‹ Frédéric II et Marie-Thérèse d'après des documents nouveaux, 1740-1742Chapitre 49 sur 53 · Ces Kù écarter pour Pr.t;ni'ili(,iie · texte numérisé non relu

Ces Kù écarter pour Pr.t;ni'ili(,iie

ir qup le cardinal de Fleury pensait et qu'on ne pouvait édifier rien de

a fait ^

ions étaient si Tortes, qu'il fallait ne s'en pat aller contre la promesse de. la garantie de la Sanction.

préteDtions d'autant plus dangereuses qu'elles fleroient formées par un prince très puissant ■.

Les premières idées du minisire se bornoient à la couronne impériale ; mais, en approfondissanl, il a été facile de voir que l'électeur de Bavière, qu'on »outiùt faire empereur, ne pouvoil l'être sans poursuivre en même temps ees droits et prétentions à la succession au tri chien ne, et ces deux objets étoienl inséparables.

M. )« cardinal a vu alors de plus prés les engagemenls pria par le feu roi avec le feu électeur renouvelés par Votre Majesté, avec son fils, et qu'enfin il failoil nécessairement opter de manquer ou & la maison de Bavière, ou à celle d'Autriche, et que l'inaction étoit d'autant plus impossible qu'on se fût aliéné les deux, auxquels on eût manqué h la fois. Cette vérité bien reconnue a conduit h l'examen des moyens, et c'est alors que l'alliance du roi de Prusse « été résolue et que les moyens d'y parvenir avec sûreté se sont discutés '.

M. le cardinal, qui ne s'étoit déterminé qu'à contre-eceur

1. Le nombre majour dans le conaell du rui se fonda sur JM anciens principes delà France contre la msiaon d'Autriche et s'abusa dans ses vaines conjectures. Erreur qui ue fut que trop démontrée par les euil«s de la guerre commencée en 1711, qui B produit, par vengeance de la part des Anglais, celle de 1146, ai funeste pour la France. M. de Bi'Ue-l'ile ^toit un de ceuï qui souritoient le plus la guerre.

2. Les engagements pris avec la maiaou de Baviâre ne portoient absolument rien qui tendit à faire, pour les intérêts de cette maison, la guerre à celle d'Autriche: le conseil du roi le aavoit bien lorsque, par le traité de pais de Vienne de 1738. Sa Majesté prit, au contraire, l'engagement solennel de. garantir la Pragmaiique pour conserver tons les États autrichiens de la succession de l'empereur Charles VI sur une même lélc.

APPBHDICE 399

et par degré, n'a jamais voulu qu'un traité défenaif prenant pouf prétexte ta cession que feroit le roi de Prusse de tous ses droifs et prétentiuna sur les duchés de Berg et Jiiliers en faveur de la maison Palatine, pour laquelle cession, Je roi, qui éloit déjà garant de ces duchés enters celte maisoji, garantiroit au roi de Pruese la basse Sllésie, et, par un article séparé^ ee prince promet sa voix pour !a Rouronne Impériale à l'électeur de Batière ',

Le roi de Prusse m'a fait l'hatineur de me dire qu'an contraire, il voulint faire un traité offensif et défensif et que tout ouvertement flous fissions ta guert-e k la reine d'Hongrie, et qu'en lui procurant ei aux attires prétesdans à la succession d'Autriche k chacun leur part, Votfe Mqjeslé en eût aussi la sienne, proportionnée aiu dépeoMB immenses qu'elle «Hoit faire.

Le plan du traité {téftnslffut dressé et envoyé à M. de Valor), b Berlin, Hvantque je fusse nommé ambassadetir, et, dànsles premières conférences que j'eus avec M> Amelot, j'appris que l'on attendoit la réponse et même la nouvelle de la signature dans les premiers jours de jantiOT, tous les pleins pouvoirs et instructions nécessaires ajaflt été envoyés à M. de Valori; et en ellel Je crois que c'est le deux OH le trois de janvier que le courrier de Kerllli arriva, apportant un nouveau projet de traité remis pir e roi de Prusse, dans lequel, puur s'attirer le roi de Danemarh, il proposoit d'attaquer le roi d'Angleletrs en Allemagne, de prendre les duchés de Brème et de Werden pour le Danemark, et d'autres provinces pour la Suède.

