‹ Frédéric II et Marie-Thérèse d'apres des documents nouveaux, 1740-1742 (volume 2)Chapitre 6 sur 52 · Valori à Amelot, 2 décembre · texte numérisé non relu

Valori à Amelot, 2 décembre

lité d'ambassadeur de famille, trouva moyen de pénétrer jusqu'au roi et de lui demander à brûle-pourpoint, par oui ou par non. s'il avait l'intention de maintenir la Pragmatique et l'indivisibilité des Etats autrichiens. « Que dois-je, lui dit-il sans détour, écrire en Angleterre à ce sujet? » Frédéric rougit. « Je sais, reprit-il avec hauteur, que vous n'avez point d'instruction qui vous autorise à me faire cette question, et, si vous en avez reçu, je n'ai qu'une réponse à faire : l'An2leterre n'a aucun droit de me demander quels sont mes plans. Je ne lui fais point de question sur ses armements maritimes ; je me borne à faire des vœux pour que vous ne soyez pas battus par les Espagnols. »

« Je lui répondis, écrit l'agent an dais, que ce n'était pas par une curiosité indiscrète que je le questionnais, mais parce que j'étais inquiet de voir qu'il s'engageait dans une entreprise dont il aurait plus tard lieu de se repentir. — Le roi s'ouvrit alors un peu davantage et me dit : « Mais je n'ai en vue que le bien général. J'ai examiné mes desseins avec soin; j'ai

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pesé les inconvénients et les avantages qui pourraient en résulter pour moi et pour le public, et j'ai conclu que je n'ai rien de mieux à faire que de les exécuter rigoureusement... L'Autriche est une puissance nécessaire pour lutter contre les Turcs, mais elle ne doit pas en Allemagne avoir une puissance assez grande pour que trois électorals ne puissent lui tenir tête. Je sais bien que vous, comme la France, vous voulez mettre tous les princes en tutelle, mais je ne veux être guidé par aucun de vous deux et, quant à vous, vous ressemblez aux Athéniens, qui, pendant que Philippe de Macédoine était prêt à les attaquer, perdaient leur temps en discours1. »

Quand tout était ainsi en rumeur à Berlin, il semble que c'est à Vienne surtout que l'émotion aurait dû être la plus vive. Mais, chose singulière, de tous les centres politiques d'Europe, Vienne fut au contraire celui où on prit souci le plus tard des dispositions belliqueuses de Frédéric. Ce ne fut pas la faute du résident

1. Raûûier, Beitr'age zuv neuen Geschichle, t. u, p. 82 et sui?.

autrichien à Berlin, Demerath, qui avait donné l'éveil dès le premier jour. Mais la jeune reine répondait à ces sinistres pronostics par un sourire incrédule. Douée d'un courage et d'un génie qui devançaient les années, Marie-Thérèse gardait encore quelque chose de la confiance ingénue et des honnêtes illusions de son âge. N'ayant encore fait la cruelle épreuve ni de la perversité humaine, ni delà sécheresse égoïste des politiques, elle croyait au hien, à l'honneur, à tous les nobles sentiments qu'elle portait elle-même gravés dans son cœur.

Elle ne voulait douter ni de l'amitié don* Fleury lui envoyait de mielleuses protestations, ni de la reconnaissance d'un prince dont son père avait sauvé les jours. Le grand-duc, de son côté, qui avait connu Frédéric dam sa jeunesse, comptait sur son amitié. Frédéric, de plus, avait confirmé les deux époux dans cette bonne opinion en leur reconnaissant sans difficulté la qualité royale, et en engageant par son exemple le roi de Pologne à en faire autant. C'était une résolution captieuse dont on devait comprendre le but plus tard, mais qui, à la pre-

