Séances du sametli 26 mai et du vendredi 1"" juin
3. Séance du mardi 29 mai 1792. — (Vest ce que fit le conseil général du département. Le 14 août 1792. les neuf tyranneaux qui le composaient, tous membres influents du club, signaient l'arrêté suivant :
« Abticle i'hemiek. — Les administrations de district sont autorisées à arrêter et faire conduire directement à la citadelle de Port-Louis liius les ecclésiasliques non assermentés, vagabonds ou perturbateurs, et généralement ceux dont la détention leur paraîtra utile à la tranquillité de leur ressort.
« Art. 2. — Sans préjudice de cette mesure, le conseil se réserve et à son directoire de prendre contre tous les ecclésiastiques non assermentés de son territoire, et suivant les circonstances, tous et tels arrêtés qu'ils jugeront convenables.
« Art. 3. — Elnfin arrête que TAssemblée nationale sera suppliée d'ordonner la déportation de tous les ecclésiastiques du royaume non assermentés. » — Archives départementales du Morbihan, série L.
à la hâte, que pour des défenseurs acharnés de la loi, une telle conduite paraît tout au moins surprenante.
Quelques mois plus tard, on osa aggraver encore ces mesures oppressives. On demanda notamment au ministre de rintérieur de transférer les ecclésiastiques fidèles au mont Saint-Michel et de réduire leur traitement journalier à dix ou quinze sols '.Enfin on sollicita de la Convention elle-même des gratifications pour ceux qui feraient saisir Tun de ces malheureux^ et, par contre, des impositions extraordinaires sur les communes où Tun d'eux serait arrêté ^^ Et aussitôt, sans doute pour ôter tout scrupule aux citoyens timorés, on applaudit vigoureusement un membre qui, séance tenante, donnait Texemple de ces odieuses délations prônées à ses côtés '*.
Voilà jusqu'à quelles profondeurs étaient descendus ces apôtres de la fraternité révolutionnaire. Bientôt, pourtant, ils trouvèrent moyen de s'enfoncer plus avant encore.
u Les prêtres sont les causes de tous nos maux, s'écria l'un des clul)istes dans la séance du quatrième jour de la première décade du second mois (:25 octobre 1793). lùi restant sur le territoire delà république, ils ont désobéi à la loi ; ils doivent en être punis. Je propose donc ce qui suit :
« 1° Que dans une proclamation on fixe un délai de