‹ Frédéric IIChapitre 41 sur 52 · Juillet · texte numérisé non relu

Juillet

Le Baron van Swîeten vient de sortir de chez moi. Il m'a communiqué un nouveau projet de manifeste pour la prise de possession en Pologne, que le Prince Kaunitz a fait lui-même, et qui, par l'essentiel, ne me paraît différer en rien de celui du Comte Panin. Le Ministre Autrichien a pensé que, comme il y avait une différence entre la situation de sa Cour et celle de Russie, il en faudrait aussi une dans ce manifeste. Je l'ai lu attentivement, et je n'y ai rien trouvé à redire. C'est une règle générale dans la politique, que, faute d'argumens sans réplique, il vaut mieux s'exprimer laconiquement, et ne point trop éplucher la matière. Or, je sais bien que la Russie a beaucoup plus de raisons à alléguer, mais il n'en est pas de même de nous.^) De sorte que, à mon avis, le meilleur serait de ce conformer à cet égard aux idées du Prince

^) Aveu remarquable!

Kaunitz. Supposé cependant, que le Comte Panin persiste à ne vouloir admettre que son projet, je crois que la Cour de Vienne ne s'y opposera point, pourvu qu'on lui laisse la liberté de conserver à son tour le sien.

Le second sujet de l'audience de Van Swieten a été la réponse du Prince Kaunitz au sentiment du Comte Panin, sur les quatre points principaux relativement à la pacification de la Pologne. Et j'ai été bien aise d'apprendre, que les idées de ces deux Ministres s'accordent aussi parfaitement sur cet article. C'est toujours un grand point de gagné, qui aurait pu devenir la source de mille tracasseries et difficultés. Tout me persuade donc, que notre grande afia,ire touche au moment de sa conclusion, et je l'attends avec la dernière impatience.

Du Roi au Comte Solms.

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