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mière heure, causa tant de joie à Vienne, que le grand-duc disait au ministre de Prusse : « Vraiment le roi se conduit envers la reine et moi comme un père, et jamais nous ne pourrons nous acquitter des obligations que nous lui avons. » Persuadée qu'elle avait trouvé dans ce bon voisin un cœur capable de s'intéresser au plus cher objet de ses pensées, la reine poussa même la naïveté jusqu'à lui demander sa voix et son appui pour le grand-duc dans le collège électoral, en lui promettant en récompense une éternelle affection. Quant à ses vieux conseillers, s'ils ne partageaient pas cet aveuglement de la tendresse conjugale, leur inertie et leur paressse s'en accommodaient. Quand on parlait de l'humeur remuante du roi de Prusse : « N'ayez souci, disaient-ils. en secouant les épaules, il sera comme son père, qui a toute sa vie armé son fusil et ne l'a jamais déchargé. » Le vieux Bartenstein, seul, était plus sombre. « On ne sait, disait-il, ce que c'est que ce jeune homme, et j'en avais bien prévenu feu l'empereur, quand il voulait absolu-

ment écrire à son père pour lui sauver la vie1. » Vers le milieu de novembre pourtant, l'horizon s'assombrit de manière à frapper les yeux les moins clairvoyants. D'une part, une concentration de troupes menaçante s'opérait sur la frontière de Silésie, où les possessions de l'Autriche confinaient à celles de la Prusse. Puis, l'attitude du ministre de Prusse à Vienne, le conseiller de Borcke, d'abord très bienveillante, changeait à vue d'œil. d'une manière significative. Il ne parlait plus que sur un ton de jérémiades compatissantes de l'état désespéré de la maison d'Autriche en butte, disait-il, à trop d'inimitiés pour pouvoir leur faire tête à elle seule. Il lui faudrait des alliés, ajoutait-il, mais on n'a pas d'alliés si on ne sait pas les payer ce qu'ils valent, car personne en ce monde ne donne rien pour rien. La phrase de la lettre de Frédéric à Algarotti que j'ai citée, où il était dit que le grand-duc avait la gangrène et ne pouvait guérir que par une opération douloureuse, circulait et donnait lieu à des commen-

i. D'Arneth, t. i, p. HO, 372. — Droysen, t. i, p. 172. — Raumer , Beitrage zur neuen Geschichte, i. n, p. 102 et suiv. i. 7

taires. Gangrène était une métaphore assez claire qui se comprenait d'elle-même. Mais l'opération, quelle était-elle et quel chirurgien s'offrait à la faire ? Il fallut se décider à tirer au clair ce que signifiaient ces offres conditionnelles, que personne n'avait sollicitées, faites au prix de sacrifices indéterminés. La mission d'aller s'en expliquer à Berlin fut confiée à un vieil Italien de grande expérience, le marquis de Botta d'Àdorno.

Botta était un compatriote de Machiavel, dont il avait compris, peut-être pratiqué plus d'une fois dans sa vie, les maximes, bien qu'il n'eût pas employé sa jeunesse à les réfuter. Il ne fut pas plus tôt de l'autre côté de la frontière, que la vue des préparatifs militaires opérés de toutes parts ne lui laissa aucun doute. Tout était prêt pour une marche a dont

la Silésie était l'objet désigné. Il arriva à Berlin tout ému et jetant feu et flammes. Une audience qu'il obtint aussitôt ne le rassura ni ne l'éclaira. Frédéric semblait attendre de lui quelque proposition au lieu de lui en faire et ne le mit sur la voie d'aucune ouverture. Et,

comme pour amener la conversation sur le sujet des armements, Botta insistait sur le mauvais état où il avait trouvé les routes, défoncées par des convois de troupes dans la saison d'automne : « Je n'y vois pas grand inconvénient, reprit le roi avec indifférence, excepté de faire arriver les voyageurs un peu crottés. » Vers la fin de l'entretien cependant, il consentit à dire que son ministre à Vienne était chargé de faire connaître à la reine ses intentions, et qu'afin de compléter ces explications, il allait dépêcher à Marie-Thérèse son maréchal de la cour, le comte de Gotter. « Que la reine réfléchisse bien, ajouta-t-il, sur mes communications, elle verra combien mes projets sont raisonnables et mes intentions pures. Assurez-la de mon dévouement. »

