I.es deux hantes parties contraetantes pro
mettent anssi solennellement de se garantir réci- i
proquement tontes les possessions ci-dessns spé- j
ciliées, de manière qu'elles soient comprises dans |
la garantie générale de tons leurs états, tMle i
qu'elle a été stipulée par le traité d'alliance, j
qui subsiste entre les deux cours. |
Et comme il sera nécessaire d'en venir à 1: un arrangement détinitif avec la Ilépubliquc de ^| Pologne, 8a Majesté l'Impératrice de toutes les ji Russies et Sa Majesté le Roi de Prusse, s'engagent aussi à donner à leurs ministres résidents à Varsovie les instructions les plus précises, pour agir en tout d'un comman accord et parfait concert, et pour appuyer les intérêts communs des deux cours par les représentations les plus con- ;l A'enables et les démarches les plus propres à i| faire réussir cette négociation à la satisfaction ij des deux hautes parties contractantes. |î
Cette convention sera ratitiée et les ratili- |' cations échangées dans l'espace de six semai- j nés, ou plutôt si fiiire se pourrait. En foi de ]{
quoi les ministres soiissig'iiés en ont fait faire deux exemplaires et y ont apposé le caehet de leurs armes.
Un article secret particulier y est inséré contre FAutriche, dans le cas où elle déclarerait la guerre à la Russie. Pour cette éventualité, le Roi promet 20,000 hommes de troupes auxiliaires en Pologne, pour y opérer conjointement avec les 50,000 Russes, et si ce secours n'était pas suffisant, le Roi veut agir avec toutes ses forces et faire une diversion dans les états autrichiens. — De même, Tlmpératrice promet, si TAutriche voulait attaquer le Roi, de lui envoyer 'GOOO hommes dinfanterie et 4000 cosaques, et même de doubler ce nombre, si ses propres atfaii-es le lui permettent. Mie s'engage aussi de ne pas réduire son armée de 50,000 hommes en Pologne, atin de tenir les Autrichiens en respect de ce côté. L'Impératrice promet en outre, après conclusion de sa paix avec les Turcs, non seulement d'envoyer 20,000 hommes au Roi, mais aussi, avec son effectif de 50,000 hommes en Pologne, d'opérer une diversion en Hongrie, pour obliger l'Autriche à une paix équitable, et même à une indemnité, comme le Roi de Prusse aurait le droit de Texiger.
Këflexions de Sa Majesté Prussienne
sur le moment le plus favorable pour |
la prise de possession des aequisitions '
à faire en Pologne. |
Je crois, qu'il faut rejeter toute idée de se concerter avec la cour de Vieune sur les acquisitions à faire en Pologne^) à cause que cette cour se trouve mal disposée envers celle des Russies, et que le Prince de Kaunitz, le plus lier des hommes, se croyant alors, non sans quelque raison, l'arbitre du Nord et de rOrient, se complairait à humilier ceux, qui lui feraient de telles propositions, et à décider de leur sort. Je sens que j'ai le coeur trop haut pour me soumettre au jugement de ce ministre, et je ne crois pas, que personne en Russie conseille à l'Impératrice, d'assujettir ses démarches aux tantaisies du Prince Kaunitz; comme
*) En conséquence, non seulement il n'y avait rien été stipulé à Neustadt avec rAutriche, mais rien encore j dans le moment actuel. j|
si lions ne poiiv'ions nous mettre en possession de ce qne nous croyons nous convenir, sans son investiture et son approbation. Il me semble, au contraire, qu'il vaut mieux imiter la conduite de la cour de Vienne, qui, sans se concei'ter avec personne, sans en demander la permission à aucune autre puissance, s'est mise tout uniment en possession de plusieurs starosties, se réservant à expliquer ses droits à la Diète de la paciiieation des troubles en Pologne. Reste encore à savoir, si, pour prendre possession, il est plus avantag-eiLX d'attendre, que la paix avec les Turcs soit conclue, ou de frapper le coup, lorsque une armée Russe avancera, sur les bords Méridionaux de la Yistule. Dans le premier cas, croiton g-agiier par là, que les Tm'cs, hors de jeu, ne se mêleront plus de ce qui regarde la Pologuie? Pour moi, je soutiens au contrake, qu'une entreprise pareille après la pacification ferait plus de bruit, occasionnerait plus de troubles, que si elle se fait dans le moment que je détermine, et voici mes preuves. — p]xcités par les clameurs des Polonais, les Turcs ciieront^ que la Russie et moi, voulons envahir, la Pologne et que les Russes, par un manque de foi, .violent la paix immédiatement après sa conclusion. — I^a cour de Menue profitant de ces avantages,
soufflera au feu, augmentera le trouble, et agira II. u
avec plus de vivacité que jamais. Or, pour ne pas embrouiller les affaires, il est donc plus simple, de se mettre en possession de ce dont on sera convenue, dès que les troupes Russes seront sur la Vistule: primo: nous ne ferons que suivre l'exemple des Autrichiens, secundo: cette même armée sur la Vistule, ne pouvant pas manquer de faire une forte impression sur les Autrichiens, les contiendra: tertio: si nos ministres à Vienne font alors une déclaration à cette cour, des raisons que nous avons eues de faire ce partage, elle sera obligée d'y consentir, et si elle n'est pas contente de sa part, quelle se dédommage elle-même, soit par Belgrade ou par quelques staroties à sa bienséance. Quarto: Quant aux Turcs, il vaut mieux que cette prise de possession se fasse avant aucune négociation entamée, parce qu'on leur fera avaler la pilule doucement, si on lem* signitie, que c'est un équivalent en faveur duquel on leur restitue la \^alachie et la Moldavie, et de plus, en leur faisant voir, que les Autrichiens de leur côté nous en ont donné l'exemple, en agissant de même. Pour ce qui est les Polonais, il faut s'attendre qu'ils jeteront les hauts cris, en quelque temps que la prise de possession s'effectuera, car cette Nation, vaine et intrigante, crie de tout; mais l'armée sur la
Vistiile fera bientôt cesser les clameurs, et après la conclusion de la paix avec les Turcs, ce sera elle, qui pacifiera la Poloo-ne. — Voilà un raisonnement suivi et étendu sur cette matière.
Du Ministre Prussien à Vienne Rhods au Roi.