‹ Frédéric II, Catherine, et le partage de la Pologne; d'après des documens authentiquesChapitre 16 sur 45 · Février · texte numérisé non relu

Février

Je profite du passage (ruii courrier de la Cour de Vienne, qui va porter la réponse au dernier Mémoire de celle où vous êtes, relativement à la négociation de la Faix, pour vous faire parvenir une copie de cette même réponse. Cette réponse me fait beaucoup de plaisir par le ton honnête et amical que la Cour de Vienne y a pris, et je me félicite véritablement de ce que les représentations vives et pressantes, que je lui ai fait passer par le canal du Baron de Swieten, l'ont enfin engagé à se relâcher sur bien des articles. Il est vrai, qu'il reste encore à s'entendre sur quelques formalités qui pourront survenir, mais il ne faut pas que la Russie s'y arrête, elles sont de faible composition, et ce qu'il importe à mon avis le plus, c'est qu'elle profite du premier moment et adresse sans le moindre délai les insinuations et ordres nécessaires au Comte de Romanzow, poiu* s'arranger tout de suite avec les jMinistres de la Porte sur cette négociation. Il faut pourtant toujom's com-

iiieiicer par rarmistice. C'est un préliminaire très nécessaire à tons égards, et qni poiu-ra faciliter la fixation du Congrès. J'espère même, quil ne sera pas difficile d'écarter toutes les formalités qui poiUTaient en arrêter le succès, et je me flatte au reste, que toute cette négociation tournera à la satisfaction de sa Majesté rimpératrice de Russie. — C'est une vraie fatalité, que ma goutte ne me permette pas encore d'entrer avec vous dans un plus grand détail sur cette importante négociation, mais en attendant vous pourrez assurer le Comte Panin, que j'emploierai tout mon savoir-faire, pour porter la Cour de Vienne, à désirer elle-même le rétal)lissement de la Paix, et à y travailler par un principe de son propre intérêt. D'ailleurs, si la Russie veut s'entendre, tout de suite, avec la Cour de Vienne sur la prise de possession de nos acquisitions réciproques en Pologne, je n'ai absolument rien à y opposer; bien au contraire, j'en serai charmé, puisque, ni plus ni moins, il faut pourtant y venir une fois, à en fixer le terme. Que la Rusie ait ensuite besoin ou non de mon corps auxiliaire; que ce soit au mois de Mai ou de Juin, cela même sera égal, pourvu qu'il soit une fois concerté, et que je sache à quoi m'en tenir.

Le Roi au Comte Solnis.

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