CHAPITRE IV
HARIE-THÈRÈSB EN HON.GRIE - DE PR.<lGUE
Hcflc-Isle se rend k Voi^nllles pour liitor les préparatifs de l'eipiidition, — Boa accaoilqiil lui est MU— U eatchargÉ à la fois de l'ambassade auprès de la diète électorale et du commandemeDl de l'armée. — Marle-Tliérèse se dédde à regretà faire dea propositions de paix à Frédéric. — Naliire de CBS propositions. ~ Mission du miuistii; anglais Robinson au camp de Frédéric. — Frédéric repousHC les propositioas de Marie-Thùrésc. — Son entretien avec Robinson. — Il fait .■ulriT ses troupes daus Breslan.
CouimenccDieul de la gucrro. — Eulrée des Iroiipea frauçaisea sur )o territoire de TEmi^iire. — Le rui d'.Au^lel'irre, élocUnr d«
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Brunswick, promet sa voir à l'électeur de Bavière cq iJcUau^e de la nentrelltâ du Hanovre. — Lee troupes françaises fout leur jonction avec les troupes bavaroises et a'einparcut de LintietdelaHaute-Aatriche, — DÉcouragementdeapartisaus de Marie-Thérèse et terreur h Vienne. — Marie-Thérèse fo relire en Hongrie. — Diapoailiona peu sùree de ce royaume.
— Ouverture de la diète de Hongrie à Presbourg. ~ Couronnemenl de Marie-TLérèsc, — La diète de Hongrie réclame ses anciens prlvilègca. — Marie-ThérÈse se refuse à les accorder. — Mécontentenieiit et menaces de révoUu à Presboiirg. — Marie-Thérèse, contrairement aux conseils de ses ministres, reçoit la diète au palais et proclame Vinmrrecfiott au armement général de la nation. — Entliousiasme des Hongrois. — L'armement est décrété. — La co-régence est offerte au Grand-Duc. — Ctompromia entre la reine et la diète qui établit sur de nouvelles bases les libertés de la Hongrie.
Impreasion causée en Europe par les événements de Hongrie,
— Premiers germes de iliseentlmenl entre les alliés. "Fautes commises par l'Ëlectj^iir qui commande les denx armées eu l'absence de Belle-lsle. — Il renonce à faire le siège de Vienne et marthe sur Prague. — Nouvelles propositions de Mario- Thérèse faites à la France et à la Pmsse. — Fleury et BelIe-Ialc les repoussent avec énergie. — Frédéric [tarait b'j refnser également. — Valori, plein de confiance d'abord dans ses promesses, conçoit ensuite des soupçons snr sa bonue foi.
— Frédéric l'éloigné de son camp pour se sonstrairo à sa surveillance. — Négociation secrète de Frédéric avec l'Autriche par l'intermédiaire dn ministre anglais Hi^ndfordt. -~ Protocole de Klein Schnellendorf. — La ville de Neiss se rend il Frédéric après un siège fictif tandis que l'armée autrichienne, commaudée par le maréchal Niepperg, quitte la Siléslo sans être iuqnlétéc dans sa retraite. — Effet désastreux produit par cette double manœuvre. —Belle-lsle se décide k quitter Francfort pour venir présider lui-mfime anx cpératlons dn siège de Prague. — H tombe malade ù Dr«ide. — Maurice de Saie s'empare de Prague, la
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nnlt, par surprise. — Effet de ce succès InespérÙ. — Frtdéhc félicite la France et se dégage de la parole donoâ àrepvojÉ anelais.
Sous l'empire des excitations menaçantes de Frédéric et dans la crainte de voir briser le fil d'une alliance précaire, BeUe-Isle se décida à se rendre de sa personne à Versailles dans les jH-emiersjours de juillet, pour presser lui-même, en ce qui concernait la France, l'exécution de !a convention du 5 Juin, Son voyage, aussitôt entrepria qu'annoncé, se fit avec la plus grande célérité. Il traversa Paris sans s'y arrêter autrement que pour changer de chevaux et snns même prendre le temps d'aller embrasser son jeune fils qui était au collège. Cette hâte était une leçon indirecte donnée aux lenteurs habi~ tuelles du cardinal, et il n'était pas fâché, d'ailleurs, de prendre en quelque sorte sur le fait et par surprise les intrigues qui, en son absence, auraient pu menacer sa position personnelle '.
