Mémoiret inédits de
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Enfin la résolution arrêtée en conseil des ministres, mais subie plus que prise par eux, fut annoncés publiquement. C'était un tennemoyen, comme tout ce qui émanait de Fteury. Une nouvelle armée allait être dirigée sur le Rhin pour faire évacuer la Bavière; le commandement en ser^t confié au maréchal de Broglle, qui du4 quitter l'armée de Bohême et laisser Belle-Isle en reprendre la direction. Les deux généraux seraient ainsi séparés,- sans qu'aucun d'eux pût se plaindre d'être sacrifié ou subordonné à l'auti-e. Cette disposition avait de plus l'avantage de rapprocher du roi dé Prusse celui qu'il regrettait, en lui épargnant le contact de celui qu'il ne pouvait souffrir.
Belle-Isle, s'il n'avait pas suggéré lui-même, accepta de bonne grâce la décision. — « A aucun prix, dit- il, je n'aurais voulu du commandement de l'armée de Bavière : c'étaient des troupes que je ne connaissais pas, formées par des officiers généraux baroques, et unsî je me serais trouvé en mauvaise compagnie d'une part, et avec tous visages nouveaux de l'autre ; et U. de Broglie serait resté avec toute ma véritable et
l'expédition de MORAVIE S33
première armée, a Mais, pour attester qne c'était lui qui l'emportait, il demanda et il obtint la faveur de l'érection- de sa terre de Vemon en duché héréditaire.
Le soir où. cette gT&ce royale fat décluée, la nouvelle fit rumeur au coucher du cardinal, qui ne paraissait paB pressé d'en parler. Après quelques instants de silence, il finit par dire àdemlvois: «Madame de Maillyauraété bien aise. » Le lendemain, rencontrant le jeune duo de Chartres qui témoignait quelque surprise : « Que voulez-vous I dit-il, il fallait bien le renvoyer, il n'y a que lui qui sache mettre le grappin. » Mais, en même temps, il écrivait au maréchal de Broglie une lettre que Belle-Isle (usant de son expression habituelle) qualifie encore d'onctueuse à l'excès. Pour lui expliquer pourquoi il l'éloignait du roi de Prusse, il lui faisait de ce priace un portrait si peu flatteur, que Broglie put s'écrier en lui répondant : « C'est lui-même; Bigault ne l'aurait pas mieux peint ! »
Quelques jours après, arrivait h Versailles la nouvelle de la prise d'Egra, place forte de Bohème, lestement emportée d'assaut par Mau-
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rice de Saxe; ce succès était important, parce que l'armée firançaise retrouvait de ce côté une conuDunication plus libre avec le Rhin. De plus, c'était une des opérations commandées par le maréchal de Broglie, que Frédéric et Belle-Isle avaient le plus vivement critiquée. Le comte de Broglie, qui avait pris part à ce beau fait d'armes, était expédié par son pbre pour porter les drapeaux pris sur l'ennemi.
Fleury témoigna la joie la plus vive, et, faisant entrer tout de suite le jeune ofScier, il le présenta au roi, qui lui dit en l'embrassant : « Je vous fais brigadier. »
Si le désir de plaire était tout le secret de l'art de gouverner, rien n'aurait manqué à Fleury pour être un grand ministre '.
i.Mémoirei inidila de Belle-Iale. — Mémoirei du dae d* Lu^DM, t. IT, p. IQi. 113, 131. — Journal d» ffÂtyentm, t. it.
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