1. Ce tut sur ce uiËine principe que fut rédigée la grande Instruction du roi du S6 février 1141 au maréclial de Belle- Isle, pour son ambassade k la diète d'élection d'un nouvel empereur.

Cette nouTeiie proposition substituée par le roi de Prusse, au lieu de la signature du traité, en quelque manière convenu, ne (It qu'augmenter les mÉRances ds H. le cardinal et son éloignement pour ce prince; mais, comme ses forces et son concours étoient nécessaires pour remplir l'objei auquel le ministère avoit vu et jugé que Votre Majesté devoit indispensablement se ftier, l'on Toalut me faire aller & Berlin dans l'espérance que, revêta d'un caractère et de dignités plus éminentes que H. de Valori, et étant plus instruit du fond de toute l'affaire et des volontés ultérieures de Votre Majesté, je pourroia faire plus d'impression sur l'esprit de ce prince et le déterminer à signer le traité que vos ministres regardoient alors comme la base fondamentale de toute l'entreprise. Je pensois de même, mais je voulois que, de notre part, nous fissions tout ce qu'il falloit pour rendre notre alliance plus respectable, et je disois à M. le cardinal que plus il se défioit de la droiture et de la légèreté du prince, plus il falloit que nous fussions forts en Allemagne pour lui imposer et détruire l'idée de foiblesse que M. de Gainas lui avoit donnée de notre gouvernement et de nos troupes, ainsi que M. de Beauvau, qui arrivoit de Berlin, me l'avoit appris, le roi de Prusse lui ayant parlé à peu près comme à ]]ioi, quand j'ai eu l'honneur de le voir.

Je supprime ici les raisons ' qui m'empêchèrent d'aller & Berlin et qui firent juger que je devois commencer par tes cours électorales ecclésiastiques et celle de Dresde avant d'arriver chez le roy de Prusse.

Je ne joignis ce prince que le 26 avril dans son camp

n peu de mois dans la graudb

de Molwitz, peu de jours après sa balaîlle < ; je ne rappellerai ici que les faits prîncipaui, aîant rendu compte à M. Amelot dans )e plus grand détail des conTersations que j'ai eu tSte à tète avec ce prince pendant plus de huit heures dans les différentes reprises. Si Voire Majes(« a entendu la lecture de«elle du 30 avril, elle y aura vu avec quelle force et quelle liberté j'y ai parlé au roi de Prusse ; que l'unique raison qui l'empêcha alors de signer le traité, étott de ce que nous n'étions pas en état et que notre augmentation n'étoit seulement pas ordonnée; Votre Majesté verra enfln que ce août les choses que je lui ai dites alors qui l'ont déterminé à conclure un mois après, mais que je ne me suis pas trompé sur ses politesses et qu'elles ont opéré sur moi le même effet que sur M. le cardinal, car, par le résultat de ma lettre, j'ai montré toute ma méllance et ma crainte que la tète tournée de peur ne le portât quelque jour à ce qui étoit réellement et contre son goût et contre son intérêt >, et que le seul remède étoit de nous mettre au plus tdt en force en exécutant ce que j'avois demandé dans mes mémoires du mois de janvier, et répété depuis eu toute occasion ; ea effet le reproche le plus embarrassant que me fit olora

1. Ce rut le 9 avril que l'armée pruesienue remporta la victoire à Molwltz. Le maréchal de Betle-Isle arriva le 26 avril lltl au camp du roi de Prusse, à Briey eu Silésle. Ce fut le 7 juin i7i( queM. de Valori signa à Berliu le traité d'alliance du roi avec le roi de Prusse.

