‹ Fraternité révolutionnaire; études et récits d'après des documents inéditsChapitre 5 sur 206 · lbi,l · texte numérisé non relu

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les A)7us de la Constitution. Il apprendra de la sorte quelle était Torganisation de ces groupements encombrants, dans quels milieux ils se recrutaient, quels empiétements ils se permettaient et quelle tyrannie ils exerçaient. Inutile d'ajouter qu'en lisant les pages consacrées ici à ces questions on devra se souvenir que ce qui se faisait dans le Morbihan se faisait équivalemment partout ailleurs ; que, par suite, en connaissant Tun de ces clubs, on connaîtra tous les autres, au moins dans leurs grandes lignes.

Ce fut donc le 11 février 1791 que les patriotes vannetais « se constituèrent en Société des Amia de la Cons/iti'ii'tn ' ».

Ce méniejour, après avoir adopté le règlement ordinaire 2, ils décidèrent qu'à leur tête serait un président •^ aidé de secrétaires dont le nombre varia. L'organisation se compléta par Tadjonction d'un trésorier ''

1. Si.iMcc (lu vendredi II février 1791 : procès-verbaux de la Sorirh- des Amis (/e 1(1 ('(nislUution établie à Vaiuies.

■2. (»ii cil |M'nl voir un en seize articles aux Archives départcuienlales de l.i Sarllie.

:{. D.ins une se-uire suhse(|nente. 13 avril IT'.»!. on arrêta qu'il scr.iit loisilde de elinisii-. pnur |)résider. uièine un oflicier. En réalilé. on nr le lit j.iui.iis.

i. Il sriulilr liicn (pic cette fonction ne fut pas une sinécure. — l*oiir <di-i' iiicinlire du club des .t////.s ite la Constitution, il fallut p.iycr cil iipic innée la snninie de six francs, bientôt ramenée a trni- IYmiic^ [loiu-lcs cnf.ints dont les pères étaient affiliés ; le liMit dcviiiir . à>nbvenir .nix fr.iisrt déitenses de l;i Société ^>. La c.'ii-iiion. on le voit, ét.iil relaliveuient uiodi(pn\ Pourtant le rccoiiviciii.iii > ,11 opéiaii .is-^ez diflicileinent. << Létat des fonds de II >oci.|r .1 nccii|ic I '. I S sc lu blcc . lisous-nous d.ms le procèsvcrb;il du !'.• iiiii M'Jl : 1 invitation a été faite à tous les membres d<- verser ;mi trc>orici- c ipi'ils doivent de leur semestre. » Deux f(»i> dans b- dix jours «pii Miivirent. on revenait à la cbar-j^e. et des instance-. ét;uent nilerées aux intéressés, pour qu'au moins

L ORGANISATION DL CLLB 7

et de deux commissions, Tune chargée de la correspondance,et l'autre du bon ordre et du fonctionnement régulier du club'. Ces divers officiers, élus au scrutin, n'étaient nommés que pour un mois.

Les réunions, qui d'abord eurent lieu tous les jours ou à peu près -, s'espacèrent bientôt ; dans la suite, elles ne devaient plus se tenir que deux fois la semaine-^, et enfin les jours de courrier seulement ; ce qui n'empêchait pas d'indiquer des séances extraordinaires toutes les fois qu'on le jugeait utile : lorsque, par exemple, les électeurs étaient à Vannes, lorsque des troupes de passage y séjournaient quelque temps, lorsque « nos

ils consentissent à déclarer ce dont ils étaient redevables. Malgré cela, le trésorier peu après, rendant compte de l'état de la caisse, se voyait contraint dinsister sur la négligence des frères anciens «qui ne payaient point leur trimestre » et celle des nouveaux initiés qui n'avaient point encore soldé leur denier d'entrée (6 déceml)re 17!J2). Force fut même parfois d'en venir aux menaces. Un zélé proposa dans la séance du 20 mai llOi « (ju'on nommât un comité pour vérifier sur le registre du trésorier les p.iyeuients faits ou refusés, pour que ces derniers (les récalcitrants) fussent rayés de dessus le tableau: un autre demanda qu'on envoyât aux clubs voisins les noms de ceux qui auraient été rayés. La Société arrêta ces deux articles. » Quelques jours plus tard (31 mai 1791), elle renouvela ces rigueurs, en excusant toutefois ceux qui. par pauvreté, ne pouvaient verser leur cotisation. Enfin, un membre ayant été congédié, on décida qu'il serait légalement forcé de solder le trimestre échu lorsqu'il se retira, et le premier secrétaire fut chargé de la poursuite de cette affaire. (Séance du 28 mai 1791.) Tout cela n'empêchait pas qu'on ne fût souvent obligé de constater le déficit de la caisse. Les Amis de la Constitution, si généreux en dénonciations. — les procès-verbaux nous le disent à chaque page. — l'étaient moins quand il s'agissait de leurs écus.

1. Cette dernière ne fut créée qu'au bout de quelques mois. — Les Amis de la Constitution du Mans n'établirent pas seulement deux, mais cinq commissions. Cf. .Vrchives départementales de la Sarthc.

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