Botta sortit plus irrité, plus effrayé quo jamais. Mais ce qu'il y eut de plus piquant pour lui, c'est que personne ne voulait croire ni à sa colère ni à son effroi. Du moment qu'on avait annoncé sa venue, le bruit s'était répandu comme une fusée, dans Berlin, qu'il apportait un traité d'alliance stipulant le consentement

de Frédéric à l'élection du grand-duc, moyennant la cession de tout ou partie de la Silésie. Ce fut bientôt une conviction générale que tous les indices semblaient confirmer. Cet ambassadeur qui arrivait sans avoir rien à dire et sortait d'une audience où il prétendait n'avoir rien appris : cet autre envoyé qui allait partir avec des paroles d'amitié et de dévouement, mais parle même chemin que des troupes sur le pied de guerre, comment expliquer cet imbroglio autrement que par une partie liée dont on voulait dissimuler la preuve jusqu'à la dernière heure? Les dénégations, les imprécations même de Botta n'y faisaient œuvre. Les fins connaisseurs le félicitaient de cacher si bien un jeu dont ils ne voulaient pourtant pas être dupes. Et quand Botta affirmait que l'Autriche résisterait à toute invasion de ses provinces : « Bon ! disait-on, ce sera encore une comédie. Vous voulez qu'on vous prenne la Silésie et ne céder qu'à la force, afin qu'on ne dise pas que c'est vous-même qui renoncez à la Pragmatique. »

Ajoutez qu'autour de Frédéric d'habiles réti-

cences accréditaient ce bruit par la manière même de le démentir. Valori seul doutait encore, « car enfin, disait-il assez sensément, s'ils sont d'accord, pourquoi tant de bruit et de soldats? » Mais il n'en tenait pas moins sa cour au courant de l'opinion commune. « M. de Botta est arrivé, écrivait-il, le 3 décembre, éprouvant ou jouant la surprise des préparatifs qu'il a trouvés en Silésie : il nie tout accord entre le grand-duc et le roi. » Et le 6 : « M. de Botta a eu une entrevue avec le roi qui l'a assuré de son dévouement à la reine de Hongrie. Il est tout confondu : que signifie tout cela? » Enfin le 10 : « M. de Botta témoigne toute sa colère ; s'il joue la comédie, il s'en acquitte à merveille1. » Mais, le soir de ce même 10 décembre, Frédéric mandait lui-même Botta et, lui annonçant qu'il allait prendre en personne le commandement de ses troupes, il lui révélait le plan mystérieux qui tenait depuis six semaines toutes les imaginations en suspens.

On sait quel était ce plan : ce n'était pas

i. Valori à Amelot, 3, 6, 10 décembre 1740. [Correspondance de Crusse. Ministère des affaires étrangères.)

moins que l'exigence formelle de la cession de la Silésie, signifiée impérieusement à Marie-Thérèse et accompagnée aumème moment de la prise de possession à main armée de cette province, sans déclaration de guerre et même sans avertissement préalable. Touslesdocuments contemporains attestent le scandale et l'indignation universels que ce dessein perfide, éclatant comme une bombe sur l'Europe étonnée, causa à tout ce qui conservait le moindre souci de moralité et d'honneur. Le temps, le succès et la gloire ont depuis lors produit leur effet ordinaire, et l'écho de ce cri de la conscience publique n'arrivait plus que très affaibli à la postérité. Il s'était môme trouvé, en dehors de l'Allemagne, dans ces derniers temps, des historiens sérieux, comme le célèbre Anglais Carlyle, pour entreprendre la justification de ce coup de force. On dirait que les archivistes de Berlin ont pris à taciie de raviver l'impression qui s'effaçait. Ce sont eux en tout cas qui nous ont dévoilé par leurs révélations nouvelles à quel point le caractère déjà suffisamment odieux de l'entreprise avait été aggravé, dès le premier jour, par l'as-

tuce et l'hypocrisie qui présidèrent à son élaboration clandestine.

