de Chambrier au roi de Prutse
1" juin 1742.
Le cardinal m'a protesté dans les termes les plus forts que c'était une calomnie qu'on lui imputait et qu'il n'y avait rien de plus faux et qu'il défiait la cour de Vienne de produire quelque chose qui pût la prouver. Il m'ajoutait qu'il n'y avait point d'homme ici qui s'appelU Parais
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lequel il pût omplojwr fc eeUe prétoiâiM négoàattou ; que le Beol qui porte ce nom att bien éloigna par son cane- Xère, son genre de vie et l'oittnce de la fartnne d'Btre dwrgé d'une pareille oommiuion ; qne peut-être les auteurs de cette nouTelle ont-ili confondu entre le nom de Pargia et celui d'Bgherti, qui eit un Irlandais intéressé dans les fermai da grand-duc pour la Toscane et qui a été à Vienne pour les affaires de sa ferme, mais lequel a ea ordre d'en sortir incessamment, sous peine de disgr&ce I ■on retour en Pranoe, aussitét que le cardinal eut appris, par le sieur Vincent, secrétaire de France à Vienne, qu'on y débitait que le sieur d'Egherti ATaîtété enrobé parla France pour 7 négocier.
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Mémoire du maréchal de Belle-Isie ko roi, joint b aa rela- Uon sur ses opérstions poUtiqnw et militaires en Allemagne donnt Ie« nnniea lltl et 1T4S.
Ce mÈmoire fut. remis au roî par M. de Belle-Tsle à son retour en Frdnce en 1743. Je le crois Basez ioléressant pour 6lre publié intégralement. Les notes placées en marge du manuscrit, el que nous publions êf^alement, sont de Ledran, premier commis des Afffùres étrangères. Elles font voir comment ëttdt jugée, e^rès l'événement, parles polîilquei de TeTBai11ei,rentcepmede H. deBelle- Isle.
Sur le roi de Prusse.
30 jiwTiw.
L'alliance du roi de Prusse a eu une si grande influence dam le systèn» que Voire Majesté «. cm devoir
adopter après la mort de Charles TI, qu'il me pnroU indispensable de lui en rappeler ici séparément toutes les
Il sembloil que le roi de Puisse eût préra la mort prochaine de l'Empereur lorsqu'il envoya le sieur de Gainas i la cour. Ce ministre y fit plusieurs propositions à H. le cardinal ; mais Son Éminence, qui aToit assez mau- ¥aise opinion de ce prince, ne voulut rien entamer de sérieux ni porter Votre Majesté à prendre d'engagement; M. de Camas, quoique François, n'aimoit point laFrance, et j'ai appris moi-mSme delà bouche de son ministre qu'il lai avoit fait des rapports eilrémement désavantageux de notre gouvernement, de nos troupes, de nos finances et en général de nos moyens ' ; il lui avoit fort rnal parlé de H- le cardinal, assurant surtout que, quoi qu'il arrivât, il n'y auroit jamais de guerre tant que Votre Majesté suivroit ses conseils. Ledit sieur de Camas poussa ses rédts jusqu'à taxer la bonne foi et la droiture de Totee ministre.
Le roi de Prusse, qui a pris Machiavel pour guide dans ses principes de politique, avoit cru tràs facilement dans un autre les maximes qu'il a adoptés. La mort de Charies VI étant survenue dans ces circonstances, le roi de Prusse ayant formé le dessein qu'il a fait éclater deui mois après, a négocié de toutes pnris, ne s'cu est point caché; il a dit alors assez publiquement qu'il mnrchandoil partout jusqu'à ce qu'il trouvât ce qui lui paroltroit le meilleur et le plus certain ; il a donc écrit dans ce temslà deux lettres très pressantes à H. le cardinal qai me les a communiquées.
1. Aucun de ces bruiU ne proorequeM. deCamas n'aimait pas la France.
Le roi de Prusse, non content d'élaler toutes les rai- Eons politiques el militaires qui dévoient engager Votre Majesté à saisir l'occasion qui se présentoit, flattoit M. le cardinal par tous les endroits qui dévoient lui être les plus sensibles ; mais, quoique ces lettres fussent écrites avec tout l'esprit, toute l'ënei'gie possible, les éloges dont elles étoient remplies pour Son Éminence firent sur lui un -clfet contraire, et il me lésa souvent quali liées de fausseté et de bassesse '. Telle était donc la façon de penser du rot de Prusse sur la France et sur te cardinal, et celle de Son Ëminence sur ce prince, lorsqu'il fallut cependant que Votre Majesté prit un parti.
Les premiers mouvements de M. le cardinal ont été de ne rien faire et que Votre Majesté fût simple spectateur de la scène qui s'ouvroit en Allemagne; plusieurs solides raisons appuyoient son goût naturel, et, en efiét, il ne convenoil point do tout à l'état du royaume d'avoir une guerre qui pût être longue *.
Mais, Son Éminence ayant plus mûrement réfléchi et la matière ayant élé plus amplement discutée par les ministres de Votre Majesté soit en votre présence, soit avec M. le cardinal, il fut unanimement décidé que l'on ne devoil jamais souffrir que la couronne impériale restât dans la maison d Autriche, en tombant sur la télé du ^rand-duc, qui, en faisint revivre cette maison, y ajouleroit sa haine personnelle et une volonté déterminée de rentrer dans la Lorraine, el faire revivre bien d'autres
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