2, AiDû le maréclial de Belle-lsle, sans se fier au roi de Prusse, dll-il, outrait daus l'espoir de ce prince pour une guerre offensive de la part de la France coutre la maison d'Anli'iclic, et voulait tah.aie que les plus gr.inds efforts milllaii'cs de la paK de la Praucc forUflassent et retinssent ce prince daus ses disposilions anerrièrcs coutre celte maisoD.

402 APPENDICI

le roi ds Prusse élâit notre lenUur à inetlrs l'éie[<tear de Bavière en farce et en état d'agir, et notre peu de vi- Titcilé à mettre nos troupes st nos frontiërM en état.

Je De puis mieux rappetler h Votre Majesté la vÉritê de loui ces faits et de tout ce que J'ai dit et pensé sur ce prince, qu'en joignant ici lei «xtraitt de mes lettres à M. do Valori, ft U. Amelot, à M. de Breteuil, k H. de Beauvau, et de celles que j'ai rei^'u dans tout le cours de c«tte affaire de H. de Valori, aveo lequelj'ai été obligé d'âtfe dans une corresponilance journ^Uro pour parer aui humeurs et variations du roi de Prusse, dont nous connoiHiuni parfaitement tous le* défauts; aussi n'al-J9 pas cessé d'en informer H. Amelot comme il parottparlos oiUaila da mes lettres, li est cependant vrai que, tant qu'il a cru que nos efforts seroient prompts et vigoureux, et que la bonne opinion qu'il avolt oonçue pr>ur l'électi^ur Je Baviâre a subsistd, il a agi de son cAté avec vigueur; mais, dAs qu'il a été maître de U Silësie Jusques à la Neisse, il n'a plus songé qu'au repos et s'est laissé aller d'une part aux clameurs deson armée, qui ne désjroitque la paix, et k son inquiétude sur les événements, quand il a TU la lenteur de la marche de nos troupes et les maovalses manœuvres de l'armée de l'électeur.

C'est alors qu'il s'est servi de M, de Scbmettau pour persuader, comme il a fait k l'électeur, de descendre sur Viewie, afin de se débarrasser de U. de Neipperg et qu'il n'a été occupé que de la conservation de sa conquête. On ne peut trop blâmer cette conduite, et les extraits de mes lettres monireront fe Votre Majesté quel a été sur cela ma peine et mon travail ; mais l'unique remède éloit d'agir de notre part avec plu s de diligence, et c'est ce que je n'ai cessé de représenter. Mes lettres & H. Amelot du moU d'oclobre et de novembre sont remplies de la mé-

fiance et du raécon lente ment que j'ai ile la conduite iirôguliëre et pleine de mauvaise foi du roi de Prusse, entremêlée néanmoins d'actes de générosité passafiers et de démtHistrationi de francliise '. Telles ont été sa réponse à mjlord Hjndforl et à Robinson, ses lettres circulaires à ses ministres dans les cours, tes ordres à celui de Londres, de parler de concert avec M. de Bussi, et le modèle qu'il lui envoya après l'avoir fait minuter par M. de Valori ; le rappel du baron de Raasfeldt son minisire k La Haye, à la réquisition de Votre Majesté, et enfin son conienlement pour que le princo Léopold d'Anbalt mit SCS troupes prusiiiennes en mouvement, suivant les dispositions que je régleroîs '.

L'on voit que cet acquiescement, précédé de plusieurs refus, n'est venu qu'après la prise de Prague, ce qui ne laisse aucun lieu de douter que, si l'électeur eût suivi le plan que j'avois fait d'entrer tout de suite en Bobème, et que le corps, qui n'est venu qu'en octobre, eût passé le

1. Aveu iIh maMcTial de Bciie-Tale qu'il s'étoll laissé abuser par le roi de Pruese. Eu effet, sa négociation avec ce prince n'avait conduit qu'& jeter dans le plus grand embarras l'électeur de Bavière, soutenu d'un corps de quarante mille hommes de troupes françaises à titre d'auxiliaires.

Dans ce accours de la France k l'électeur de Bavière dont l'armée n'était pas de quatorze mille bomuies, l'accessoire passait de beaucoup le principal.

