‹ Frédéric IIChapitre 6 sur 52 · DEPUIS L'ANNÉE · texte numérisé non relu

DEPUIS L'ANNÉE

Aperçu analytique

du contenu des documens ci-après.

1. Lettre de Frédéric II au Comte Solms du 29 août 1769^ immédiatement après la conférence de Neisse. — Bref rapport sur l'entretien des deux Monarques. Caractéristique de Tempereur Joseph.

2. Du Comte Solms àPanin. Novembre 1769. — Prétendue intention de la cour de France d'ofirir la Warmie et la Courlande au Roi afin de le gagner.

3. Du Roi à Solms. Septembre 1770, après la conférence de Neustadt. — Sur la demande que la Porte fait d'une médiation de l'Autriche et de la Prusse, pour la paix. — Résultat des tentatives pour sonder les intentions autrichiennes. Propositions pour une pacification immédiate de la Pologne, à quoi le Roi promet son assistance. — Sur les efforts des Anglais de participer à l'œuvre de médiation.

4. De Solms à Panin. Décembre 1770. — Sur le prince Henri; et désir que l'Impératrice veuille s'ouvrir à lui sur ses intentions, attendu qu'une plus longue retenue pourrait bien amener un refroidissement entre les deux cours.

5. De Frédéric à Solms. 2 mars 1771. — Le Roi fait la proposition directe d'un démembrement de laPologne pour y prendre, à l'exemple de l'Autriche, les indemnités dues à la Russie et à lui.

6. DeSolms àPanin (en mars 1771). — Sur les intentions de la nour d*Autriche. — Combien peu on aurait à en espérer; de là, proposition de prendre ses dédommagements en Pologne. Le Roi garantit que cela se passera sans eftusion de sang. — Que Ton doit imiter Texemple de TAutriche. — Sur les préparatifs autrichiens. — Que si la Russie s unit au Roi, tout ira bien.

7. De Solms à Panin, du 16 mai 1771. — Prière d'une réponse dans cette aifaire, qui tient fort à cœur au Roi, et dont il ne se désistera pas; c'est pourquoi invitation pressante de ne pas mettre sa patience à une trop forte épreuve.

8. DeSolms àPanin, du 19 mai 1771. — De la nécessité de présenter quelque chose au Roi, afin qu'il voie que l'affaire est en train. — Entretien avec Lobkowitz. — Différentes opinions sur la puissance à laquelle on pourrait bien donner la Moldavie et la Valachie. — Que pour la Pologne la part est trop grande. — Que l'Autriche n'est pas éloignée de céder Dantzig au Roi.

9. De Frédéric à Solms, du 14 juin 1771. — Grande satisfaction du Roi sur les dispositions et les intentions favorables de la Russie. — Ses propositions premières et encore modestes sur ce qu'il désire avoir de la Pologne. — Envoi d'un projet à ce sujet. — Qu'il laisse toute liberté à la Russie de prendre autant qu'il lui plaira. — Contentement que l'on n'ait encore rien communiqué à ce sujet au cabinet de Vienne; que cela ne doit se faire que lorsque les négociations avec tes Turcs sur la paix seront en train; et qu'alors les deux cours devront le faire en commun. — On n'agit que d'après l'exemple de l'Autriche. — Que l'Autriche ne doit pas compter sur la France, parce-que cet état est trop épuisé; et que seule, l'Autriche n'osera pas dé-

clarer la guerre aux deux Puissances. Que, par conséquence, Ton n'a rien à redouter par rapport au plan de faire des acquisitions en Pologne. Que si TAutriche n'est pas contente de sa part, on peut lui donner encore la bande du territoire vénitien qui la sépare de Trieste. — Que le Roi prend tout sur lui, et qu'il garantit à la Russie ses acquisitions.

