IV AVANT-PROPOS
adonné à d'autres calculs, nous quittait pour faire consacrer entre ses mains la possession dune riche province qu'il s'était appropriée par surprise et dont la couronne de Prusse jouit encore à l'heure qu'il est. La France s'engagea ainsi tête baissée dans une grande guerre dont toutes les charges finirent par tomber sur elle, et dont, dans la meilleure supposition, elle n'eût tiré qu'un profit imaginaire. Le rétablissement de l'Empire germanique poursuivi dans ces conditions, était-ce autre chose qu'une manière appropriée à l'esprit du temps de concevoir ce vague principe des nationalités, dont nous avons été ainsi deux fois les champions avant d'en devenir les victimes? Sans dénaturer l'histoire par des assimilations arbitraires, on peut en tirer des leçons utiles qui, pour être un peu tardives, ne sont pas tout à fait superflues.
Octobre 1882.
FBEDERIC II
ET