Tout d'abord il ressort du rapprochement des dates des divers documents publiés à Berlin que ce fut le jour même où lai fut annoncée la mort de Charles VI, que Frédéric avait fait connaître à ses conseillers le dessein arrêté de dépouiller la fille de son bienfaiteur. Pourquoi il avait jeté son dévolu sur la Silésie plutôt que sur toute autre partie du patrimoine de Marie- Thérèse, c'est ce qui s'explique tout simplement par ce motif que cette province, étant continue à ses propres Etats, y ajoutait un complément tout à fait à sa convenance, et se prêtait plus facilement à une mainmise imprévue et subreptice. Quant aux droits qu'il pouvait alléguer pour justifier cette annexion inattendue, on me permettra de ne pas m'en occuper pour plusieurs raisons. La première, c'est que ce côté de la question, comme on le verra, n'a jamais préoccupé Frédéric; la seconde, c'est que, ces droits eussent-ils existé, ils étaient périmés depuis de longues années par l'effet de cette loi tutélaire de la prescription que les anciens jurisconsultes

ont si bien nommée la patronne du genre hu- ] main. Fût-il vrai, comme M. Droysen s'efforce , encore de l'établir à grand renfort de textes juridiques et diplomatiques, que quelques-uns des duchés de la Silésie avaient appartenu autrefois aux électeurs de Brandebourg, et n'avaient été cédés par eux que contre l'échange d'une autre principauté qui fut promise, mais non livrée : qu'importe? Le plus récent de ces faits, vrais ou faux, remontait à 1660; depuis lors l'Autriche et la Prusse avaient vécu en paix pendant quatre-vingts ans, signé plus d'un traité d'alliance, et combattaient en commun, la veille encore, dans la dernière guerre. S'il est permis, après un si long oubli, de raviver des prétentions éteintes, quel prince, quel particulier même, — Macaulay le fait remarquer avec raison, — pourrait dormir en sécurité ? Soyons aussi francs que Frédéric lui-même , tenonsnous-en à l'aveu qu'il fit à Voltaire et que Voltaire, par pudeur, l'empêcha de livrer tout haut à la postérité. Convenons qu'il n'avait droit à invoquer que celui qu'il tenait de ses troupes prêtes à agir et de son épargne bien garnie;

ajoutons, si l'on veut, pour être complet : delà faiblesse et du malheur de Marie-Thérèse1.

Quoi qu'il en soit, Y rdre fut signifié aux deux ministres Podewils et Schwerin d'avoir à préparer les moyens d'exécution d'un dessein dont on ne leur donna ni la permission ni le loisir de discuter la convenance. Obéissant à la consigne, ils se mirent à l'œuvre, ou, comme ils le dirent dans un langage aussi noble et aussi élevé que leurs sentiments, à mâcher et à digérer cette affaire. Si la digestion fut laborieuse, elle ne fut pas longue, car, dès le 29 octobre, ils remettaient au roi un mémoire raisonné, présentant, pour arriver au but, deux plans à suivre au choix, ou plutôt à défaut l'un at l'autre.

Voici quel était le mécanisme de ce programme à double fond. Il y avait, disaient sentencieusement les commissaires, deux routes

i. Voltaire, on le sait, raconte dans ses Mémoires que, Frédéric lui ayant confié le manuscrit de Y Histoire de mon temps, il lui fit effacer cette phrase : « Des troupes toujours prêtes à agir, mon épargne bien garuie, et la vivacité de mon caractère, c'étaient là les raisons que j'avais de faire la guerre à Marie-Thérèse, w

