Séance du 17 mai
une loi provisoire qui permît de chasser temporairement de leurs domiciles les prêtres réfractaires ou simplement démissionnaires pour refus de serment, les violents revinrent à la charge. De nouveau, bien que la diver^^i'ence portât « beaucoup plus sur la formalité de cette dernière motion que sur le fond de la question », on se sépara sans prendre de résolution.
Cette conclusion était une reculade ; les modérés fléchissaient. Aussi la bataille ayant peu après recommencé, cédèrent-ils piteusement, et le club décida qu'il serait « député vers MM. les administrateurs du département et MM. les commissaires du roi pour les prier de rendre une ordonnance qui contraignît tous les prêtres qui avaient refusé le serment de s'éloigner au moins à quatre lieues de leur résidence au fur et à mesure qu'ils seraient remplacés ^ ».
Ce premier succès encouragea les ennemis du clergé fidèle. Deux semaines ne s'étaient pas écoulées qu'ils reprirent les armes. Cette fois ils ne réclamaient pas un châtiment général; ils voulaient seulement qu'on aggravât les mesures précédemment approuvées en envoyant à Lorient une quinzaine d'ecclésiastiques qui, disaient-ils, « parleurs propos, leurs actions et de fourbes menées, troublaient la tranquillité publique et bouleversaient la ville et les campagnes voisines- ». Quelques clubistes défendirent les accusés, « qu'ils respectaient et que même ils croyaient incapables d'employer aucun moyen pour troubler l'ordre ^. » Ils