouvrir les yeux et à lui donner Ténergie du devoir.
Les lignes suivantes, par exemple, semblent destinées à lui rappeler comment il faut renoncer à toute dignité ecclésiastique dès que la conscience Texige, à lui faire comprendre que la plus petite compromission est indigne d'un prêtre. Le 24 novembre 1790, l'un de ses anciens amis lui écrivait: « Je puis dire maintenant avec le pieux auteur de V Imitation : Nihil sum, nihil po^sum^ nihil valeo. Je ne suis plus ni chanoine, ni titulaire, ni bénéficier, etc. ; aujourd'hui, après vêpres, les membres de l'administration du district composant le directoire se sont présentés dans notre église et devant notre chapitre, et là debout et nous aussi nous ont signifié en règle la dissolution de notre corps et la cessation de nos fonctions sacrées au chœur. Le discours de l'orateur était serré et impérieux, quoique mêlé d'expressions honnêtes... Notre cher et digne chef a été notre organe ; il a répondu en peu de mots que nos dignités et nos places tenaient à la hiérarchie,