principales à suivre. La première, la plus sûre, celle qui exposait le moins aux revers et inconvénients auxquels sont sujettes les grandes acquisitions, consisterait à obtenir de bonne grâce la cession désirée de la cour de Vienne, en lui promettant en échange le concours actif de la Prusse pour la préserver de tous les périls qui la menaçaient, lui conserver la couronne impériale, et la défendre contra quoscumque. Et comme il était à prévoir que, même à ce prix, la reine trouverait encore difficile de se résigner à perdre un morceau d'aussi grande importance que la Silésie, le meilleur véhicule pour l'y déterminer serait de lui lâcher une couple de millions pour subvenir à ses besoins les plus pressants. Si la cou* de Vienne avait le bon sens d'accueillir ces ouvertures bienveillantes avec toute la reconnaissance convenable, le moment serait venu alors de faire agréer ce projet aux puisances maritimes, à la Russie, à tous ceux que pouvaient inquiéter les souvenirs de l'ambition de Louis XIV, et de leur faire valoir le service que le roi rendait à la cause commune de l'équilibre européen, en tirant

d'un péril certain la seule puissance qui pût tenir tête à la maison de Bourbon.

Que faire cependant, si la cour de Vienne avait Y obstination et la bigoterie de ne pas apprécier suffisamment le service qu'on voulait lui rendre? — Alors il faudrait bien en venir à une autre voie, moins solide et plus raboteuse; ce serait de se retourner hardiment et de tendre la main à tous les ennemis de Marie-Thérèse, Saxe, Bavière, y compris la France, qui pouvait trouver son compte à ôter la couronne impériale aux descendants de Charles-Quint. On leur représenterait la conquête de la Silésie comme le premier acte d'une puissante diversion faite dans le Nord pour leurs intérêts. Bien entendu qu'il ne serait plus question alors de l'équilibre européen à protéger contre la France, mais des libertés germaniques à défendre contre l'Autriche. Enfin, il y aurait bien un troisième moyen qui serait la perfection : ce serait, dans le cas où une tierce puissance, la Saxe ou la Bavière, par exemple, prendrait l'initiative de faire entrer des troupes en Silésie, d'y entrer soi-même pour la défendre et de finir

par la garder. Mais il n'était pas raisonnable d'espérer une chance si favorable1.

A ce beau mémoire, assez semblable, pour le style comme pour les idées, à celui de l'usurier de Molière jugulant un mineur dans l'embarras, le roi, pleinement satisfait du zèle de ses serviteurs, ne fit qu'un seul amendement. Le mémoire parlait de négociations à entamer avec la cour de Vienne ; le roi trouvait plus expéditif de commencer par mettre la main sur la province en question, sauf à négocier ensuite. « Il lui convenait mieux, dit M. Droysen (qui l'approuve fort) de faire comme dit le proverbe espagnol, prendre d'abord et demander après. »

Ce procédé, plus familier aux brigands qu'aux diplomates, pouvant effrayer les esprits faibles, Frédéric le proposa d'abord sous forme dubitative. « Je vous donne, disait-il à Podewils, un problème à résoudre. Quand on est dans l'avantage, faut-il s'en prévaloir ou non? Je suis prêt avec mes troupes en tout : si je ne m'en prévaux pas, je tiens entre mes mains

i. Pol. Con\, t. i, p. 74 et sniv.

un bien dont je méconnais l'usage ; si je m'en prévaux, on dira que j'ai l'habileté de me servir de la supériorité que j'ai sur mes voisins *. » Podewils ne comprenant pas ou feignant de ne pas comprendre, force fut bien de s'expliquer plus clairement dans une note autographe terminée par ces mots ; « Je conclus qu'il faut, avant l'hiver, s'emparer de la Silésie, et négocier l'hiver... En agissant autrement, nous nous mettons hors de nos avantages 2. » Il faut rendre justice au prudent ministre; l'idée de recourir aux armes dès le premier jour et de mettre un si gros enjeu du premier coup à la loterie l'épouvanta, et, la peur éveillant ses scrupules, les droits de la couronne de Brandebourg sur la Silésie cessèrent de lui paraître aussi clairs. Il fit remarquer, avec un profond respect, à Sa Majesté que, quelque bien fondées que fussent les prétentions de sa maison, il y avait pourtant des traités solennels que la maison d'Autriche réclamerait. Le roi lui renvoya sur-le-champ son humble remontrance avec

i. Pol. Corr.ti. i, p. 84.

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