CHAPITRE II
INTERVENTION DE LA FRANCE. — ÉTAT DE L'EUROPE ET DE L'EMPIRE AU DÉBUT DE LA GUERRE.
Politique qu'aurait dû suivre la France dans la lutte engagée en Allemagne. — Pourquoi cette politique n'a pas été adoptée. — Souvenir de la lutte soutenue depuis deux siècles contre la maison d'Autriche. — Le succès même obtenu par cette lutte rendait inutile de la poursuivre. — Incerti-
tude dans le conseil de Louis XV. — L'opinion de la cour entraine le gouvernement qui se décide à appuyer l'agression de Frédéric et les prétentions de l'électeur de Bavière. — Le comte de Belle-Isle. — Son origine, ses débuts, son caractère. — Premier entretien de Belle-Isle et de Fleury. — Flenry suit à regret les conseils de Belle-Isle.
Effet de l'intervention de la France. — Frédéric devient l'arbitre de la situation. — Il est recherché à la fois par la France et l'Angleterre. — Nouvel entretien de Frédéric et de Valori. — Il demande à la France une intervention active. — Proposition de médiation faite par l'Angleterre, et repoussée par Marie-Thérèse. — Soulèvement des populations de Silésie. — Inquiétude de Frédéric. — Il se rapproche décidément de la France. — Belle-Isle est envoyé en Allemagne, comme ambassadeur, auprès de la diète d'élection.
État de l'Europe au moment de l'ouverture de la diète. — L'Angleterre. — La Hollande. — La Russie. — La Suède. — Prétentions de l'Espagne en Italie. — Desseins cachés du i de Sardaigne. — État de l'empire. — Morcellement et impuissance de la nation germanique. — Pouvoir nominal de l'empereur, de l'administration, de la justice et de l'année impériales. — Divisions religieuses. — Leur effet accroît les divisions politiques. — Irritation contre la France, commune à tous les partis en Allemagne. — Cause de cette irritation. — Caractère que ce sentiment doit faire prendre au rôle de Frédéric et de la Prusse en Allemagne 144