‹ Frédéric II, Catherine, et le partage de la Pologne; d'après des documens authentiquesChapitre 21 sur 45 · Avril · texte numérisé non relu

Avril

Le pins important dans le moment présent, c'est de déterminer la portion qne la Cour de Vienne demande de la Pologne. Selon ses dernières propositions elle lui donne une très grande étendue, et qui excède de beaucoup l'égalité qu'elle s'est stipulée d'abord par l'Acte qu'elle a signée avec nous. Je me réfère à cet égard à mes derniers ordres, et j'attends avec impatience d'apprendre, comment ces propositions seront accueillies en Russie. Si la Cour de Vienne obtient tout, il n'y aiu'a plus aucun équilibre entre nos acquisitions, et la balance penchera d'autant plus de son côté, qu'elle est déjà à l'heure qu'il est plus puissante que moi. Pom-, la rétablir dans un juste équilibre, il faudra de toute nécessité rendre les nôtres également plus considérables, afin qu'elles aient une plus juste proportion avec les siennes. Mais pourvu que la Russie ne précipite rien en tout ceci, je me flatte, que tout

pourra s arranger encore amicalement à Pétersbouro-, et en effet, elle fera bien daller bride en main, afin de ne pas renverser un concert qu'on a eu tant de peine à établir. — Je viens d'apprendre par les dernières lettres de Vienne, que le Général Esterhazy avance déjà plus avant avec le cordon en Pologne, et que son corps est d'environ 20,000 hommes, tandis que le Général Altlian y entrera avec un autre de 7000 hommes, du côté de la haute Silésie, de sorte que le Prince Kaunitz tâche de gagner de vitesse par cette prise de possession des districts, Cj[n'il veut api)roprier à sa Cour.

Extrait d'une lettre du Prince Henri de Prusse au Comte Solms.

Avril 1772.

Dans toute cette affaire (de rarrangemeiit en Pologne) je n'ai point pensé à mon propre avantage, ni à mon établissement. Lorsqu'il s'agit du bonlieur des états, il ne faut pas y mêler les intérêts particuliers. Je suis glorieirx d'avoir servi une grande Impératrice, et d'avoir été utile au Roi et à ma patrie, et cela me flatte davantage que si j'avais stipulé quelque Domaine pour moi, ce qui peut-être aurait été possible d'obtenir, si je l'avais entrepris. Il est vrai que je puis me dire, que mon séjour à Pétersbourg a été marqué par le commencement des négociations pour la plus grande réunion entre le Roi et la Russie. Je puis aussi me flatter, sans prévention, et j'en ai là-dessus l'aveu du Roi dans plus de vingt lettres de sa main, d'avoir mis sur le tapis l'affaire qui a donné lieu à la Convention. Mais je ne demande ])Our cela ])oint de réconqiense, je n'ambitionne que la gloire, et je vous avoue, que je

— Home trouverais heureux de la tenir de Sa Majesté l'Impératrice de Russie. Ce qui pourrait se faire, si Elle daignât à l'occasion de la prise de possession, m'honorer d'une lettre ostensible pour me témoigner sa satisfaction, qui pût me servir de preuve, d'avoir contribué à ce grand ouvrage. Je vous le répète avec franchise, que je regarderai une telle lettre de Sa part comme le plus grand monument de ma gloire.

Du Comte Solnis au Comte Panin.

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