2. Le uinrécbal de Belle-hle passe aous silence l'inQdËlité du roi de Prusaedaufl la convention de Klein-Schnellendorf, aignée seerètement de sa part le 9 octobre 17il, avec le comte de Neipperg, général de l'armée autricbienne en Silèsie, pour une cessation d'armes qui donna le temps à ce général de passer en Bohême pour e'opposer an progrès de l'ai'mée francobaTaroiac dans ce royaume.

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Rhin deux mois plus Wt ; que le roi de Prusse n'eût pas refusé d'allonger sa campagne, et se seroil, sans balancer, porté de lui-même en Moravie et en basse Aulriche, parce que dans ce cas il n'aurait rien eu à craindre de H. de Neipperg.

Cependant, tout étoit encore réparé lorsque M, le marirhai de Broglie a été nommé pour venir prendre Je commandement de l'armée en Bohême. Ce qui s'étoit passé à Strasbourg avoit si fort offensé et indisposé ce prince contre le marédial, qu'il n'étoit pas possible de faire un choix qui lui fAt plus désagréable, et c'est un grand malheur que cette considération ne soit pas venue alors dans l'esprit de Son Éminence', Votre Majesté verra par les extraits de mes lettres à M. le cardinal, ei par la copie de celles du roi de Prusse à Son Éminence, avec quelle vivacité ce prince reçut cette nouvelle, et par la copie de la mienne et celles k M. de Valori, mes soins et mon attention pour adoucir ce prince et lui faii'e agréer ce choix ; ce sera dans le mémoire séparé, qui concerne les opérations militaires, que je prendrai la liberté de rapporter ce qui s'est passé alors qui n'a eu elTet que trop décisivement intlué sur le parti qu'a pris le l'ai de Saxe d'abandonner l'alliance, la campagne suivante. Mes* letli'es néanmoins et les circon-

1. Cette nomination du maréchal de Broglie est du IS décembre nii.

Le roi de Prusse avait eu la curiosité do voir la ville de Strasbourg en 1740 ; il y avait passé quelques heures incognito; mais enfin il j avait été reconnu, et le maréchal de Broglie, commandant pour le roi en Alsace, avait marqué quelques dispositions i le fairearrSter, croyant que ce prince aurait dA s'enoouccr publiquement ou simplement se munird'ua paasepurt, quoique la France lit eu uleine paix avec l'AUemagae.

tlanoes du besoin pressant du Douveau roi de Bohême, jointes àia propre sûreté de ia Silésie, avoienl déterminé le roi de Prusse & venir en personne à Dresde, à Prague et, de )ù, à la lète de son armée, en Moravie ' .

Je crois, comme bien que l'objet d'autres, d'étendre ses Gontributtons et de piller la Moravie, destinée aux Saxons qu'il n'a jamais aimés, eut t>eaucoup de part à cette entreprise ; mais elle n'en fut pas moins utile h la cause commune et eût réparé tout le mal de la capitulation de Linti *.

Il avoit oblenu le conientemeot du roi de Pologne pour la marche des Saxons à ses ordres, et son passage à Prague, pour en assurer la subsistance et garder le corps commandé par M. de Polastron, aurait assuré l'exécution etmislesennemisdanslanêcessitéd'évacuer la Bohfime', si M. le maréchal de Broglie, par le miuistére du comte de Saxe, n'avait renversé les vues du roi de Prusse par les menées dont je parle dans le mémoire. C'est cette contradiction de la part du maréchal de Broglie qui a été continuelle et marquée par les endroits les plus sensibles, qui ont achevé de dégoùt«r le roi de Prusse, et l'ont

1. Ce fut le 19 janvier 1713 que le roi de Prasse se rendit & Dresde, d'où il passa ensuite à Prague et, de celte ville, en Mora.v)e, où «on armée avait pris Otmulz, capitale de cette province, le 29 décembre 11*1.

2. L'anuËo de la reine de Hongrie avait repris Linti, ville capitale de la haute Autriche, le S4 janvier 1743, jour de l'électioD de l'électeur de Bavière i la dignité Impériale, tou> le nom de Chartes VII.

