‹ Frédéric IIChapitre 23 sur 52 · II · texte numérisé non relu

II

ci-jointe et m'a demandé, si je voudrais en donner une pareille à sa cour? J'ai pris le temps de délibérer pour examiner, si cette demande pourrait être utile, ou faite mal à propos; mais après il m'ajouta: „que sa cour avait donné ordre au Prince Lobkowitz de proposer à Pétersbourg, de la faire entre nous trois pour le partage." Cette assurance signée, il promet que sa cour travaillera de toutes ses forces à Constantinople , pour accélérer la paix selon l'intention de la Russie, et qu'elle donnera des garanties, qui seraient, réciproques de notre part, pour les acquisitions à faire.

J'ai donc regardé cet acte que la cour de Vienne prétendait de moi, comme une chose au fond superflue, parce que les possessions et les prétentions des Autrichiens doivent se régler à Pétersbourg, mais j'ai cru cependant que je ferais bien d'en signer un pareil au leur.

19»« Pour les fixer par là, et empêcher qu'ils ne changent de dessein.

2do p^^j. qy^ jg^ France ne me renverse par ses

intrigues, une chose arrêtée et convenue. 3"*" J'ai regardé cet acte d'autant plus nécessaire, qu'il oblige la cour de Venue selon sa parole qu'elle m'a donnée, et que le comte de Panin peut se faire réitérer par le Prince Lobkowitz, de travailler

de bonne foi à la paix des Turcs, d'en accléérer la conclusion et d'agir en tout de concert avec la cour de Russie; pour mettre les. Confédérés à la raison et étouffer jusqu'au germe la rébellion qui désole la Pologne.

Il est sûr, qu'il est plus avantageux à la Russie comme à moi, que les Autrichiens fassent leur acquisition en Pologne plutôt qu'en Hongrie; car par là, ils sont dans le même cas que nous. Il en résulté des garanties avantageuses; et les Polonais ne sauront contre qui crier, parceque les Autrichiens auront pris leur part, comme nous la nôtre. H est toujours bien glorieux pour l'Impératrice de Russie, que ces fiers Autrichiens, qui la bravaient dans le commencement de ces troubles, sollicitent maintenant chez Elle à Pétersbourg, et font amende honorable aux yeux de toute l'Europe.

L'Acte.

Sa Majesté le Roi de Prusse et Sa Majesté l'Impératrice de toutes les Russies, ayant des droits et des prétentions sur quelques palatinats et districts de la Pologne, ainsi que nous en avons de notre côté, pour obvier à tout ce qui

pourrait faire naître des difficultés à cet égard et altérer Tamitié et la bonne harmonie, qui subsistent heureusement entre nous: nous nous promettons foi et parole de Souverain par le . présent acte signé de notre main, que: quelles que puissent être retendue et les bornes de nos prétentions respectives, les acquisitions qui pourraient en résulter devront être parfaitement égales; que la portion de l'un ne pourra pas excéder la portion de l'autre,, et que, bien loin de mettre des obstacles aux mesures que cha- . cun de nous pourrait juger devoir prendre, pour réaliser ses prétentions, nous nous entr'aiderons au besoin mutuellement et de bonne foi, pour nous en faciliter le succès, nous promettant en même temps le plus parfait secret sur . le présent engagement réciproque, En foi de quoi nous l'avons signé de notre main.

Fait à Vienne le 19. Février 1772.

Joseph Aug. Marie Thérèse.

Du Roi au Comte Solms.

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