Séance du 11 septembre
4. Une députation va « présenter les remerciement? de la Société à messieurs du département qui ont parfaitement entré dans ses vues en renvoyant un commis de leurs bureaux, vivement soupçonné ». Séance du mardi 12 juillet 1791.
88 FRATERNITK RÉVOLL'TIONNAIRK
dans la séance du ^1 juillet 1703, « le président donna lecture d'une lettre du département à la Société, (lettre) dont l'objet était de désabuser, par un exposé lumineux de la conduite et des principes de cette administration, tous ceux qui auraient conçu quelque soupçon sur la sincérité de son attachement à l'unité et indivisibilité de la république ».
Cet ciïaccmont des diverses administrations locales^ accrut l'outrecuidance des clubistes. Puisque dans le Morbihan tout cédait si facilement au moindre signe de leur voloiîté, pourquoi ne parleraient-ils pas avec hardiesse aux représentants de la France, aux assemblées parlementaires, sous quelques noms qu'on les dési;^"nat? Nos bourgeois émancipés n'étaient pas hommes à reculer devant cette audace. Entrons dans certains détails, au risque de tomber dans une sorte de monotonie. Ce spectacle est trop instructif pour que nous n'y fixions pas, du moins en passant, nos regards. Nous verrons que, si Jes députés recevaient autant de conseils, d'encouragements et de dénonciations des autres parties du pays que de ce coin de la province, ils devaient se trouver fort empêchés de remplir la tâche dont on les chargeait.
1. I.os aiitorilcs « rct^t'néréos » par l^rieiir de la Marne ne semblent pas s\''tre ((nirhées aussi facilement sous la tyrannie du club : du moins, « la dclianre fut bientôt à l'ordre du jour entre elles et la Socirtr />. Cf. lettre de Tréliouart à Prieur, 15 frimaire an II (;> drcembre \1'X\ . Archives nationales, AFii, 277, plaquette 2321, pièce 62.
Les clubistes de Vannes étaient prêts à donner sur toutes choses des avis dont nul ne sentait le besoin.
1/armée pourtant, je l'ai noté, semblait attirer plus particulièrement leur sollicitude.
C'est en faveur des prisonniers pour désertion qu'ils interviennent tout d'abord près de nos représentants. Ils réclament pour eux, on ne sait vraiment pourquoi, une amnistie prompte et complète. Leur crime, disentils, n'est pas si grand ; s'ils ont abandonné le drapeau, c'est qu'on prolongeait leur service outre mesure'. Plus tard même, cette bienveillance pour les coupables prit de plus amples proportions : ils demandaient qu'on les relâchât tous sans même connaître des causes de leur incarcération-.
Une autre catégorie de militaires attira pareillement l'intérêt des A7nis de la Conslitution. On refusait d'enrégimenter « les soldats qui avaient été congédiés dans le moment de la Révolution pour s'être montrés citoyens ». Par bonheur, le club de Vannes veillait, et nos législateurs, mis par lui au fait de cette situation, purent y apporter remède.
Ils purent semblablement, grâce à la même intervention, protéger plus efficacement les braves défenseurs de la patrie contre les injustices possibles des tribunaux militaires. Un membre, en effet, suggéra aux députés d'ordonner qu'un officier reconnu coupable d'avoir condamné à tort dans un comité de discipline, serait puni du double de la peine infligée; qu'en outre, dans chaque conseil de guerre, il y aurait un nombre
î. Séance du "j mars 1791.