10. Du Roi à Solms^ du 30 juin 1771. — Point de nouvelles de Kaunitz sur les propositions de paix de la Russie; qu'il faut avoir encore un peu de patience et qu'alors le Roi saura bien l'éveiller. Avant que l'on ne procède en Pologne à une pacification^ qu'il faut être tombé d'accord sur les acquisitions, afin de produire ses propositions en même temps que celles de pacification. Qu'il est vrai, que Ton aura à employer la force; c'est pourquoi la Russie aurait à laisser ses troupes en Pologne, et même à les augmenter, s'il est possible.

11. De Solms à Panin, du 24 juin 1771. — Demande, si Ton ne doit pas donner aux Polonais la Moldavie et la Yalachie à titre d'indemnité.

12. Du Roi à Solms, du 3 juillet 1771.— Il n'est pas éloigné de consentir à ce que Ton donne ces deux principautés aux Polonais ; — que par là, la Pologne ne deviendra pas beaucoup plus forte, et que rAutriche sera apaisée. Désir que la convention avec la Russie, relativement aux acquisitions polonaises, soit bientôt conclue.

13. De Solms à Panin, du 11 juillet 1771. — Kaunitz décline les conditions de la Russie pour la paix avec la Porte. — Proposition, de conclure la convention secrète relative aux acquisitions polonaises. La cour de Vienne, sous l'apparence de désintéressement, n'y veut

prendre aucune part De là la prière d'accélérer la chose.

14. Le Roi à Solms; du 21 juillet 1771. — Que pour être agréable à la Russie^ le Roi veut renoncer à Thom, pourvu qu'en échange il reçoive Elbing. „Que c'est une bagatelle et qu'il n'en coûte à la Russie qu'un trait de plume 1" — Que cependant il faudrait indemniser le Roi de Pologne à l'égard de ses revenus.

15. Du Roi à Solms; du 5 août 1771. — Tentative d'engager la Russie à se désister de ses prétentions sur la Moldavie et la Valachie.

16. Du Roi à Solms; du 10 août 1771.— L'Autriche refuse sa médiation ; — crainte qu'elle ne s'allie plus étroitement avec les Turcs. — Qu'afin d'éviter une guerre universelle, la Russie devrait se désister de ses prétentions sur la Moldavie et la Valachie, et s'en dédommager en Pologne.

17. Du Roi à Solms; du 29 août 1771.— Il attend le contre-projet de la Russie par rapport aux acquisitions en Pologne, ce qui, sans doute, rend nécessaire une plus longue et mûre réflexion. Vienne cherche à disposer la cour de France à la guerre, et paraît réellement avoir l'intention d'entreprendre quelque chose l'année suivante. Que, dès-lors, la Russie doit renforcer son armée en Turquie, de même qu'en Pologne.

18. Dépêche du 8 september 1711 — ^Dangers de la guerre, menaçante du côté de l'Autriche. Pas de meilleur expédient pour l'éviter, que de se désister des prétensions sur la Moldavie et la Valachie, attendu que la Russie ne voudrait pas les garder pour elle-même.

19. Du Roi à Solms; du 10 septembre 1771. Lettre d'intimidation. — Le Roi témoigne de grandes craintes sur les dangers qui menacent du côté de l'Au-

— vn —

triche, afin d'engager la Russie à renoncer aux principautés; il fait une peinture détaillée de tout ce que rAutriche est capable de faire et quels dangers il court lui-même du côté de l'Autriche, de la France, et de l'Empire. S'il ne serait dès -lors pas plus sage, et s'il ne vaudrait pas mieux de céder, quant à cette prétention, attendu que la cour de Vienne a en effet des raisons fondées pour ne pas vouloir que la Moldavie et la Valachie passent sous la dépendance de la Russie. Qu'il ne faut pas trop se fier à la fortune, qui jusqu'ici a accompagné les armes russes; que la Russie veuille donc renforcer ses troupes considérablement, tant contre les Turcs, que contre les Polonais.

