‹ Frédéric II, Catherine, et le partage de la Pologne; d'après des documens authentiquesChapitre 28 sur 45 · Juin · texte numérisé non relu

Juin

Je m'aperçois avec une satisfaction sans égale de la confoniiité des sentimens et des idées qui s'établissent entre moi et la Russie. Il en résultera une imj)ossibilité morale, de pouvoir jamais rom])re l'union intime et étroite qui subsiste entre nos deux Monarchies. Cette perspective a trop de charmes pour moi, pour ne pas contribuer de tout mon pouvoir à la bien remplir.

Mes avis de Vienne, continuent à assurer les progrès rapides, que les troupes Autrichiennes font en Pologne, pour se mettre en possession des districts que cette Cour demande à obtenir. Elles se répandent déjà dans les Palatinats de Sendomir et de Russie. Le Général Ksterhazy a fait savoir au Général Russien Schirkow, qui commande à Léopol, que le 25 du courant les troupes Autrichiennes occuperaient aussi cette ville. Le Commandant Russien lui a répondu, que, s'il y avait de la place, ils en

seraient bien les maîtres, mais que, la ville étant petite, et la g-arnison Russienne n'ayant pas ordre d'en sortir, il faudrait s'ananger ensemble, et que le surplus de ceux, qui ne pourraient pas y trouver de logement, pourraient se camper aux portes sous des tentes. De sorte quil est bien à présumer, qu'elles l'auront déjà occupée aujourd'hui. Or, si cela continue ainsi, le Prince Kaunitz se servira de cette possession ensuite pour prétexte, de ne pouvoir évacuer ces places sans éclat et sans préjudicier à la gloire de sa Cour. C'est cependant seulement une conjecture à moi, et je ne vous la donne que comme une chose possible. Tout comme il peut être également possible aussi d'un autre côté, que, si la Cour de Russie tient ferme, qu'alors celle de Yieime cédera à ses représentations, et se contentera de ne garder que les places, qu'elle lui a assignées dans sa dernière réponse.

Quant au sentiment du Comte Panin relativement à la Pacitication de la Pologne, je ne trouve pas le moindre mot à redire au plan qu'il vous a communiqué. Et la Cour de Vienne aui'ait Ijien mauvaise grâce de n'y point acquiescer.

Post scriptum ajouté de la propre main de Sa Majesté le Roi.

La pièce que vous m'avez envoyée du Comte de Panin, lui fera honneur en tout genre, elle ira loin à la postérité et attestera aux races futures le sens juste et droit de ce Ministre. Vous lui en ferez mon compliment.

Extrait d'une Dq^eche de Vienne.

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