‹ Frédéric II et Louis XV, d'après des documents nouveaux 1742-1744. Par le deuc de BroglieChapitre 24 sur 48 · D'Ameth, t. II, p · texte numérisé non relu

D'Ameth, t. II, p

évidemment être rendue disponible qu'en la détachant de l'armée qui campait en vue de l'Alsace, et en abandonnant, par là même, loute pensée d'envahissement el de conquête de ce côté. Ce changement de plan de campagne, très raisonnable on lui-même, paraissait devoir être d'autant mieux reçu à Vienne que la reine, en mariant récemment sa sœur, l'archiduchesse Marianne, au prince Charles de Lorraine, avait donné aux jeunes époux, en cadeau de noces, le gouvernement de toutes les Flandres autrichiennes. On connaissait sa tendresse pour les siens et la puissance des sentiments de famille sur sou cœur : du moment qu'elle envoyait la jeune princesse à Bruxelles, on devait supposer qu'elle lui assurait les moyens d'y vivre et d'y régner quelques jours au moins en sécurité. Comment imaginer qu'elle l'y laisserait isolée avec une force insuffisante et qu'elle lui enlèverait son époux dans les premiers moments du bonheur conjugal pour l'envoyer à plus de cinquante lieues de distance commander la principale, la véritable armée de l'Autriche? Ce fut cependant le parti qu'elle prit. Le prince Charles

eut l'ordre exprès, aussitôt après avoir établi sa femme dans la capitale de la Flandre, de lui en remettre le gouvernement et d'aller lui-môme reprendre le commandement du corps d'armée qui, franchissant le Rhin dans son cours supérieur, avait pour mission de rendre l'Alsace à l'Allemagne et la Lorraine à ses anciens maîtres l.

Ce ne fut point le compte de l'Angleterre, où. à l'inverse de ce qui se passait à Vienne, le désappointement, exploité par les partis en lutte, tourna promptement à un complet désarroi. A la vérité, la menace de l'invasion française et l'apparition inattendue du jeune prétendant avaient un moment réuni autour de George tous ceux qui attaquaient ordinairement sa politique et même sa personne. Des adresses respirant la loyauté et le dévouement furent votées à l'unanimité par les deux chambres et couvertes de

!. D'Arneth, t. II. p. 285. — Robiu ou à Carterct, 21 avril 1744. Correspondance de Vienn". — Record Office.) - Coxe, Pelham Papers, i. I. p. l'i.'i. — L'Angletenv insista, au dire de Coxe, pour qui' le prince Charles eûi I'' commandemenl en chef de toutes les troupes réunies, blendcd in one mass ; rllc ne put l'obtenir.

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signatures dans les comptoirs et les magasins de la cité de Londres : des mesures draconiennes, allant même jusqu'à la suspension de Yhabeas corpus, furent décrétées contre les menées des conspirateurs jacobites, de larges subsides furent accordés pour la continuation de la guerre. La nation témoigna de toute manière que, si elle se plaignait souvent de trouver la dynastie nouvelle plus allemande encore qu'anglaise, elle lui savait au moins toujours gré d'être protestante. 3ïais le premier moment d'émotion passé, les dissidences ne tardèrent pas à reparaître. Précisément parce qu'on avait eu h craindre pour la sécurité de Londres même, le Parlement ne s'en montra que plus disposé à exercer une surveillance jalouse sur l'emploi des deniers qu'il accordait; et le vieux reproche toujours fait à la dynastie de Brunswick de n'employer l'argent anglais qu'à la défense de ses possessions hanovriennes retrouva plus d'écho encore que par le passé. Le peu de fruit qu'on avait tiré de la victoire de Dettinguo devint aussi un grief dont les alarmes mêmes des bourgeois anglais servaient à accroître et même à exagérer la gra-

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