3. La suite de ee mémoire du maréchal de Bella-Isle est une accusation [ormelle contre U conduite du maréchal de ' Broglie et du coûte de Saxe en Bohême.

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porté à renlrar eu négocialion dani l'enlravue qu'il eul k OItnutz avec le sieur Friachner.

Votre Majeetâ verra, par les extraits ci-joints dei (ellres, 1* que le roi de Pra»ae avnit annoncé dés le moii de novembra qu'il vïendroit en penonns au mois de février en BohAmo, pour voir par lui-mBme ea quai état seroient nos préparatifs et diipoaitions pour la campagne, ajoutant qu'il régleroiL bbi demarcheg et los opérations roi ati veulent,

2° Que le rot de Prusse ayant eiTeclué sa promette encore plui tût qu'il no l'avoit annoncé, M- le maréchal de Broglio, non contant d'avoir dérangé tout ce que j'ayûiï ppojeté de concert avec ie roi de frusse, ne vint geutemenl pat rendre ses reipecti h Prague, comme il |a démit at le pouvait, et n« prit pa« mâme Ift peine de lui éorirB.

3° Qu'il se décbaln» contre oe prince tout publiquement et en parla en des termes qui ne peuvent jamais être pardonnablas sur des souverains qu'on doit toujours reapectep ; le roi de Prusse en a été aiaclement informé, 1*1 propos étant trop publics, et tous les seigneurs de Prague et autres émissaires Autrichiens et Prussiens l'entendant répéter journellement à nos officiers.

4* L'envoi du comie de Saie pour empAcher les Saxons de maFcber, leur tenant les mêmes propos qua M. de Broglle sur le roi de Prusse.

5* L'ordre envoyé à H, de Polastron de ne point obéir au roi de Prusse et de s'en revenir si ce prince ne marcboit pfts & NeuhauB.

6° Le refus de M. de Broglie de renvoyer alors son artillerie, son convoi de farinss, et de faire consomoier exprès tout son biscuit pour se mettre aux yeux de tout le monde hors d'élat de pouvoir marcber, et de prendre

ce même tems pour faire Je siège d'Egra, et y envoyer Tarlillerie saione pour barrer encore mieux le projet du siâge de Briin eu Moravie.

Cependant le roi de Prusse acoutuniê à toi^ours négocier, par ses principes de niêflaiice où il a toujours été, que H. le cardinal n'en usât de même, n'avoit pas laissé de donner la bataille de Czaslaw, qui prouve bien qu'il n'y avoit encore aucun accommodement. 11 est vrai que la peur qu'eut ce prince, fut si eicessive, qu'on m'a assuré qu'il y avoit formé une ferme résolution de ne se plus commettre & un pareil hazard, et c'est sur ce principe que, quand j'eus l'hoiitieurdele voir après le combat de Sahay, Je le vis plus résolu que jamais et totalement décidé à faire la paix. Le compte détaillé que j'ai fait à M. Amelot dans mes lettres du 3 juin 1742, marque bien positivement ' cette façon de penser, mais il coniptoit que celte paix devait se faire de concert, et obliger l'empereur à se contenter de moins*.

1. Ce fut le 17 mai que le roi dn Pruase en personne battit l'armée autrichienne à Czaslaw eu Bohême, et l'empêcha par la d'arriver â Prague ; mais ensuite il laissa cette même armée marcher contre l'année franco -havaroise et lia sa négncialioB pour la p.iix avec la reine de Hongrie par l'entremise lie lord Hyndforl, ministre anglais ; mais ce prince se garda bien de confier cette négociation au maréchal de Belle- Isle dans leur eutrevue du 3 juin suivant. Il se contenta de lui donner les premiers avis de ta marche de l'année autricbienne contre l'armée franco-bavaroise, commaudée par le maréchal de Broglie.

