FRÉDÉRIC 11 ET HARIB-TUËRÈSB
m'aperçois pas qae j'abuse àmon tour des loisirs de l'Atlas de l'Europe. Si je vous écris de longues lettres, c'est, monsieur, que j'aime à m'entretenir longtemps avec vous et que l'amitié est bavarde '. »
Enfin qui dut s'apercevoir surtout de ce changement d'humeur, ce fut l'Anglais Hyndfort lorsque, le 1" décembre, il vint, un peu naïvement peut-être, demander si le roi était en disposition de procéder, comme on en était convenu à Klein-Scbnellendorf, à un traité définitif avec l'Autriche. Frédéric le reçut comme s'il avait peine à croire qu'im politique fût assez simple pour supposer que les promesses tenaient encore quand les circonstances avaient changé. A peine, pour se dégager de sa parole, essaya-t-il un instant de se servir du prétexte que pouvait lui fournir l'indiscrétion prétendue de l'Autriche. Après quelques moti^ sur ce sujet: « Tenez, mylord, dit-il, je veux par^ 1er franchement avec vous. Les Autrichiens opt fait la folie de se laisser prendre Prague à leur
1. Frédéric b Fleury, 3 décembre 1711. — Pol. Corr., X. j, p. iSO.
■ARIE-THËRÈSE EN HONGRIE lU
huhe sans risquer un combat. S'ils avaient été henreux, je ne sais pas ce que j'aurais fait. Hamtenant nous avons cent cinquante mille tommes contre eux soixante-dix mille ; il est à croire que nous les battrons, et alors il ne leur restera plus qu'à faire la paix comme ils pourront. — Mais, dit Hyndfort, si l'Autriche publie l'arrangement du 9 octobre, comment l'expliquerez-voua ? — St elle te fait, elle montrera sa sottise, et peut-être qu'on ne la croira pas. » Puis, pour bien faire voir que tout était rompu, il se mit à lever des contributions de guerre sur la partie de la Silésie qu'il avait promis de ménager. « En résumé, écrivait Hyndfort à son ministre, il n'y a rien à faire avec ce roi lant que ses entreprises obtiendront tant de succès '. » Hyndfort avait raison de juger ainsi, mais tort d'être surpris. A quoi serait-il bon en ce monde de s'affranchir de sa parole si ce n'était pas pour être plus libre de servir la fortune? Frédéric lui-même n'écrivait-il pas d'ailleurs quelques jours après à Voltaire, avec une teinte