Juillet
Le comte d'Oginsky a présenté un mémoire relativement au discours attribué au président de Domhard. Le Prince Kaunitz a dit avoir répondu au ministre de Pologne: „qu'il verrait par sa réponse, qu'on ne voulait certainement pas lui en imposer, qu'il lui avouerait franchement, que la situation des choses était telle, qu'on ne pouvait lui donner aucune réponse sur ce sujet ; mais qu^on ne manquerait pas de lui en parler lorsqu'il serait temps." (Cependant les troupes Autrichiennes devant avoir pris possession des salines du Roi de Pologne, et selon ce qu'on a voulu assurer, ayant ordre de les faire administrer incontinent pour le compte de l'Impératrice-Reine, Sa Majesté polonaise reviendra sans doute bientôt à la charge.) Le Prince Kaunitz ajouta à ce que ci-dessus: „qu'il n'était pas étonné, qu'on ait cherché quelque occasion à Varsovie, pour tâcher d'entrer formellement en explication sur l'affaire de partage, et qu'il trouvait même assez extraordinaire, qu'on ait attendu si longtemps; mais qu'il n'était
pas moins embarrassant de répondre à ces sortes de questions, tant que cette affaire n'était pas entièrement arrangée, ce que les retranchements considérables, qu'on avait proposés de faire à la portion de la cour de Vienne, avaient rendu impraticable jusqu'à présent. Qu'il fallait s'en tenir à la Convention; qu'il fallait être équitable, et çn se mettant à la place de la cour de Vienne, examiner dans quelle vue elle était entrée dans ce plan. Que l'équilibre ne pouvant être conservé par aucun autre moyen, elle avait accédée au partage, pour éviter d'être entraînée par les circonstances à prendre un parti plus fôcheux, qui aurait peut-être été inévitable. Mais qu'elle ne s'était portée à cela, que sous les conditions d'une égalité réciproque. Que la réponse qu'on allait donner à la Russie serait mesurée sur ce principe et qu'on y dirait sans détour: Voici ce qui est possible de faire encore! „Que le Roi de Prusse serait informé le premier de cette réponse, et qu'on s'attendait de son amitié autant que de son équité, qu'il s'emploierait à faire adopter à Pétersbourg les tempéraments qui y seraient contenus." — Le Prince Kaunitz ne s'en est pas encore ouvert jusque là au ministre de Russie, qui attend avec impatience l'explication qu'il lui a fait espérer à ce sujet, avant le renvoi du courrier au Prince Lobkowitz.
5L Du Roi au Comte Solms,