20. Du Roi à Solms; du 25 septembre 1771. — Avis du Roi sur les opérations que du côté de la Pologne on pourrait entreprendre contre la Hongrie. — Qu'en cas de guerre, il aurait de grandes dépenses, et que, pour l'en dédommager, l'on devrait lui ajouter Dantzig. Il réprésente la guerre comme inévitable, afin de déterminer la Russie plus vite à céder. Plaintes d'une mauvaise récolte. Qu'en attendant, il fait déjà faire l'emplette de chevaux en Pologne, mais qu'il ne pourra être préparé qu'au mois de juillet de l'année suivante. Que la Russie devait absolument envoyer cinquante mille hommes en Pologne. Intrigues des Autrichiens à Constantinople.

21. Du Roi à Solms, du 6 octobre 1771. — Encore point de réponse de Vienne; ce qui serait sans conséquence, si seulement l'Impératrice de Russie voulait céder quant aux Principautés. — Représentations, quelle charge et quelles dépenses la guerre contre l'Autriche lui imposerait; que rien que les matériaux de guerre lui coûteraient environ onze millions d'écus courants.

A cela viendrait s'ajouter la mauvaise récolte, qui augmente encore les frais. Puis encore des dangers de gnen'e du côté de la France. Qu'il doit se préparer à tout cela, et s'engager dans les plus grands frais. — Sur le Primat à Elbing.

22. Du Roi à Solms; du 20 octobre 1771. — Sa confiance dans la Russie à l'égard de ses acquisitions en Pologne.

23. Réponse au contre-projet russe; sans date (octobre 1771). — Nécessité de l'égalité des secours réciproques entre alliés. — Obligations dont le Roi s'est chargé, d'après les derniers traités de 1764 et 1767, et qu'il a aussi remplies. Pressante invitation de renoncer aux prétentions sur la Moldavie et la Valachie, vu qu'elles entraîneraient immanquablement une nouvelle guerre à leur suite. — A l'égard des autres conditions, le Roi promet son assistance. — Finalement, répétition de la demande au sujet de Dantzig.

24. Réplique au présent mémoire prussien; remis le 22 novembre 1771. — L'Impératrice cède enfin à la pressante invitation du Roi au sujet de la Moldavie et de la Valachie; toutefois, contre une indemnité pécuniaire; — mais elle insiste, en cas d'une guerre avec l'Autriche, sur le secours de vingt mille Prussiens. — Que les troupes russes en Pologne seront portées à cinquante mille hommes, pour, le cas échéant, opérer réunies avec les Prussiens; mais qu'alors la Prusse doit marcher contre l'Autriche avec toute son armée. — Que le Roi, lors de la paix, sera entièrement indemnisé, et fût-ce même aux dépens de l'Autriche; mais que, quant à Dantzig, l'Impératrice ne peut céder.

25. Réponse de la Prusse à ce mémoire; sans date (décembre 1771). Contentement du Roi de ce

que la Russie a cédé à l'égard de la Moldavie et de la Valachie. — Le Roi veut aussi renoncer à Dantzig, mais il désire, que cette ville soit déclarée indépendante de la Pologne. — Nécessité de prendre bientôt possession des acquisitions en Pologne, attendu que la convention, à cet égard n'est plus un secret, afin de prévenir des machinations ennemies. Le Roi fixe à cet effet l'époque au mois de mai suivant. — Remarque sur la réciprocité du secours. — Qu'en Pologne, le Roi veut volontiers opérer réuni avec les Russes: mais qu'en Moldavie il ne peut envoyer de troupes en raison de l'éloignement.

26. Projet d'une convention relative aux acquisitions en Pologne. — C'est le projet de partage entre la Russie Qt la Prusse, tel qu'il a ensuite été confirmé le ®/j, février 1772.