Sous ce rapport, s'il était inquiet, il dut être
1. Mtmmru du duc de luynes, t. m, p. 43i; Hémoii-es d* d'Àrgtnion, t. ui, p. 336
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promptement rassuré. « L'arrivée de M. de Belle-Isle est un triomphe, » écrit d'Argenson. Il trouvait en effet son crédit intact et la confiance inspirée par son nom plus grande que jamais. Son amie, madame de Vintîmillc, prête à mettre au jour l'enfant qui devait lui couler la vie, était au comble de la faveur. Le bruit déjà répandu de la convention prussienne faisait d'autant plus d'bonneur à son négociateur que les difficultés avaient transpiré et qu'on les imputait généralement aux hésitations du cardinal, dont Belle-Isle seul, disait-on, avait pu triompher. Parmi ceux (le nombre en était grand) qui escomptaient la mort toujours attendue et toujours retardée du vieillard, c'était à qui se ménagerait l'appui d'un prétendant tout désigné pour l'héritage du pouvoir suprême, et le cardinal lui-même ne pouvait témoigner trop d'égards au rival qui, au lieu d'aspirer k le remplacer, se contentait de le servir.
Aussi toutes les portes lui furent ouvertes et on n'eut d'oreilles que pour lui. Arrivé le !i, il écrivait le 12 à son frère, qu'il avait laissé à Francfort : « ... Jai eu hier neuf heures conli-
nuos de conférence dont j'ai au moins parlé sept, en sorte que je suis un peu enroué aujourd'hui. Il y aura pourtant ce soir un conseil où je ne raccommoderai pas ma poitrine, n — Et le lendemain : « Son Éminence m'a mené seul chez le roi, qui me lit asseoir devant lui au même bureau où il tient le conseil, et j'y fus une heure et demie en présence du cardinal ; jo luL fis le rapport de tout ce qui s'était passé à nos séances, et le résumé du plan auquel il ne manquait plus que l'approbation do Sa Majesté. Tout se passa du roi à moi. M. le cardinal ne parla presque point, et ce ne fut que pour chanter nos louanges; le roi me comhia do bontés '. n
Le plan que Belle-Isle soumettait à l'approbation du roi et que le cardinal écoutait avec cette
1. Le marécLal au chevalier de Belle Isle Versailles IMi juillet nil. {Con'-spondancs diter'es Ministère de la guerre.) Les archives de ce luIni'tHr renferment deu\ séries de correspoudaaces relatives à cetti, (.poqoe luoe piiremeiit militaire et toute offlctelle 1 autre traitant d alTaiies diverees et prindpaienient diplomatiques On dit que ceflP dmilère collection est composée des papiers paiticulieia du maréchal de Belle-Isle, laissii par lui au dtparteuieut à la tête duquel 11 était pla l quand il mourut
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adhésion silencieuse et mélancolique était bien combiné. Conformément aux stipulations du traité, une armée française, forte de quarante mille hommes, devait passer le Rhin sans délai pour se Joindre aux troupes bavaroises, et tendre, à travers l'Allemagne, au cœur même des possessions autrichiennes : mais de plus (et ceci était l'idée propre à Belle-Isle lui-même) un autre corps d'armée de trente mille hommes devait traverser les Pays-Bas autrichiens et l'évêché deLièg«, et prendre position de manière à marcher sur le Hanovre si le roi d'Angleterre, se rendant enfin aux demandes de Marie-Thérèse, se décidait à venir en aide à l'Autriche. Cette disposition, heureusement conçue au point de vue militaire, avait de plus l'avantage, au point de vue diplomatique, d'apporter, par voie d'intimidation, un appui utile h l'cfTet que l'éloquence et les promesses de l'ambassadeur avaient pu produire sur les petits électeurs des bords du Rhin.
La question était de savoir h qui serait confiée la conduite de ces opérations militaires, ou plutôt (car il ne pouvait y avoir que ce point à
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débattra) quei rôle Belle-kie garderait pour lui-même, de celui d'ambassadeur ou de celui de général en chef. On lui laissait le choix, mais Belle-l3le,toutenindiquant8espréférences, s'exprime dans des termes qui donnaient clairement & entendre qu'il se regardait comme aussi propre et même aussi indispensable à l'une des tAches qu'à l'autre : « Y ayant été question, dit-il, du travail commencé par moi tant en qualité d'ambassadeur que de général d'armée, je déclarai à Sa Majesté et aux ministres assemblé» que la négociation était devenue d'une telle importance, si difficile, si compliquée, si étendue, et que j'y avais acquis un tel crédit, une telle considération dans l'Empire, qu'étant d'ailleurs instruit de tout, au fait du local et des personnages, je n'y pouvais plus être suppléé par qui que ce fût; et, d'un autre c6té, il y avait quarante ans que je servais avec zële, avec une application suivie et des travaux infinis, que ce n'avait été que dans le point de vue de parvenir à la dignité de maréchal de France, pour, en cette qualité, commander les armées ; que celle que ie foi me destinait aujourd'hui était la plus