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J'ai VU avec plaisir, par les dépêches du 25 Février, la façon amicale dont le Comte Panin entame les négociations avec l'Autriche, et qu'il leur a communiqué les articles de notre Convention. H n'y a aucun doute qu'on ne soit bientôt d'accord. Le Prince Kaunitz craint, que les Français ou les Anglais ne le traversent dans cette négociation, c'est pourquoi il se hâtera d'achever la conclusion de ce Traité le plus qu'il pourra. Quant à moi, je suis bien aise d'avoir donné aux Autrichiens cette assurance par écrit, qui les lie en quelque manière et qui les empêchera de vaciller à l'avenir.
Vous me demandez à peu près de quelle manière on pourrait exposer nos droits à la Pologne? Je crois, qu'un Manifeste court et simple, sera ce qu'il y aura de plus convenable. Je vous envoie ci-joint une esquisse, que vous pouvez montrer au Comte Panin, et qu'il pourra corriger comme il le jugera à propos. Je crois, qu'après l'avoir présenté aux Polonais, il ne con-
viendra pas de réduire l'affaire en guise de plaidoyer; mais que les trois Cours déclarent communément: Qu'EUes s'étaient faites raison de leurs prétentions, dont jamais la Pologne, où il n'y avait aucune justice, ne leur eût tenu compte. A présent rien ne presse pour la pi;ise de possession, et le Comte Panin n'a pas à craindre, que mon impatience gâte les choses. Cependant, je suis d'opinion, qu'il faut terminer les affaires en Pologne, avant que le Congrès (de Fokschany) s'ouvre en Turquie. Quant aux Turcs, on leur fera facilement digérer ces démembremens de la Pologne, en leur insinuant, que c'est en leur faveur que les Russes leur restituent la Valachie et la Moldavie.
Du Roi au Comte Solms.