27. Observations du Roi de Prusse sur l'époque la plus favorable pour la prise-de-possession des acquisitions polonaises; sans date (décembre 1771). Il déconseille, de vouloir à cet égard se concerter avec la cour d'Autriche; — que l'on peut aussi se mettre en possession sans Kaunitz, qui sans cela s'érigerait en arbitre. — Si l'on veut auparavant attendre la paix avec les Turcs? — Qu'alors ceux-ci s'en mêleront, et l'affaire fera beaucoup plus de bruit qu'actuellement, parce -que les Turcs crieront conjointement avec les Polonais. Ainsi mieux vaut, que ce soit, lorsque les troupes russes seront avancées jusqu'à la Vistule. — Que les Polonais crieront toujours, peu importe dans quel temps la chose arrive, parce -que ce peuple vain et intrigant crie sur tout; mais les troupes sur la Yistule leur imposeront bientôt silence.

28. L'Envoyé prussien Rhodt à Vienne au Roi; le 4 décembre 1771. — L'Impératrice-Reine et

VEmpereur lai donnent à comprendre^ qu'ils veulent aussi leur part à la Pologne.

29. Du Roi à Solms; du 8 décembre 1771. — Que Kaunitz veut frustrer les Russes de tous leurs avantages; qu'il veut décider de la chose en dernière instance. — Que dès-lors Ton sépare plutôt l'affaire polonaise d'avec celle des Turcs, et que Ton s'avance en Pologne sans s'occuper de l'Autriche. Qu'une conduite aussi ferme en imposerait à la cour de Vienne. Que Kaunitz ne cherche qu'à s'ériger en maître des négociations, afin de dicter les conditions de paix. Que la Russie ne doit donc pas s'y fier.

Addition. Mauvaise impression qu'a faite en France l'enlèvement du Roi de Pologne.

30. Du Roi à Solms; du 1 février 1772. — La cour de Vienne a pris un ton plus aimable, et commence à céder. Il faut maintenant conclure rapidement avec les Turcs. Que le Roi veut tout faire, pour incliner le Cabinet de Vienne à la t)aix, qu'il ne s'oppose pas non plus à ce que l'on s'entende maintenant avec lui sur les acquisitions en Pologne.

31. Du Roi à Solms; du 5 février 1772. — Discussion avec Van Swieten. Il demande que l'on veuille se donner des assurances écrites sur l'égalité des parts réciproques, et propose un échange de la part revenant à l'Autriche contre Glatz. — Réponse: „J'ai la goutte dans les jambes, non pas dans la tête; il s'agit de la Pologne et non point des mes états." — Ne pourrait on pas au moins, au lieu de cela, recevoir Belgrade et la Servie? — Réponse: „Je me réjouis de ce que les Autrichiens ne sont pas encore, circoncis, comme on les en accuse, et qu'ils veulent s'enrichir aux dépens de leurs bons amis." — Quel changement dans la manière

de penser de la cour de Vienne! Qu'elle répugne à prendre quelque chose en Pologne, afin de faire tomber toute la haine de cette nation sur la Russie et la Prusse.

32. Du Roi à Solms; du 29 février 1772. — Van Swieten déclare, que le cabinet de Vienne renonce à Tacquisition de Belgrade et de la Servie, et qu'il aime mieux sa part en Pologne ; mais que les parts devraient être égales, et, à cet effet, il produit le projet d'une telle assurance réciproque. Que si celle-ci est signée, sa cour travaillera très-énergiquement pour la paix à Constantinople. — Que pour tenir ferme l'Autriche, le Roi a signé. — Avantage si les Autrichiens prennent leurs acquisitions en Pologne et non pas en Hongrie.

Addition: Acte de la cour de Vienne relatif à l'assurance de l'égalité des parts réciproques.

33. Du Roi à Solms; du 1 mars 1772. — Grande satisfaction du Roi de la conclusion finale de la convention concernant la Pologne (le ^/i^ février 1772). — Kaunitz peut à présent hardiment se moquer de la France, comme il l'a fait; — il "faut seulement, qu'une union intime des trois cours s'ensuive, et la tranquillité de l'Europe sera assurée.

