Séance du 8 mai
'1. Séance du samedi 31 mai 179:
74 FRATERNITE REVOLLTIONNAIRE
Les dangers que créaient les dispositions suspectes de certains gardes nationaux écartés, tout n'était pas fini; et les clubisles n'avaient pas suffisamment rempU leur rôle de sauveurs. La municipalité lapprit à ses dépens.
Les yeux de la population vannetaise étaient encore choqués par des traces trop apparentes et trop nombreuses d'un passé détesté. Il fallait qu'une cité dont les murs abritaient une réunion des Ami6 de la Constitution fût débarrassée au plus tôt de ces vestiges de la tyrannie et de la féodalité. Dès sa première séance, le zèle de la Société se manifesta sur ce point. « Un honorable membre » avait remarqué que plusieurs édifices publics et particuliers portaient des armoiries extérieures : n'était-ce pas intolérable pour des amis de l'égalité ? 11 signale la chose à l'assemblée, et à l'instant, dune voix unanime, celle-ci décide d'enjoindre à lautorité communale de les faire disparaître sans, retard; ce qui s'exécuta ponctuellement.
C'était un premier succès ; mais nos chatouilleux bourgeois ne pouvaient s'en contenter. Aussi revinrentils bientôt à la charge. D'ailleurs il y avait urgence. Qu'on en juge. A Vannes, au chef-lieu du Morbihan, on lisait encore, en mars 1791, des noms de rues <' rappelant le souvenir d'une hiérarchie qui n'existait plus et à laquelle les Français avaient renoncé sans retour' n\ il y avait la rue des Chanoines, des Ducliesses, du Chapitre, etc. ! Quoi de plus choquant pour des hommes émancipés! Les clubistes sentirent l'inconvenance de telles dénominations, et la municipa-