Dans cette entrevue, le roi de Pruase étonna et houspilla flf fort le maréchal de Belle-Iele par la vivacité de ses propos, sur la nécessilé de songer à terminer Cette guerre, que ce maréchal, hors degamme, se troubla, perdit connaissance et tomba eu faiblesse au point qu'il fallut l'étendre à terre pour

408 APPENDtCB

L'extrême attention qu'eut ce prince k me faire part de* nouvelles de la marche de H. le priuce Charles, sa vivacilé pour que je dépêchasse un courrier à M. de Broglie, son inquiétude qu'i] ne lui arrivât un échec et son désir pour que j'engageasse les Saions à »e joindre à nous sont tous traits qui ne laissent aucuo doute que la volonté du roi de Prusse ne fût de continuer une alliance dont il a toujours senti que son intérêt étoit inséparable. Il convint avec moi des mouvements qu'il feroit quund je lui en eus fait connaître ta facilité et la sûreté ; car il ne vouloit plus M commettre au hasard, et je suis encore convaincu aujourd'hui que jamais ce princs n'auroit fait ta démarche qu'on lui reprochera toujours avec tant de raison s'il n'avoit cru l'armée de M. le maréchal de Broglie ahsolument détruite, comme il flt, lorsqu'il eut entendu le récit que lui en flt le lieutenant^colonel de ses troupes qu'il tenoit depuis le commencement de ta campagne auprès de ce général, uniquement pour lui rendre compte, jour par jour, de ce qui se paasoit jusqu'au! moindres minuties ; cet ofilcier qui arriva lui-même, flt une telle peinture à son minbtre de la déroute et du désordre général qu'il avoit vus dans l'armée, avec l'abandon de tous les équipages et nulle espèce d'ordre ni de précaution prise par M. le maréchal de Broglie, qu'il assura au roi de Prusse la destruction totale de notre armée, dont il n'arriveroit, àft-ague, que des déhris hors d'état de pouvoir se montrer en campagne ',

rappeler ses esprits an moyen de sets de senteur et d'eaux epiritueuses.

1. L'armée aulricbienne avait altaqué le i juin le maréchal ds Broglie, et remporté une victoire complèle ; de sorte que l'armée francu-bavarolfle dans une déroute totale «e retira précipitamment vers Prague.

APPENDICE i09

Le t^Ieaa que fit ud officier quoique fondé en grande partie, fut si chargé, que, la peur s'élaot emparée du roi de PruMe, c« prince, lans être capable de réflexion, ne se rappela alors que celle qu'il avoit eu à Czaslaw et àMolvitz, se détermina au seul remède qui se présenta alors à son esprit et dépécha sur-le-champ un courrier k M. de Podewilsponr qu'il eût à signer le traité projeté parmylord Hyndfort, et le rendoit responsable sur sa tët« du moindre retardement, ce qui a été en effet exécuté.

Votre Majesté en a. aans doute été inslruite par le compte qu'en a rendu alors M. de Valori.

Il résulte du récit que je ïiens de prendre la liberté i^e faire à Voire Majesté et des extraits des lettres qui Vl^ compagnent et en font la preuve :

t* Que l'alliance du roi de Prusse a été Jugée nécessaire par M. le cardinal, et tous vos ministres'.

2* Que, lorsque j'ai été nommé votre ambassadeur, l'article le plus important et le plus essentiel dont j'ai été chargea été d'engager ce prince à se lier par un traité.

3* Que les difficultés que J'ai trouvées dans ma négociation personnelle avec ceprince ont uniquement été fondées sur ce que nous n'étions pas en état d'agir et que nous n'avions pas mis encore l'électeur de Bavière en force : il craignoit extrêmement d'être accablé par les Russes et que le roi d'Angleterre et la Saxe ne s'y Joignissent avant de pouvoir avoir été secouru ; qu'eofln, il y avoit toujours dans son esprit un fonds d'incrédulité que M. le cardinal voulût faire la guerre et une grande méfiance qu'il ne flit toujours prêt k s'accommoder à la première occasion,

i* Que toutes les vérités que J'ai pm la liberté de dire

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