34. Du Roi à Solms; du 6 mars 1772. — Espoir que l'on sera bientôt en règle avec l'Autriche. — Que les droits réciproques sur la Pologne devraient être démontrés dans un court manifeste, et qu'il ne faut pas entrer dans de longues discussions avec les Polonais à ce sujet. Aux Turcs on dira seulement, qu'on leur rend la Moldavie et la Valachie uniquement à cause de cette ftidemnité en Pologne.

35. Du Roi à Solms; du 18 avril 1772. — Grande extension des prétentions autrichiennes, tandis que Kaunitz joue le rôle d'homme modeste, qui se contente

de moins que les autres. .11 veut aussi se donner Tapparance de ne faire qu'accéder à la convention de la Russie et de la Prusse. — Que Solms dois rendre le Comte Panin attentif à Textreme avidité de la cour de Vienne, afin qu'il ne se laisse pas tromper par la subtilité du Prince de Kaunitz. — Les salines ne peuvent être concédées à' TAutriche, bien qu'il serait désirable que Ton tombât enfin d'accord.

36. Du Roi à Solms; du 20 avril 1772. — Je dis à Van Swieten: „ Votre cour a de l'appétit, et sa part est plus grande que celles de la Russie et de la Prusse réunies." — Kaunitz s'est étendu presque jusqu'aux portes de Varsovie. — Qu'il faut estimer les parts réciproques d'après l'étendue, ou d'après la population, ou bien d'après les revenus.

37. Du Roi à Solm s. 22 avril 1772. — Si l'Autriche garde tout se qu'elle s'est approprié, il n'y aura plus de rapport entre sa part et celle des autres. Il faudra donc absolument, qu'on étende aussi les nôtres. — Kaunitz, en attendant, -marche résolument en avant.

38. Du Prince Henri à Solms. Avril 1772. — Que dans toute cette afiaire il n'avait pas pensé à luimême, satisfait qu'il est, de servir une grande Impératrice et sa patrie, bien qu'il eut aussi pu facilement avoir un domaine quelconque pour lui. — Que son séjour à St.-Pétersbourg a eu pour effet une Alliance plus étroite entre la Russie et la Prusse, et qu'il a le premier mis sur le tapis l'affaire en question. — Qu'il ne demande aucune autre récompense, qu'une lettre ostensible écrite par l'Impératrice, qui puisse servir comme preuve de sa coopération dans l'aflaire.

39. De Solms à Panin. 11 Mai 1772. — Le Roi commence à s'impatienter de l'irrésolution de Kau-

nitz. — Qu'en attendant, les Autrichiens avancent toujours plus en Pologne, sans entente préalable. C'est pourquoi il faudrait entamer une négociation avec eux, afin que l'on sache à quoi s'entenir.

40. Du Roi à Solras; du 13 mai 1772. —Expression railleuse sur le dépit en France. — „Elle veut me brouiller avec la Russie et l'Autriche." Wielhorski à Paris a également publié un long mémoire. Le Roi s'en moque comme des efforts impuissants de la cour de France. — Que l'on ne devrait pas trop chicaner les Autrichiens sur leur grosse part, pour ne pas traîner toute l'affaire trop en longueur; qu'il faut en finir le plus tôt possible. Toute fois, que l'on ne peut leur laisser les salines près de Cracovie.

41. Du Roi à Solms; du 17 mai 1772. — Contentement, que Panin ait fait des remontrances à la cour de Vienne, et espoir, que l'on pourra retirer à l'Autriche les salines et Lemberg, et bientôt tout conclure, vu que la France travaille à amener une brouille. Ses intrigues et ses efforts pour faire échouer le partage; mais qu'elle manque de système, de fermeté et d'argent. Lamentations de Wielhorski. — Le Roi de Pologne et sa famille sont aussi courroucés, surtout contre moi, et espèrent de nous désunir Vnn l'autre. — Que la Russie doit s'efforcer, de se mettre d'accord avec les Turcs sans intervention étrangère, et négocier directement.

42. Du Roi à Solms; du 20 mai 1772. —Van Swieten a totalement défiguré l'entretien qu'il a eu avec moi. Ce qu'il y a de vrai là-dedans. — Que Panin n'a qu'à tenir bon, et qu'alors la cour de Vienne cédera; — qu'elle s'est déjà trop engagée. Que l'on tombe seulement d'accord, et qu'alors la pacification de la Pologne ne coûtera pas de peine. Que l'on peut indemniser le

Roi de Pologne par quelques Staroties. — Que si une plus étroite alliance des trois cours en résultait, ce serait un bienfait pour toute TEurope. — Mauvaise humeur de la France.

43. Le Roi à Solms; du 24 mai 1772.— Encore sur Texcessive extension de la cour de Vienne en Pologne. — Qu'il a représenté à van Swieten: „que Ton espérait que sa cour céderait quelque chose de ses prétentions^ attendu que lui aussi, le Roi, avait cédé relativement à Dantzig et à Thom.'^ — Nouvelles propositions de la Porte.

44. Du Roi à Solms; du 1 juin 1772. — Espoir que l'Autriche rabattra de ses grandes prétentions, pour terminer promptement la chose. Mais, en attendant, elle prend possession des districts qu'elle réclame. Ne devons-nous pas en faire autant? Que le plan du partage est déjà passablement ébruité, et que le Roi prend ses mesures pour l'immédiate prise-de-possession^ aussitôt qu'il apprendra les vues de la cour de Russie à ce sujet.

45. Nouvelles du Roi de Paris; sans date (mai 1772.) — Jugement dédaigneux de Dumouriez sur les confédérés. — Wielhorski se plaint à cet égard auprès d'Aiguillon et la Dubarry, laquelle, pour le consoler, demande: „Mai8 où est donc la Pologne?" — Le Roi de France s'intéresse depuis lors davantage aux Polonais. Ses préventions contre la Russie.

46. Du Roi à Solms; du 7 juin 1772. — Il désire d'apprendre la résolution de la cour de Russie, au cas où l'Autriche persisterait dans ses prétentions, et s'il ne vaudrait pas mieux alors, que la Russie et la Prusse s'étendissent aussi davantage et qu'elles augmentassent leurs parts, la Russie, du côté de la Podolie, et le Roi,

vers la frontière de la Silésie? Et, d'après Texemple des Autrichiens, on devrait aussi occuper ces districts immédiatement.

47. Nouvelles de Vienne, du 17 juin 1772. — Kaunitz doit s'être exprimé en ces termes: ;,Qu'il voit que Ton veut réduire à rien la part de TAutricliej qu'il n'aurait pas cru, qu'on lui contesterait précisément les plus importantes de ses prétentions."

48. Du Roi à Solms; du 24 juin 1772. Satisfaction qu'à Saint-Pétersbourg l'on ait la même manière d'envisager les choses que le Roi. — Que de la France on n'a rien à craindre; — que Kaunitz contestera encore quelque temps le terrain, et qu'ensuite il cédera; il s'est déjà trop avancé pour pouvoir se retirer. C'est pourquoi il se hâte d'occuper sans retard les domaines réclamés. Déjà Wieliczka est aussi occupé. Ce qui prouve que la cour de Vienne ne veut renoncer à rien de ses prétentions; et par des négociations il sera difficile plus tard de la déterminer à rétrograder. „Pourquoi ne devrions-nous donc pas suivre son exemple, et nous mettre également en possession?" — Qu'il sera obligé de prendre Elbing par la force, attendu que la garnison polonaise n'en veut pas déloger,

49. Bu Roi à Solms; du 28 juin 1772. — Il se réjouit de l'égalité de vues entre lui et la cour de Pétersbourg. — Les Autrichiens continuent à faire de grands progrès en Pologne, dans le but de se mettre promptement en possession des parts qu'ils réclament. Ils ont aussi déjà paru devant Lemberg et demandent à l'occuper. Après cela Kaunitz dira: „Que sans déshonneur il ne peut pas évacuer les points occupes." Toutefois, si la Russie insiste avec fermeté, il est possible, qu'il

le fasse. Approbation du projet de pacification de Panin pour la Pologne. — Grands éloges sur Panin.

50. Extrait d'une dépêche de Vienne, datée du 1 juillet 1772. — Réponse équivoque de Kaunitz à Oginski. — „Que Ton n'est, aurait-il déclaré, encore nullement parfaitement d'accord. Que l'Autriche n'a accédé au plan de partage que dans le but de conserver l'équilibre; mais qu'elle demande des parts égales, et qu'elle aura recours à la médiation du Roi de Prusse."

51. Du Roi à Solms; du 8 juillet ]772. — Il est concevable que la résistance de l'Autriche déplaise à Saint-Pétersbourg. — „Mai8, si la Russie veut céder, il faut représenter, que l'on ne me mette pas, moi, le plus fidèle et le plus zélé ami de la Russie, en arrière de son orgueilleux adversaire. L'Autriche, dans ce qu'elle prétend, gagne le double et triple de ma part. Si donc elle doit garder cela, les amis de la Russie ne doivent pas en pâtir." — Le Roi demande par conséquent une augmentation considérable de sa quote-part. Toutefors^ il place ses intérêts entre les mains de l'Impératrice. Flatterie envers celle-ci et Panin. — Production d'une carte géographique avec annotation de la nouvelle part. Que la Russie, de son côté, prenne autant qu'elle voudra, que, d'avance, le Roi consent à tout.

52. Du Roi à Solms; du 12 juillet 1772. — Que le Roi est en tout parfaitement d'accord avec Panin; et mieux vaudrait si l'on s'en tenait à son plan; mais l'Autriche ne voudra pas se dessaisir de Lemberg et des salines. D'après sa nouvelle proposition, elle veut se désister des palatinats de Chelm et de Lublin, mais en aucun cas de Lemberg et des salines. Que si la Russie consent, il est prêt à conclure aussitôt. Que c'est son dernier mot. — Qu'après mûre réflexion, il

— xvn —

semble an Roi que, pour terminer l'affaire^ il vaut mieux céder, vu que sans cela tout pourrait à la fin échouer.

— Plaintes mal fondées de van Swieten sur les troupes russes.

53. Du Eoi à Solms; du 31 juillet 1772. Van Swieten communique au Roi un nouveau projet du manifeste de Kaunitz, pour la prise-de-possession. Le Roi n'a pas d'objection à y faire. Règle générale dans la politique: Si Ton n'a pas de bonnes raisons à faire valoir, que l'on s^exprime aussi brévement que possible." — La Russie aurait , bien des raisons suffisantes; non pas nous autres.

— Qu'aussi sous le rapport de la pacification, Kaunitz pense de la même manière que Panin.

54. Du Roi à Solms; du 5 août 1772. Mieux vaut céder aux dernières prétentions autrichiennes, que de voir échouer toute l'afi'aire. Que l'Autriche ayant renoncé à ses prétentions sur Chelm et Lublin, la Russie doit être contente, vu qu'autrement celle-là serait avancée jusque près de Varsovie, et aurait divisé la Pologne presque par le milieu. Que l'on pourrait donc toujours en compensation lui laisser les salines; car l'Autriche voudra difficilement abandonner d'autre chose encore, et tout pourrait se rompre. Mais la paix avec la Porte n'est pas encore conclue, et la mauvaise volonté de la France et de l'Angleterre, relativement au partage, est aussi à considérer. Elles tentent déjà de détourner de nous l'Autriche , et si cela leur réussit , il n'y a pas de fin à prévoir aux brouilles. Ainsi mieux vaut conclure d'après les dernières conditions de la cour de Vienne. — Durand doit remplacer Sabatier à Saint-Pétersbourg; c'est un des plus habiles diplomates.

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